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Commentaire sur un Texte de Rousseau

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Par   •  22 Mars 2012  •  824 Mots (4 Pages)  •  1 963 Vues

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«Quoi qu'en disent les moralistes, l'entendement humain doit beaucoup aux passions, qui, d'un commun aveu, lui doivent beaucoup aussi:

c'est par leur activité que notre raison se perfectionne; nous ne cherchons à connaître que parce que nous désirons de jouir, et il n'est pas possible de concevoir pourquoi celui qui n'aurait ni désirs ni craintes se donnerait la peine de raisonner.

Les passions, à leur tour, tirent leur origine de nos besoins, et leur progrès de nos connaissances;

car on ne peut désirer ou craindre les choses que sur les idées qu'on en peut avoir, ou par la simple impulsion de la nature;

et l'homme sauvage, privé de toute sorte de lumières, n'éprouve que les passions de cette dernière espèce; ses désirs ne passent pas ses besoins physiques ; les seuls biens, qu'il connaisse dans l'univers sont la nourriture, une femelle et le repos; les seuls maux qu'il craigne sont la douleur et la faim; je dis la douleur et non la mort; car jamais l'animal ne saura ce que c'est que mourir, et la connaissance de la mort, et de ses terreurs, est une des premières acquisitions que l'homme ait faites, en s'éloignant de la condition animale.»

Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes

Les moralistes classiques font preuve d'une méfiance exagérée à l'égard des passions qu'ils considèrent comme mauvaises et condamnent en y voyant la part de l'animalité qui est en nous.

• Contre eux, Rousseau attire l'attention sur le caractère de réciprocité, les liens « dialectiques » qui unissent l'entendement aux passions. La raison nourrit les passions et les passions la raison.

• La connaissance ne trouve-t-elle pas son impulsion dans le désir ? Par conséquent un homme sans passion saurait-il agir ou connaître ? et la connaissance n'accroît-elle pas à son tour nos passions ? (Cf. Hegel : « Rien de grand ne se fait sans passion »).

• Quelle est la « modernité » de la réflexion de Rousseau ? Ce lien de réciprocité entre passions et raison n'est-il pas particulièrement sensible dans les sociétés contemporaines? Par opposition aux besoins limités et simples de l'homme primitif, les progrès techniques et scientifiques ne cessent-ils pas de multiplier les besoins et les passions des hommes, lesquelles appellent à leur tour le développement de nouvelles techniques ?

La tradition philosophique occidentale s'est montrée le plus souvent hostile aux passions, les accablant de tous les maux, notamment d'une irrationalité perverse et dangereuse, et nous gratifiant ainsi de textes plus critiques qu'analytiques à son égard. Rousseau ( 1712-1778 ) se demande au contraire si celles-ci ne nous sont pas bénéfiques et, en bon philosophe des Lumières attentif aux valeurs de la raison, il va même jusqu'à leur attribuer des vertus cognitives.

Dans un passage extrait du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, Rousseau s'attache à mettre en évidence l'interaction bénéfique entre les passions et

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