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Les Inégalités économiques Sont-elles Le Seul Obstacle à La Mobilité Sociale ?

Mémoire : Les Inégalités économiques Sont-elles Le Seul Obstacle à La Mobilité Sociale ?. Recherche parmi 274 000+ dissertations

Par   •  5 Mai 2013  •  1 416 Mots (6 Pages)  •  1 020 Vues

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Introduction

La mobilité sociale est, dans une société démocratique, la traduction sociologique de l'ambition politique de l'égalité des chances. La possibilité pour un individu de circuler dans la hiérarchie sociale, soit au cours de sa propre vie soit par rapport à la position qu'occupaient ses parents, est en effet au cœur du contrat social de la démocratie. Les faits montrent cependant que nos sociétés ne connaissent qu'un faible brassage social et que la règle est encore souvent une forte reproduction sociale, notamment aux deux extrêmes de la pyramide. S'interroger sur les causes de cette situation amène inéluctablement à mettre en cause, dans une première approche, les inégalités économiques de revenus et de patrimoines et leur influence sur la destinée des individus. Mais une deuxième approche permet de détecter l'influence de mécanismes plus subtils qui font intervenir le poids des inégalités de capital culturel et de capital social.

I. Le poids des inégalités économiques dans la reproduction sociale

1. Le constat de la reproduction sociale

Les constats que permettent les tables de mobilité sociale intergénérationnelle mettent l'accent sur la relative immobilité des trajectoires sociales pères-fils. Le poids de l'origine sociale sur la destinée d'une personne est encore aujourd'hui important : ainsi sur la table de 2003, on constate que 46 % des fils d'ouvriers sont devenus à leur tour ouvriers, alors que la part de cette PCS dans la population active n'est que de 34 %. Le coefficient de surreprésentation est ici de l'ordre de 1,35. À l'inverse, les fils de cadres sont 2,7 fois plus nombreux à devenir eux-mêmes cadres que ce que donnerait une « attribution au hasard » des positions sociales. La contrepartie de ces deux situations se traduit par une sous-représentation des enfants d'ouvriers devenus cadres (coefficient de 0,5) et des enfants de cadres devenus ouvriers (coefficient de 0,26). Ainsi les uns bénéficient statistiquement d'une protection contre la « démotion sociale » alors que pour les autres, l'« ascenseur social » ne fonctionne que rarement. Le constat est un peu moins caricatural pour les catégories moyennes où la « circulation » est un peu plus intense.

2. Le poids des inégalités économiques

Cette situation peut en partie être expliquée par l'influence des inégalités économiques. On retrouve en effet des inégalités de revenus importantes entre la PCS Cadres et la PCS Ouvriers, en particulier si on isole le sous-groupe des ouvriers non qualifiés. La fourchette des revenus médians est de l'ordre de un à deux, ce qui implique des écarts extrêmes (entre les ouvriers les plus pauvres et les cadres les plus riches) beaucoup plus importants. Une analyse des inégalités de patrimoines entre ces deux PCS confirmerait le constat en le renforçant puisqu'on sait que les inégalités de patrimoines sont, en moyenne, plus fortes que les inégalités de revenus. Ces inégalités économiques peuvent agir sur la destinée des enfants par des canaux divers et d'abord par les conditions matérielles dans lesquelles se déroule la scolarité, élément déterminant de l'accès à une position professionnelle. Le cadre de vie influence l'accès au savoir et la valorisation des parcours scolaires. Les études sur le fait de disposer ou non d'une chambre individuelle, par exemple, semblent montrer que la cohabitation avec un autre enfant accroît la probabilité de redoublement. Le fait de disposer de conditions de logement confortables, la présence de livres, d'encyclopédies sont évidemment en partie corrélés aux variables de revenus des ménages. La fréquence et la diversité des pratiques culturelles, même si elles obéissent aussi à des déterminants éducatifs, résultent des conditions matérielles et des niveaux de revenus. D'autre part, selon Éric Maurin (document 6) le choix d'une localisation géographique du logement (souvent économiquement contraint) est aussi un choix de voisinage culturel et de construction d'un réseau de relations qui peut se révéler déterminant dans les destins sociaux. Par ailleurs, dans un nombre non négligeable de cas, les possibilités financières de la famille déterminent les choix de poursuite d'études, notamment après le baccalauréat. L'accès aux filières les plus coûteuses est de facto limité pour certaines catégories sociales. Enfin, la transmission aux enfants d'un capital économique peut se révéler efficace au moment de leur entrée dans la vie active, notamment dans les professions indépendantes où une « mise de fonds » initiale est indispensable.

Ainsi, on ne peut négliger l'influence des inégalités économiques sur l'inégalité des chances d'accès aux positions sociales les plus enviées. Cependant, les mécanismes de la reproduction

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