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Une Petite Injustice Est Elle Preferable A Une Grande Injustice ?

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Par   •  8 Juillet 2012  •  1 436 Mots (6 Pages)  •  2 686 Vues

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Une petite injustice est‐elle préférable à un grand désordre ?

Introductionon : l’injustice est quelque chose de ponctuel et qui concerne des individus précis alors que le désordre remet en cause un ordre général. Alors que l’injustice semble relever de l’expérience, le désordre lui relève de la structure. D’où l’idée que l’injustice a moins de poids que le désordre. Il vaut mieux accepter une petite injustice qu’un désordre, car le désordre est la plus grande des injustices (Summum jus, Summa injuria = la plus grande justice est la plus grande injustice). A force de vouloir combattre l’injustice, en réalité on aboutit qu’à la

conséquence inverse, c'est‐à‐dire d’un désordre qui constitue la plus grandes des injustices. Cet argument dont on peut partir revient donc à poser qu’il vaut mieux accepter une injustice ponctuelle pour sauver un ordre juste plutôt que s’opposer à cette injustice en mettant ainsi en péril l’ordre social lui‐même, et en s’exposant à la plus grande des injustices. D’un côté, on a cette représentation selon laquelle le désordre c’est le comble de l’injustice. Si maintenant, on se situe non plus au plan social mais individuel, on peut noter une opposition par rapport à cela. Lorsque Socrate explique que mieux vaut subir l’injustice plutôt que de la commettre, il veut dire par là qu’entre subir et commettre l’injustice, on a affaire à deux formes de désordre différentes dont l’une est plus dangereuse que l’autre. Il explique que l’injustice commise est toujours l’expression d’un désordre interne, de l’âme alors qu’au contraire l’injustice subie est l’expression d’un désordre purement externe. Socrate s’appuie sur cette distinction pour renverser l’ordre des évidences pour poser que mieux vaut subir que commettre l’injustice. :

Lorsqu’un ordre, par elle, jusque là était tenu pour valide se trouve être remis en cause au point de mettre en péril un certain ordre social. Comprendre que l’injustice dont il est ici question ne vaut pas pour toute injustice .Il y a des injustices qu’on pourrait appeler des injustices ordinaires, qui ne prête pas vraiment à conséquence (ne remet pas en cause un ordre général). La seule injustice qu’il s’agit de prendre en compte ici, au contraire, une injustice qui entraîne un certain nombre de conséquences de par sa dénonciation. La dénonciation de cette injustice conduit à la

remise en cause de tout un système. En 1761, le fils de Calas est découvert mort et on accuse son père de l’avoir tué parce qu’il voulait se convertir au catholicisme. Calas est condamné à l’épreuve de la roue. Face à cette injustice, Voltaire prend sa défense, obtient sa réhabilitation et développe ces thèses contre l’intolérance. Cette injustice prend une signification tout à fait particulière car elle devient un enjeu dans une lutte contre un certain ordre social, contre une certaine manière de juger, contre une manière de punir et contre une manière de penser la relation entre l’individu et la religion. L’injustice qui nous intéresse c’est l’injustice qui est dénoncée et dont la dénonciation conduit à des remises en cause, que ce soit de nature juridique, politique ou religieuse.

Ce qui nous retient particulièrement c’est une injustice produite par des institutions censées de dire le juste , l’injustice dévoilée conduit alors à remettre en cause ce système d’ensemble. Dans ces cas là, même si l’injustice représente quelque chose de singulier, elle a une valeur qui lui permet de mettre en évidence quelque chose de structurel. Ici, que ce soit dans l’affaire Calas ou Dreyfus, ce qui est mis en cause c’est un fonctionnement de la justice entendu de manière globales. C’est en ce sens que les enjeux ne sont plus simplement d’ordre juridique ou judiciaire mais qu’ils ont une portée politique véritable. Ce qui caractérise ces injustices c’est précisément leur retentissement.

L’injustice dont il est question ici, c’est l’injustice entendue comme expression d’un système injuste , il faut voir dans l’injustice autre chose qu’une simple erreur judiciaire et donc comprendre que si elle connaît un tel retentissement, c’est précisément dans la mesure où elle sert de révélateur de tout un système juridique voire même une source à partir de laquelle il peut se développer une certaine forme de la société. Ce qui apparaît à l’issu de ce premier raisonnement, c’est donc qu’une injustice entendue en ce sens ne peut être

dénoncée qu’à partir d’une autre représentation du juste. C’est seulement lorsqu’on dispose d’unereprésentation alternative de la justice que telle ou telle injustice particulière peut être dénoncée comme c

onstituant le symbole d’une justice dont il faut se défaire. On ne peut critiquer une décision prise et la

rattacher à un système d’ensemble que l’on dénonce que dans la mesure où précisément on commence à lui

opposer une autre représentation du juste. C’est toujours nécessaire par rapport à une conception du juste

que telle ou telle décision, tel ou tel évènement peut être représenté(e) comme injuste.

Contradiction interne de l’injustice, le problème que pose l’injustice c’est que dès lors qu’elle est dénoncée,

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