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Pourquoi L'homme Peut-il Parfois désirer L'inconscience ?

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Par   •  1 Décembre 2013  •  3 145 Mots (13 Pages)  •  845 Vues

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Pourquoi l’homme peut-il parfois désirer l’inconscience ?

    Il existe bien des stratégies de fuite dans l’inconscience. On peut chercher à oublier une vie malheureuse dans l’alcool, le jeu, ou toute forme d’étourdissement. Le désir de l’inconscience est la porte de sortie pour qui éprouve son existence dans un malaise profond et ressent un moment une propension à la fuir.

    Cependant, que fuit-on exactement ? Toutes les motivations qui poussent vers l’inconscience se valent-elles ?. C’est une chose que de prendre une drogue pour se donner une euphorie qui vous fait oublier la conscience du réel, mais c’est est une autre que de s’en aller dormir le soir ; et pourtant ce sont deux formes d’inconscience. Elles ne répondent pas aux mêmes raisons. Ce n'est pas non plus l'acte manqué ou l'inadvertance d'un geste que l'on va regretter.

    Pourquoi l’homme peut-il donc parfois désirer l’inconscience ? Faut-il voir dans ce désir une faiblesse psychologique, ou un besoin naturel  ? En quel sens est-ce une caractéristique humaine ? Cette question implique aussi de vérifier si c’est exactement l’inconscience qui est désirée ou si ce n’est pas autre chose qui est en jeu au travers de l’inconscience.

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    I Mais tout d’abord, dans la question posée, que devons-nous entendre par " inconscience "? Il y a plusieurs formes d’inconscience. 1° On peut appeler inconscience naturelle, ce besoin que chaque être humain satisfait dans le sommeil profond et dans le rêve. Le sommeil profond, ou sommeil sans rêve, est un état d’inconscience dans un sens particulier : il est torpeur, mutisme, ignorance du monde extérieur, réclusion en soi-même, mais aussi paix sereine due à l’absence de tout conflit entre le moi et le monde. Nous pourrions déjà repérer ici ce qui peut-être attirant dans cette aspect de inconscience : une délivrance vis à vis des soucis et des peines, des tiraillements de l’état de veille, dans un état de bonheur paisible. C’est déjà une tentation qui peut expliquer que parfois certains ressentent le besoin de faire une cure de sommeil dans une période de dépression grave. Dormir, c’est se débarrasser du monde, se débarrasser de autres et aussi de soi-même. Dans le sommeil, il n’y a plus de conscience de rien, l’ego lui-même a disparu. Ce qui est étrange, c’est qu’en plus cette disparition du moi soit plutôt bien vécue. Nous disons " j’ai bien dormi ", " j’étais bien dans le sommeil ", comme si cette mort de l’ego dans l’inconscience donnait un réel bonheur.

    L’état de rêve, présente une autre aspect de l’inconscience naturelle, la possibilité de laisser la pensée à elle-même dans l’imaginaire. Le rêveur est bien inconscient au sens où on l’entend couramment, il a perdu les repères, les interdits, le sens du respect d’autrui. Il peut jouir de ses fantasmes hors des limites de l’état de veille. C’est une tentation offerte au désir que la satisfaction dans l’imaginaire. Chacun peut trouver dans le rêve une sorte de revanche contre la vie. Dans le rêve, on peut-être la plus belle, la plus désirable, le plus fort, le meilleur, le plus riche ou le plus envié. Nul doute que si on fabriquait une pilule pour rêver 24 heures sur 24, ceux qui souffrent se précipiteraient pour fuir la grisaille, la tristesse de la vie ordinaire, pour fuir une forme corporelle que l’on déteste, une condition sociale désastreuse, la dureté et la médiocrité de la vie. La publicité le sait bien, elle qui pousse constamment les gens à rêver, comme le dit une agence de voyage " rêvez, nous ferons le reste !". La propension à fuir dans le rêve est facile à exploiter commercialement, il suffit de faire croire que l’on vend le rêve et on fait baver d’envie tous ceux qui souffrent de frustrations sans nombre et qui n’aspirent qu’à cela. " Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici " pense en elle-même cette vie qui n’arrive pas à vivre et qui souffre d’elle-même.

    On peut appeler inconscience morale le comportement de celui qui semble aveugle aux interdits, qui perd le sens du respect de l’autre, de ses responsabilités, des limites à ne pas franchir, des conséquences d’une action, pour commettre un acte qu’il regrettera la plupart du temps ensuite, " un acte d’inconscience ". c’est par exemple le geste négligeant d’une fille qui en riant jette dans le fourré son mégot de cigarette allumé, alors que l’été a desséché toute végétation. Ce geste fait " comme ça ", " sans en avoir l’air ", indique que l’on se moque éperdument des conséquences, de la possibilité d’incendie. L’aveuglement typique de l’inconscience va ici avec l’étourdissement que l’on se donne pour s’amuser  avec d’autres. Il y a des choses que l’on ne ferait pas tout seul, mais que par entraînement on fera dans une foule déchaînée : par inconscience. Cela veut dire qu’il n’y a pas exactement de mauvaises intentions, sinon ce ne serait plus de l’inconscience, mais une intention de nuire volontairement. On est à un moment comme aveuglé, on agit de manière écervelée, on ne se rend pas compte de ce que l’on fait.

    En criminologie, il faudra alors distinguer le meurtre prémédité (répondant à un projet, une intention), du meurtre dû à une perte de conscience momentané (sans projet sur la durée). Ce qui montre à quel point l’homme est pazrfois dangereux, non seulement en vertu de sa liberté il peut commettre le mal intentionnellement, mais il peut aussi "  faire mal ", par inconscience. Inversement, quand nous sommes vigilants, nous gardons un sens de l’interdit et des limites à ne pas franchir. Nous avons devant autrui une retenue, le sens du respect, nous ne perdons pas de vue nos responsabilités. Nous sommes plus ou moins sur le qui-vive, conscient de ce que nos actes porte à conséquences. En bref, nous " faisons attention-à " et cette attention nous préserve d’une attitude inconsciente en nous donnant la distance de l’observation et de la réflexion. L’inconscient, sur le plan moral, est irréfléchi, en restant attentif et en prenant soin du présent, nous sommes prémuni contre l’inconscience.

    Enfin, le sujet nous oblige à considérer aussi l’inconscience pathologique. Il existe en psychiatrie un trouble appelé folie morale, qui fait que le patient devient complètement aveugle à la distinction entre le bien et le mal. Il ne voit plus la différence, il est capable de tuer, de torturer un animal, avec le même

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