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Dissertation: doit-on considérer que le bonheur appartient au domaine du sensible ?

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Par   •  19 Novembre 2012  •  1 847 Mots (8 Pages)  •  1 093 Vues

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Introduction : le bonheur issu du sensible

Les Anciens avaient déjà de leur temps défini le bonheur : pour Platon il s’agissait de l’assouvissement des désirs présents en nous par le biais d’une vie de raison et de tempérance ; cela nous apporterait une sensation de satisfaction, de plénitude totale. De manière générale on estime qu’il y a « bonheur » quand tous les désirs (passion) de l’individu sont comblés, et cela de manière continue dans le temps. C’est ainsi que l’on distingue « être heureux », qui n’est que furtif, du « bonheur » qui sous entend une continuité dans le temps. Ainsi, doit on considérer que le bonheur appartient au domaine du sensible ? C’est-à-dire à la sensation, la sensibilité rendant alors le bonheur d’un individu pas nécessairement valable pour un autre ?

Il y a indéniablement quelque chose de personnel dans le bonheur : il s’agit presque de « vie privée » tant il touche à notre Moi profond ; sauf si l’on considère le « bonheur collectif » là où l’on doit répondre à la satisfaction de la communauté ; c’est-à-dire d’un groupe d’individus vivant ensemble et qui partagent des buts, des valeurs et des traditions communes ; à la satisfaction d’une majorité.

Néanmoins, si l’on s’accorde sur cette définition du bonheur comme une sensibilité personnelle ou d’un groupe, on peut toujours se questionner quant à son existence : sur le possibilité que, finalement, le bonheur ne soit qu’une illusion. Une illusion c’est la représentation bienfaisante qui vient répondre à la satisfaction de désirs forts (jusqu’au fantasme), quand cette satisfaction par le réel est impossible. L’illusion n’est que l’expression sensible, le leurre, la sensation qui nous fait croire ici au bonheur, tel un illusionniste ou un prestidigitateur qui certes nous trompe mais sans buts néfastes : l’illusion du bonheur ne serait donc que bienfaisante.

Alors, subsiste une interrogation : le bonheur n’est il qu’une illusion bienfaisante ou au contraire une réalité accessible à tous ? Et quand bien même, si le bonheur n’est qu’une illusion, comment s’atteint-il et de quoi se compose-t-il ? Il apparaît effectivement que le bonheur n’est qu’une illusion : il représente un idéal, un modèle qui répondrait à la satisfaction de tous les désirs dans le temps, une sorte « d’utopie » (au sens large) du genre humain. Néanmoins, notons que dans sa poursuite effrénée du bonheur, ce que Aristote appelle la recherche du « Souverain Bien », but ultime de l’existence, l’homme peut atteindre un stade de « bien être », un bonheur momentané ; autrement dit, même sans atteindre le bonheur, on peut être heureux. L’homme s’approche alors au plus près du bonheur sans y accéder : c’est ce qui motive l’homme dans sa quête du bonheur ; il le frôle sans jamais l’atteindre.

Les obstacles au bonheur : la mort, autrui, le temps

Le bonheur est une illusion nécessaire à l’homme. Il a en effet besoin d’elle, afin que sa vie lui soit supportable, tolérable : il est vital pour l’homme de répondre à certaines questions, à certains souhaits. L’illusion de bonheur donne alors une réponse satisfaisante. En effet, l’homme a ancré au plus profond de lui, des interrogations, sur son existence : qui est-il ? D’où vient il ? Et, c’est d’ailleurs la plus préoccupante à ses yeux, où va-t-il ?

La mort est le premier élément qui rend le bonheur accessible, car elle représente pour la grande majorité des individus un véritable « saut dans le néant ». Liée à la mort, la religion apparaît alors comme créatrice de bonheur. Elle apporte réconfort et confiance à l’homme par la promesse d’une autre vie meilleure. Cependant, si il apparaît que la religion, et ses promesses, ne sont qu’illusoires, alors le bonheur qu’elle a engendré l’est aussi. C’est ce que tendent à démontrer trois philosophes, sous différents angles.

S. Freud, père de la psychanalyse affirme que la religion n’est qu’une illusion car elle est artificielle et crée par l’homme pour l’homme : son but est de répondre aux questions concernant la mort et la violence inhérente au monde dans lequel nous vivons. Freud, en montrant ainsi que la religion n’est qu’un leurre, qui nous voile la face, qui nous cache la mort telle qu’elle est, démontre simultanément l’illusion du bonheur des hommes ayant crée la religion, afin de répondre faussement à nos désirs. C’est un bonheur imaginaire.

Marx rejoint Freud sur le fait que la religion est illusoire ; cependant, lui considère la religion comme « l’opium du peuple », un puissant analgésique et hallucinogène (qui engourdit l’esprit et le fait délirer). Elle ne serait ici bas, que pour nous rendre la vie supportable, étant donné les conditions misérables dans lesquelles nous vivons (contexte de la révolution industrielle au XIXème siècle ; vie ouvrière très difficile). L’illusion du bonheur apparaît ici comme nécessaire à la condition humaine.

Nietzsche quant à lui analyse la religion comme un repère, une institution rassurante pour les faibles et les « ratés » du monde. Ceux qui sont malheureux « ici-bas » seront heureux dans « l’au-delà ». Il illustre sa thèse par le célèbre passage biblique : « Les premiers seront les derniers » Matthieu, 20,16. Ainsi il tend à démontrer que la religion n’est que le vecteur illusoire, d’un accès à un bonheur tout aussi illusoire.

Outre la mort, l’homme a d’autres désirs irréalisables qui l’empêchent d’accéder au bonheur. Ainsi, on constate qu’il n’y à pas que l’imaginaire (le concept de mort) qui interpelle l’homme, mais aussi les choses du réel qui l’importe. De fait, autrui est un grand obstacle

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