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Y a-t-il une vérité des œuvres d'art?

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Par   •  8 Avril 2017  •  Dissertation  •  1 364 Mots (6 Pages)  •  260 Vues

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Y A-T-IL UNE VERITE DES ŒUVRES D’ART ?

ELEMENTS D’INTRODUCTION

- bien préciser que la vérité recoupe un champ précis : elle qualifie un discours en adéquation avec son objet, c'est-à-dire un discours qui nous en apprend (plutôt long) sur la réalité. La vérité se reconnaît traditionnellement grâce aux preuves qui viennent l’appuyer. Elle se caractérise également par son universalité et son objectivité. Or, l’art ne semble donc pas pouvoir prétendre à nous délivrer une quelconque vérité : il n’est pas objectif mais au contraire le lieu de la subjectivité même, pas universel donc par conséquent et bien sûr pas démontrer.

- Mais, l’art est un langage, certes ni théorique, ni discursif mais il utilise un système signifiant. En ce sens, ne peut-il pas prétendre à délivrer une vérité, sous une modalité autre que la vérité scientifique mais pas moins valable ? si nous nous laissons émouvoir par certains films ou romans, n’est-ce pas qu’ils touchent à d’authentiques expériences humaines ? Si une peinture peut nous toucher, n’est-ce pas qu’elle nous donne à voir ce que nous n’avions pas vu ?

- La vérité, c’est aussi la sincérité, l’authenticité par opposition au mensonge. Le sujet nous demande non pas si les œuvres d’art nous procurent la vérité mais une vérité, une modalité de la vérité. En tant qu’expression authentique d’une sensibilité, l’art n’a-t-il pas une vérité à délivrer en ce sens.

I. ART, SCIENCE ET VERITE.

1. Création artistique et création scientifique.

Exclure l’art de la sphère de la vérité, c’est considérer que la vérité est objective et universelle, nous donne un accès direct au réel tel qu’il est en dehors de nous. Or, cette définition tombe dans l’histoire des sciences. Référence possible : Einstein/Infeld – L’évolution des idées en physique.

« Ce grand roman à mystères n’est pas encore résolu. Nous ne sommes même pas sûrs qu’il comporte une solution définitive. La lecture nous a déjà donné beaucoup ; elle nous a enseigné les rudiments du langage de la nature, elle nous a rendus capables de découvrir bien des fils conducteurs et a été une source de joies et d’émotions dans la marche souvent pénible de la science. Mais nous nous rendons compte que malgré tous les volumes lus et compris nous sommes encore loin de la solution complète, supposé qu’il en existe une. (…) Des théories acceptées à titre d’essai ont expliqué beaucoup de faits, mais aucune solution générale compatible avec toutes les relations établies n’a déjà été développée. Très souvent une théorie en apparence parfaite s’est révélée inadéquate à la lumière d’une lecture nouvelle. Des faits nouveaux apparaissent qui la contredisent ou qui ne sont pas expliqués par elle. Plus nous lisons et plus pleinement nous admirons la parfaite construction du livre, même si la solution complète semble reculer à mesure que nous avançons. »

« Les concepts physiques sont des créations libres de l’esprit humains et ne sont pas, comme on pourrait le croire, uniquement déterminés par le monde extérieur. Dans l’effort que nous faisons pour comprendre le monde, nous ressemblons quelque peu à l’homme qui essaie de comprendre le mécanisme d’une montre fermée. Il voit le cadran et les aiguilles en mouvement, il entend le tic-tac, mais il n’a aucun moyen d’ouvrir le boîtier. S’il est ingénieux, il pourra se former quelque image du mécanisme, qu’il rendra responsable de tout ce qu’il observe, mais il ne sera jamais sûr que son image soit la seule capable d’expliquer ses observations. Il ne sera jamais en état de comparer son image avec le mécanisme réel, et il ne peut même pas se représenter la possibilité ou la signification d’une telle comparaison. Mais le chercheur croit certainement qu’à mesure que ces connaissances s’accroîtront son image de la réalité deviendra de plus en plus simple et expliquera des domaines de plus en plus étendus de ses impressions sensibles. Il pourra aussi croire à l’existence d’une limite idéale de la connaissance que l’esprit humaine peut atteindre. Il pourra appeler cette limite idéale la vérité objective. »

En qualifiant les théories scientifiques de créations libres de l’esprit, Einstein rompt le saut qui pouvait exister en vérité scientifique et le domaine artistique. L’art, en tant que discours, représente également une hypothèse, un discours sur le réel, qui ne s’en approche ni plus ni moins que les théories scientifiques puisque le réel lui-même

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