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Politique Sociale Au Maroc

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Par   •  26 Mai 2013  •  2 036 Mots (9 Pages)  •  1 228 Vues

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La politique sociale du Maroc

Analyse, Evaluation et Enseignements pour l’avenir*

Par Pr. Driss Guerraoui

Université Mohammed V de Rabat Agdal

Tours, du 30 juin au 6 juillet 2008

*Cette communication est une version révisée de notre contribution au « Rapport du Cinquantenaire, le Maroc possible » intitulée « 50 ans de politiques sociales au Maroc ».

L‘évaluation des politiques publiques en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale menées depuis l’indépendance révèle que, malgré les énormes efforts déployés par l’Etat, les déficits demeurent encore importants, qu’il s’agisse des services sociaux de base (éducation, santé, logement, adduction d’eau potable, électrification, routes), d’activités génératrices de revenus (extension du secteur informel et des acticités illicites) ou d’insertion socioprofessionnelle (persistance du chômage et du sous-emploi, aggravation des pressions migratoires). Les données disponibles sont très éclairantes et assez édifiants dans tous ces domaines.

Dès lors, se pose une question fondamentale : quels enseignements peut-on et doit-on tirer de l’expérience marocaine en matière d’action sociale ?

Pour répondre à cette question quatre dimensions doivent être prises en ligne de compte, correspondant à quatre problématiques et défis que lancent aujourd’hui au Maroc la pauvreté et l’exclusion sociale.

1- Une dimension stratégique : pourquoi le Maroc n’a pas réussi en 50 ans à vaincre la pauvreté et l’exclusion et à endiguer la fracture sociale et spatiale ?

2- Une dimension gestionnaire : pourquoi, tout en consacrant des ressources financières importantes aux programmes sociaux (plus de 50% du Budget Général de l’Etat va aux secteurs sociaux) l’Etat n’arrive pas à accroître l’efficacité de ces programmes ?

3- Une dimension politique : pourquoi, malgré la mise en place depuis l’indépendance d’un arsenal d’institutions, d’instruments et de mécanismes de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, le Maroc n’a pas réussi à enclencher à côté de l’Etat et de la société civile une dynamique integratrice et mobilisatrice des acteurs politiques et syndicaux ainsi que des élites économiques et administratives dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ?

4- Et une dimension prospective : au regard de la dynamique et de la structure démographiques actuelles, quelles mesures l’Etat doit prendre pour rendre possible une gestion future maîtrisée des nouvelles formes de pauvreté et de pauvres que connaîtra le Maroc dans un proche avenir du fait de l’évolution de la population des retraités, des personnes âgées, des jeunes de 18 à 30 ans, des enfants abandonnées, des femmes chefs de ménages en situation difficile et des personnes vivant dans la précarité en milieu rural et périurbain ?

Ces questions interpellent tous les acteurs de la société marocaine et les invitent à agir dans le sens d’une refonte de l’approche et de la gouvernance des politiques sociales.

Cette refonte s’avère nécessaire pour plusieurs raisons. D’abord parce que les déficits sociaux sont encore importants malgré les efforts consentis par la collectivité nationale, ensuite parce que la demande sociales, déjà importante, diversifiée et exigeante continue de croître exerçant une pression constante sur les grands équilibres économiques et financiers tout en déstabilisant les réseaux de solidarité traditionnels et enfin parce que les pouvoirs publics sont devant une incapacité objective d’assurer à une échelle centralisée le financement simultanée de tous les déficits sociaux accumulés.

Cette incapacité objective se trouve, de surcroît, aggravée par une gouvernance publique de l’action sociale marquée par une coordination entre les intervenants qui est soit absente soit insuffisante, un manque manifeste de ciblage des actions et des populations, une absence réelle de toutes formes de capitalisation des expériences pilotes réussies, la non prise en compte de la nécessaire pérennisation des projets de développement social engagés et l’absence effective de procédures d’évaluation, de contrôle et suivi.

De plus, le projet national ambitieux consistant à élargir dans l’avenir le champ de la protection sociale en généralisant la couverture médicale, en offrant une allocation logement, en octroyant une indemnité de chômage ou pour perte d’emploi, en assurant une retraite décente aux citoyens et en instituant un revenu minimum aux personnes les plus démunies par le biais de la promotion des activités génératrices de revenus impose une telle refonte.

Or, cette refonte à la fois en terme de renouveau et de d’approche et de la gouvernance de l’action sociale se trouve au cœur des orientations inscrites dans le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI du 18 mai 2005 relatif à l’Initiative Nationale pour le Développement Humain( INDH).

Compte tenu de son importance stratégique et politique et de la portée profonde de ses dimensions gestionnaire et prospective, elle doit être le guide essentiel pour de toutes les composantes de la Nation dans toute action de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Cette initiative comprend quatre programmes, deux à dimensions nationale que sont le programme transversal et le programme de lutte contre la précarité et deux programmes territoriaux que sont le programme de lutte contre l’exclusion sociale en milieu urbain et le programme de lutte contre la pauvreté en milieu rural.

Ces programmes concernent 403 communes rurales dont le taux de pauvreté dépasse 22 %, soit une population de 3 752 048 habitants et 264 quartiers urbains se situant dans 13 villes, identifiées sur la base de leur déficit en infrastructures sociales de base, du taux d’abandon scolaire, du taux de chômage, de volume d’habitat insalubre, de la pauvreté et de la faiblesse du revenu et de l’absence d’opportunité de formation et d’insertion. Sur cette base la population concernée s’élève à 2 501 499 habitants.

Pour la réalisation de ces programmes, l’Etat a prévu pour la période 2006-2010

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