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La Diversité Des Opinions Est-elle Un Obstacle à La Recherche De La vérité

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Par   •  30 Mars 2015  •  1 957 Mots (8 Pages)  •  3 683 Vues

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La recherche et la quête de la vérité « ultime et véritable » est l’un des buts fondamentaux de la philosophie. René Descartes en avait lui-même « l’objectif » lors de ses méditations, et avait tenté dans le Discours de la méthode, de mettre au point une méthode afin d’accéder et de découvrir la vérité sur le monde qui nous entoure. Ainsi, cette dernière se révèle être la connaissance reconnue comme juste, comme conforme à son objet, et possédant alors une valeur absolue. Une opinion quant à elle, désigne le jugement, une affirmation d’un individu sur une question ou un sujet donné. L’opinion est souvent reçue comme vraie sans que l’esprit ne s’y soit sérieusement préoccupé. Celle-ci est alors quelque chose de personnel et individuel chez l’homme. Ainsi, si la capacité de pouvoir tenir une opinion s’avère être uniquement, ou du moins, principalement de l’ordre de l’individuel, ne serait-elle pas un frein, un obstacle à la recherche de la vérité « véritable » et limitant ainsi au maximum la possibilité de la découvrir ? Cette diversité ne pousse-t-elle pas alors l’individu et la société dans le relativisme c’est-à-dire à soutenir l’idée que chacun « possède sa propre vérité », ce qui pourrait ainsi totalement remettre en question la nature, les règles et les normes de la société mais également considérer et affirmer que l’opinion serait la mesure de la vérité ?

Nous verrons ainsi, dans une première mesure, que la diversité des opinions, si l’on part du postulat que la vérité, tel que nous l’avons précisé indirectement dans sa caractérisation, est universelle ; ne serait-elle pas un frein pour atteindre cette dernière et dans un second temps, nous verrons que si la vérité est universelle, n’y aurait-il rien à tirer de la diversité de ces opinions.

Tel que nous l’avons vu précédemment, une opinion se définie par un préjugé et comme quelque chose de « irréfléchis » ou du moins, d’inconsidéré. Or, la majeure partie de la pensée cartésienne montre et tente de parvenir à la vérité totale par le biais d’une méthode à la fois claire et construite. De plus, cette méthode imaginée par Descartes ne peut s’appliquer que par le biais d’une réflexion dirigée par la raison car elle suppose que l’esprit puisse reconnaitre à l’intérieur de nous-même, la différence entre le vrai et le faux, ou encore le bien et le mal. La méthode de Descartes pour parvenir à la vérité impose ainsi la reconnaissance de la véracité, uniquement des idées claires et distinctes, opposant catégoriquement le concept de « l’opinion » à celui de « l’idée ». L’opinion peut donc paraître comme une paresse d’esprit de l’individu qui la conceptualise. En effet, elle pourrait être un frein et empêcherait ce dernier à développer sa curiosité, son ouverture d’esprit et à décourager tout élan de recherche ou autre, car l’opinion offre toujours plus de réponse qu’il n’offre de questionnements. L’opinion n’engagerait-elle donc pas l’individu à se renfermer sur lui-même, et sa diversité ne pousserait ainsi pas la société à s’individualiser ?

La paresse de la recherche de la vérité a ainsi conduit au développement du relativisme, dont le principal « adepte » et conceptualiste, n’est autre que le sophiste Protagoras (Ve siècle av. J-C). Le relativisme est la théorie qui soutient le principe de « chacun sa vérité ». C’est-à-dire que chaque individu détient sa propre vérité sur le monde, autrement dit, que chaque opinion est valable selon le contexte. Si cette théorie partage l’idée que chaque individu possède sa propre vérité, ne serait-ce pas affirmer que la vérité ne serait plus de l’ordre de l’universelle mais affirmerait l’existence d’une multitude de vérités relatives ? On peut en revanche très vite constater une multitude de limites et de lacunes sur les principes de cette théorie. En effet, cela reviendrait à dire qu’une chose peut à la fois être, et ne pas être ; justifiant ainsi des opinions contradictoires car il soutient la justesse d’un point de vue, tout en affirmant qu’aucun point de vue n’est préférable à un autre. Cela s’opposerait totalement aux deux principes fondamentaux de la logique établie par Aristote ; le principe d’identité (selon lequel une chose est ce qu’elle est, et non autre chose : A=A) et le principe de non-contradiction (qui dit qu’aucune chose ne peut appartenir et ne pas appartenir à un même attribut). La diversité des opinions, dans un certain sens et un certain cadre, peut ainsi être un véritable obstacle à la recherche de la véritable vérité sur les choses qui nous entourent car elle s’avère totalement contradictoire à l’idée même de la vérité universelle et si chaque individu possède sa propre opinion sur quelque chose, ne serait-ce pas ainsi affirmer que la vérité sur cette chose peut être différente selon le point de vue, l’individu ou encore le contexte ?

En revanche, tel que nous avons pu le voir, la recherche de la vérité nécessite une profonde réflexion de la pensée de l’individu et doit être le fruit d’un raisonnement construit et ordonné. Ainsi, sa difficulté à l’atteindre et le fait que cette quête s’avère relativement décevante, peut provoquer chez l’individu un profond doute plutôt que d’approfondir et produire les preuves qui transforment ses croyances en certitudes. Ce doute peut être analysé et son degré, plus ou moins fort. Ainsi dans un premier lieu, le doute ne serait qu’un progrès de plus vers la vérité, puisque ce dernier permet à l’individu de « réfléchir » d’autant plus sur la vérité. Alors Descartes mis au point le « doute méthodique » qui consiste à établir une méthode [une fois de plus pour chercher la vérité], c’est-à-dire procéder avec ordre et de manière rigoureuse, afin que ces vérités puissent être analysées et « déconstruites ». Le processus mis en œuvre est celui d’un « doute radical », dans la mesure où il faut douter même de ce qui n’est que « vraisemblable ». Dans un autre sens, l’individu peut tomber dans le « doute sceptique

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