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Anthropologie et terrain

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Par   •  4 Mai 2017  •  Dissertation  •  2 273 Mots (10 Pages)  •  310 Vues

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2016-2017

Professeur Hassan Rachik- EGE

JAAFAR IHRAI

[ANTHROPOLOGIE ET TERRAIN]

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Ce cours va nous aider à établir et définir notre rapport vis-à-vis des anthropologues qui peut être très relatif. Le plus simple et de citer de façon ponctuelle pour un détail ethnographique en particulier. Il nous faudra aussi mettre en lien l’aspect de leur ethnographie avec leurs cadres théoriques. Enfin, il nous restera aussi a mettre en évidence le troisième rapport , qui est plus complexe et plus systématique. Il s’agit de rapprocher les travaux d’auteur de sa situation ethnographique.

Ex : Rapport de Hassan Rachik et Westermarck concernant la description de la Baraka et de la grotte de Chamharouch.

Il est essentielle de rappeler que le concept de situation ethnographique d’un chercheur  peut se décliner en plusieurs dimensions : l’orientation théorique, la position social, les déterminants du travail de terrain comme la durée du séjour, le rapport aux observés et la maitrise de leur langue. Il est donc évident que la situation ethnographique est plus large que celui de rencontre ethnographique qui est lié à l’expérience  interactive de terrain.

Orientation Théorique :

Il nous est impensable de croire que toute connaissance anthropologique émane d’un auteur désincarné capable de contempler directement la réalité comme le positivisme l’avait souhaité et exigé. Quels que soient ses desseins, sa position sociale, son idéologie, l’anthropologue se voit, de par son rôle de chercheur, amené à se placer dans le cadre d’une tradition théorique qui fait autorité a ses yeux, à utiliser le lexique, ses hypothèses, sa vision, etc. Par exemple au temps des colonies, l’anthropologue doit respecter la science normale de son temps. De plus, sa notoriété auprès de ses pairs est fondamentale dans la construction de sa réputation  et surtout de sa légitimité.

Ex : Doutté, qui participa au rayonnement de la France coloniale, était en contact avec Marcel Mauss et la revue fondée par Durkheim, L’Année sociologique.

Jacques Berque , fonctionnaire colonial pendant une vingtaine d’années, était en rapport avec son cercle prestigieux de Paris, Marcel Mauss notamment.

Il faut prendre conscience que toute connaissance anthropologique émane d’a priori théoriques, qui peuvent être plus ou moins  redondant, plus ou moins explicite. Il serait donc intéressant d’analyser les a priori et les cadres théoriques de l’auteur avant d’en étudier l’œuvre, pour en comprendre les observations et les interprétations.

Au fil de cette analyse nous pouvons, par exemple, rapprocher Doutté à Westermarck ou encore a James Frazer, qui puise justement  ses idées dans la philosophie empirique britannique. L’exemple de Geertz avec Gellner en encore un autre. Geertz considère la culture comme un système de sens. Cette approche a donc conditionnée sa pratique de l’ethnographie qui vise les structures de sens à travers lesquelles l’acteur produit, perçoit et interprète ses actions.

Précisons cela dit, que ce cadre théorique a été conçu comme un guide qui lui laisse une marge de liberté. Toutefois les théories ne prevoient pas tout, et le chercheur n’est pas constament vigilant pour appliquer de facon dogmatique, voir têtu, la théorie adoptée. Il arrive à Geertz d’oublier son approche sémiotique et comprehensive au profit d’une approche culturaliste et holiste. Comme on a pu s’en rendre compte quant à sa manière de généraliser et de construire une categorie aussi large que l’ islam marocain, qui a fait d’un cas particulier un exemple.

Ce décalage est visible quand Waterbury tente d’expliquer les comportements de l’élite et l’immobilisme  politique au Maroc par l’attachement inconscient aux normes tribales. Il s’appuie sur un model segmentaire qui est en fait l’opposé de celui defendu par Gellner.

Position sociale

Le savoir et la connaissance, qu’elles soient scientifiques ou communes, sont directement influencées par la position social de l’acteur.  La position sociale n’est pas un processus immediat qui conduit un sujet vers une réalité objective, mais plutôt un processus mediatisé par un sujet socialement situé. Le rapport de l’homme de foi vis-à-vis de l’argent n’est pas le même que celui d’un trader.

Il y aurait donc un type de position sociale qui n’influent pas la neutralité et l’objectivité des recherches scientifiques. Nous parlons de sociologue de la connaissance qui se situe souvent en marge des systèmes sociaux. Cette auto exclusion lui permet de percevoir les perspectives intellectuelles des différents groupes et d’éviter d’être, par conséquent, prisonnier d’une seule perspective intellectuelle. A l’image de Mannheim cette possibilité d’être objectif reste possible, et cette objectivité est sociologiquement fondée.

La notion de Mannheim d’une intelligentsia flottante, basée sur les classes sociales, n’épuise pas la question de la position sociale. Un chercheur, comme n’importe quel acteur, a une position qui est associée au rôle que lui incombe sa position sociale. Il peut être militaire, fonctionnaire, universitaire, militant. Nous distinguons la position générale et la position particulière des chercheurs. La première les définit en tant que corps homogène en les distinguant d’autres positions sociales, celles de banquier, de négociant ou de politicien. La seconde réfère aux différences que connaît le corps des chercheurs lui-même. Le chercheur bureaucrate a pour client le politicien, et le chercheur indépendant, le public. C’est pourquoi, pour rester fidèles à leurs intérêts intellectuels et sauvegarder leur autonomie, des chercheurs choisissent l’Université. La position professionnelle du chercheur bureaucrate fait de lui un technicien. Il subit la pression de l’action qui influence sa manière d’aborder les problèmes. Il pense par rapport à une situation déterminée et en des termes techniques. Par contre, le chercheur indépendant, affranchi de tout contrôle bureaucratique, se sent libre d’envisager toutes les conséquences politiques de son travail.

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