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La Diversité Des Cultures Est-elle Un Obstacle à L'unité Du Genre Humain

Mémoire : La Diversité Des Cultures Est-elle Un Obstacle à L'unité Du Genre Humain. Recherche parmi 245 000+ dissertations

Par   •  21 Novembre 2012  •  2 795 Mots (12 Pages)  •  3 254 Vues

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Tous les hommes appartiennent au genre humain. Or, le mot « genre » définit justement « ce qui a des caractéristiques communes ». Cependant, Voltaire affirme que « le monde n’est que variété et dissemblance ». En effet, on peut remarquer qu’il existe entre les hommes de très grandes différences. Différences de morale, de croyances ou encore de mode de vie, qui témoignent d’une grande diversité de cultures et de civilisations dans le monde. Ces diverses cultures semblent à première vue éloigner les hommes, tant elles sont différentes les unes des autres. Alors que le genre humain devrait former une unité liant les hommes par leurs caractéristiques communes, cette diversité de culture ne pourrait-elle pas au contraire présenter un obstacle à cette unité ? Cette unité ne peut-elle pas en effet disparaître face à ces innombrables différences entre les hommes ?

On peut donc se demander quelles sont les causes qui découlent de la diversité des cultures et qui forment un obstacle à cette unité du genre humain. Ensuite nous verrons que la culture est justement une caractéristique qui forme l’unité du genre humain, puis nous nous demanderons à quelles conditions cette unité peut apparaître universelle malgré les obstacles qui semblent l’empêcher.

La diversité des cultures entraîne en premier lieu l’ethnocentrisme. En effet, les hommes ont tendance à considérer leur propre civilisation comme supérieure aux autres. Avec les différences culturelles apparaît la notion de « barbarie » : les hommes utilisent ce mot pour désigner les actes qualifiés d’inhumains par leur civilisation, à propos des autres civilisations qui leur sont étrangères. Tout ce qui s’éloigne des valeurs et des habitudes culturelles d’une civilisation est qualifié d’anormal et de barbare, et ce qui est inconnu est difficile à être accepté et compris. Claude Lévi-Strauss, dans son œuvre Race et Histoire rejette cette notion de barbarie en la montrant comme dénuée de logique. « En refusant l’Humanité à ceux qui apparaissent comme les plus « sauvages » ou « barbares » de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques. Le barbare, c’est d’abord celui qui croit à la barbarie ». C’est par exemple le cas de la civilisation européenne, qui s’est longtemps considérée comme supérieure, tant au plan moral et intellectuel que technologique, tandis qu’elle a été responsable de nombreux actes barbares tels que la Seconde Guerre Mondiale. On parlait alors de « barbarie nazie ».

Cette volonté de supériorité et de hiérarchiser les cultures aboutit à une nouvelle idée, le racisme. Alors que le fait qu’il existe une multitude de cultures commence à être accepté, le terme de barbarie tend à disparaître. Cependant, le racisme, doctrine plutôt récente, fait son apparition au XIXème siècle. Cette doctrine divise l’Humanité en « races » et y créé une hiérarchie. Cette idée est présentée par de Gobineau dans son Essai sur l’Inégalité des races humaines, essai qui créé le « mythe arian ». Il y compare l’Humanité à une toile immense et décrit la fonction de chaque civilisation dans la constitution de cette toile : « Les deux variétés inférieures de notre espèce, la race noire, la race jaune, sont le fond grossier […] tandis que le groupe Arian […] applique à leur surface, en éblouissant chef-d’œuvre, ses arabesques d’argent et d’or ». Cette théorie de hiérarchie des races tente de justifier la domination, par les hommes, d’hommes d’une autre civilisation, même si cette doctrine ne dispose pas de justification scientifique qui permettrait en effet de distinguer les hommes entre eux, ni de raison à cette classification. La doctrine du racisme est adoptée par de nombreuses personnes et est alors responsable de génocides, comme la Shoah en Europe mais aussi ailleurs dans le monde comme les épurations ethniques (actuelles) au Nigeria. Elle provoque aussi des guerres ethniques et des injustices politiques, comme le droit de vote pour les Aborigènes obtenu beaucoup plus tard que pour les autres Amérindiens. Le racisme veut également éviter le « mélange des races » et le métissage, et semble être contre cette diversité des cultures.

Il existe également des problèmes entre cultures qui ne reposent pas sur une volonté de revendication de sa propre culture ni sur une volonté de hiérarchisation des cultures. En effet, chaque culture à sa propre politique, son propre moyen de fonctionnement. Il peut donc parfois exister des valeurs, des usages qui s’opposent entre deux civilisations. En découle alors des conflits, car une entente n’est possible que par l’abandon, par une des civilisations en conflit, de ses coutumes et valeurs. Le Choc des civilisations, essai d’analyse politique, écrit par Samuel Huntington présente la thèse que depuis la chute du bloc soviétique et la fin de la Guerre Froide, les relations entre pays, entre civilisations, ont pris un autre fonctionnement : les conflits sont en effet en grande partie basés sur le choc, l’affrontement des différences culturelles. Ainsi, les civilisations ont maintenant tendance à s’unir selon les valeurs qu’elles partagent et à s’opposer à celles qui ont des valeurs trop éloignées. La guerre de Bosnie-Herzégovine, guerre à caractère religieux, en est un exemple : les Bosniaques musulmans étaient soutenus par des civilisations musulmanes comme la Turquie et l’Iran, tandis que la Serbie orthodoxe était soutenue par des états orthodoxes comme la Russie.

L’unité du genre humain n’apparait pas comme quelque chose d’évident au vu des conflits qui opposent les hommes. La diversité des cultures semblent en effet rendre difficile l’unité des hommes et semble plutôt les éloigner. Cependant, même si la notion d’unité est difficile à entrevoir, les hommes sont tous regroupés en un seul genre. Cette diversité est un obstacle à l’unité du genre humain, mais, malgré la difficulté, l’unité existe pourtant. On peut alors se demander quelles sont les caractéristiques qui permettent son existence.

Avant d’accéder à une organisation sociale, c'est-à-dire à la culture, l’Homme est à l’état de nature. Cependant, la nature de l’Homme est une antinature. Le recours à la culture est nécessaire et vital pour tout homme. Au contraire des animaux, il n’est pas entièrement déterminé une fois pour toute. Il devient Homme par la culture. Sartre montre en effet la nécessité pour l’Homme de quitter la nature : « On ne naît pas Homme, on le devient ». Cependant, les caractéristiques de l’état de nature son toujours présents chez l’Homme et l’essence de l’Homme, universelle et permanente au milieu de tous les changements accidentels

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