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1991, la destruction du monde soviétique et le renforcement de la démocratie totalitaire

Commentaire d'arrêt : 1991, la destruction du monde soviétique et le renforcement de la démocratie totalitaire. Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  2 Juillet 2019  •  Commentaire d'arrêt  •  16 539 Mots (67 Pages)  •  329 Vues

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Université Toulouse – Jean Jaurès

Département de méthodologie

1991 : la destruction du monde soviétique et le renforcement de la démocratie totalitaire 

Réalisé par

Jean-Brice Courtois

2 mai 2018

Table des matières

Introduction        2

I/ L’édification du socialisme soviétique        3

La genèse du socialisme        3

La formation du super État soviétique et de son idéologie        4

Les principales caractéristiques du pouvoir soviétique        4

II/ L’avènement des sociétés de masse et le phénomène totalitaire        6

 Une tentative de définition du phénomène totalitaire        6

 Les origines des dynamiques totalitaires du monde occidental        8

 Les différences et les analogies entre les deux mondes : soviétique et occidental        9

III/ Le triomphe de l’occidentisme        12

Quelques éléments concernant la destruction de l'URSS        12

Une approche de l'occidentisme et de l'idéologie dominante occidentale        13

 En route vers le meilleur des mondes        16

Conclusion        18

Bibliographie        19

Extraits d’ouvrages        21

Alexis de Tocqueville : De la démocratie en Amérique (1840)        21

Maurice Joly : Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu (1864)        22

Alexandre Zinoviev :Le « vatican » de l’occidentisme (1999)        27

  1. Introduction

    Le 26 décembre 1991, après une lutte acharnée qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale a opposé le « monde libre » (occidental) et le monde soviétique pour la suprématie mondiale, l’URSS a été dissoute  pour être remplacée par la Communauté des États Indépendants (CEI). L’édification, l’existence et la destruction de l’URSS représentent une expérience sociale unique en son genre, qui a eu des répercussions majeures sur la géopolitique mondiale et dont les effets se font encore sentir aujourd’hui.

    Il existe une multitude de façons d’essayer de comprendre le monde soviétique et ses interactions avec le monde occidental durant le XXe siècle, mais il me semble que la plus importante et la moins explorée jusqu’à aujourd’hui consiste à l’envisager en tant qu’expérience sociale – qualifiée généralement de totalitaire –, c’est à dire en essayant d’exprimer le plus justement possible l’essence de cet organisme social unique, de sa naissance jusqu’à sa mort. Cette étude doit être réalisée à un niveau historique, mais aussi et peut être avant tout sociologique. Dans cette optique, nous allons être amenés à définir le totalitarisme en tant que phénomène social intrinsèquement lié à l’avènement des sociétés de masse au XIXe siècle, afin d’envisager les profondes similitudes entres les dynamiques totalitaires propres au monde soviétique et celles qui agissent encore aujourd’hui au sein du monde occidental.

    Ainsi, nous allons montrer de quelle manière le socialisme soviétique s’est édifié en Russie – à travers l’analyse de la genèse du socialisme marxiste et de ses dérivés –, afin de mettre en lumière la façon dont cette doctrine a modelé la société soviétique, puis nous nous intéresserons aux similitudes – du point de vue des mécanismes idéologiques et des constructions sociales –, voire au mimétisme, entre les mondes soviétique et occidental durant la période de la guerre froide, pour enfin considérer dans le détail ce que l’on peut désormais appeler « le triomphe de l’occidentisme », qui intervient au moment de la destruction de l’URSS.

  « L’occidentisme » est un concept sociologique développé par le logicien Alexandre Zinoviev au début des années 90, dont nous préciserons le sens un peu plus loin.

  1. I/ L’édification du socialisme soviétique

  1. La genèse du socialisme

   Le socialisme est une pensée philosophico-sociale qui a vu le jour essentiellement en Europe, et ce sous des formes très diverses, depuis le début du XVIIIe siècle (Étienne-Gabriel Morelly par exemple, qui vers 1750, préconisait la collectivisation des terres au moment même où les doctrines libre échangistes des physiocrates triomphaient en France). Dans tous les cas de figures, cette pensée a donné le jour à différentes doctrines qui ont généralement  eu pour objectif de réfléchir au moyen de limiter les inégalités liées d’une manière intrinsèque à la propriété privée des moyens de production – celles-ci générant inévitablement des liens de subordination entre ceux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas (les employeurs et les salariés par exemple).

   Tout au long du XIXe siècle, les penseurs socialistes – qui s’inscrivent dans différents courants de pensée tels que le socialisme centralisé (marxiste) ou décentralisé (qualifié généralement de libertaire) – sont avant tout des personnes qui réfléchissent en profondeur et de manière généralement scientifique à la complexité des sociétés industrielles en plein essor, et aux moyens à mettre en œuvre pour créer un monde plus égalitaire (Karl Marx, Robert Owen, Mikhaïl Bakounine, Proudhon, etc.) Parmi tous ces courants de pensées, c’est celui mis en œuvre par Karl Marx qui parvient à devenir dominant dans la deuxième moitié du XIXe siècle, en partie parce que  Le Capital  est un ouvrage dont la méthodologie est réellement scientifique, mais aussi parce que son auteur a su créer un fort consensus autour de son œuvre parmi les  intellectuels et les activistes de son temps. Sa méthodologie basée sur la dialectique hégélienne a été réellement efficace pour analyser les mécanismes de la société industrielle du XIXe siècle et garde toute son utilité pour étudier les sociétés contemporaines – même si peu de personnes ont la capacité de l’utiliser à un niveau scientifique, c’est à dire en la vidant de ses contenus idéologiques.

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