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Faut Il Preferer L'illusion Qui Reconforte à La Verite Qui Derange

Mémoire : Faut Il Preferer L'illusion Qui Reconforte à La Verite Qui Derange. Recherche parmi 228 000+ dissertations

Par   •  5 Novembre 2014  •  492 Mots (2 Pages)  •  948 Vues

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Dissertation :

Faut-il préférer l’illusion qui réconforte à la vérité qui dérange ?

La notion d’illusion peut être définie, en psychanalyse, comme une croyance motivée par un souhait. Elle est donc réconfortante dans la mesure où elle permet de se protéger de l’inconnu, en s’imaginant que les choses sont ou se produiront de la façon dont l’illusion les prédit, plutôt que de prendre le risque d’un bouleversement, d’un mouvement.

Cependant, on peut se poser la question de son utilité pour parvenir à une vérité au-delà des apparences, qui dérange, c’est-à-dire qui trouble mais bouleverse aussi un ordre établi. Est-elle totalement à rejeter ? Ne peut-elle pas participer à cette révélation ?

En quoi l’illusion réconfortante est-elle indispensable à la vérité dérangeante ?

Nous verrons d’abord pourquoi l’illusion à elle seule ne peut être préférée à la vérité, puis en quoi elle peut, en revanche, faire partie intégrante de cette dernière.

L’illusion peut découler d’un mensonge – c’est-à-dire d’un propos tenu pour vrai émis par une personne qui sait qu’il est faux. Les sophistes grecs pouvaient défendre tout aussi bien un parti que l’autre lors d’un procès, que ce soit celui du côté de la justice ou celui du côté de l’injustice, tout en sachant parfaitement lequel des deux enfreignait la loi. Par la force de leur rhétorique, ils persuadaient pourtant le tribunal du bien-fondé du parti qu’ils défendaient. Il s’agissait donc d’un mensonge dans les cas où ils étaient du côté de l’injustice, mais d’une illusion créée pour ceux qui adhéraient à leur raisonnement.

Certes, dans le cas du procès de Socrate, l’effet est négatif puisqu’il y a mort d’homme, mais le cas de l’illusion créée par le pieux mensonge peut être plus discutable. Faut-il, ou non, avouer à une personne qu’elle va mourir dans trois jours, au risque de rendre ces trois derniers jours malheureux par cette vérité dérangeante ?

Le problème moral est ainsi posé : si, selon Protagoras, « l’homme est la mesure de toute chose », c’est-à-dire qu’il est à la hauteur de décider ce qui est bon pour les autres, en revanche pour Platon, pour qui la Vérité est la mesure de toute chose, cette illusion est un vice de toute façon destructeur. C’est une idée dont se rapproche Krisnamurti : « il faut voir le faux en tant que faux, le vrai en tant que vrai, voir le faux vrai et le vrai faux ». On instaure donc l’idée d’une Vérité absolue et stable et d’une illusion donc bien définie, à l’opposé de ce Vrai.

Par rapport à la connaissance de cette Vérité, l’illusion réconfortante passe aussi par la perception. Dans l’allégorie de la caverne, Platon nous indique la différence entre le monde sensible qui est donc, pour lui, celui du faux-semblant, et le monde intelligible qui est celui perçu par la raison. Dans le monde sensible, celui des prisonniers, illusion et vérité sont confondus, ou plutôt l’illusion remplace la vérité : les ombres sur les murs remplacent les objets, l’écho remplace ...

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