Analyse linéaire Lettres d'une Péruvienne lettre 20
Cours : Analyse linéaire Lettres d'une Péruvienne lettre 20. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar Nelly Simonnet • 24 Juin 2026 • Cours • 2 184 Mots (9 Pages) • 6 Vues
Séquence 2 : Un récit d’aventure écrit par une femme : Françoise de Graffigny, Lettres d’une péruvienne OI – Séance 5 : analyse linéaire, lettre 20, la critique de la société française – Oral bac :
Objet d'étude : La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle.
OI : Françoise de Graffigny, Lettres d’une péruvienne, Classiques et Cie, Hatier, 3,20 €.
Lecture.
Faites une introduction :
Œuvre : Lettres d’une Péruvienne (1747) est un roman épistolaire publié anonymement qui connaît un immense succès. Il trouve son inspiration dans Les lettres persanes de Montesquieu. C’est un magistral plaidoyer pour le droit à la différence et une vibrante défense de l’émancipation des femmes.
Enlevée à son Pérou natal par des conquistadors espagnols, Zilia est conduite de force en Europe où Déterville, un jeune Français, la prend sous sa protection et entend l’épouser. Dans des lettres adressées à Aza, son fiancé resté au pays, la jeune Inca confie ses peurs et ses émerveillements face à une société qu’elle ne comprend pas et qui parfois la révolte.
Auteur : Françoise de Graffigny – 1695 (Nancy) – 1758 - Née d'Issembourg du Buisson d'Happoncourt, dans une famille de petite noblesse, elle est mariée à 17 ans à un officier brutal et dépensier dont elle a trois enfants avant d’obtenir d’en être séparée de corps (1723). Veuve, son père décédé en 1733, elle commence à écrire et séjourne quelques mois à Cirey, en Lorraine, auprès de Voltaire et d’Émilie Du Châtelet avant de devenir dame de compagnie à la cour de Lorraine puis à Paris où elle s’installe en 1739.
Mme de Graffigny meurt en 1758 après avoir connu le triomphe avec son roman et sa 1e pièce, Cénie (1750), puis avoir été critiquée pour sa seconde tragédie La Fille d’Aristide (1758).
Elle laisse une immense correspondance (aujourd’hui éditée) et un roman remarquable redécouvert au début des années 1970.
Texte : Le situer, résumer l’extrait :
Lettre 20, extrait : Zilia écrit à Aza, elle lui fait part des inégalités qu’elle observe dans la société française.
Genre : Argumentation indirecte et roman épistolaire philosophique.
Question :
Comment l’autrice, au travers du regard de sa narratrice, remet-elle en question la société française ?
Mouvements :
Mouvement 1 : La dénonciation d’une société injuste : l 1 à 8.
Mouvement 2 : La description du système : l 9 à 23.
Mouvement 3 : L’émoi de Zilia : l 24 à 28.
Analyse linéaire de l’extrait :
Premier mouvement : La dénonciation d’une société injuste : l 1 à 8.
1 Jusqu’ici, mon cher Aza, toute occupée des peines de mon cœur, je ne t’ai point parlé de celles de mon esprit ; cependant elles ne sont guère moins cruelles. J’en éprouve une d’un genre inconnu parmi nous, causée par les usages généraux de cette Nation, si différents des nôtres, qu’à moins de t’en donner quelques idées, tu ne pourrais compatir à mon inquiétude.
5 Le gouvernement de cet Empire, entièrement opposé à celui du tien, ne peut manquer d’être défectueux. Au lieu que le Capa-inca¹ est obligé de pourvoir à la subsistance de ses peuples, en Europe les Souverains ne tirent la leur que des travaux de leurs sujets ; aussi les crimes et les malheurs viennent tous des besoins mal satisfaits.
- L 1 – 2 : parallélisme « peines (n) de mon cœur (GN prép Cdn) / celles (pron) de mon esprit (GN prép Cdn)» + 2 noms « peines, inquiétude » = lexique de l’inquiétude (émotion) = Zilia fait part de son ressenti, elle montre le lien entre les sentiments et la réflexion (« esprit »), la sensibilité va de pair avec l’intelligence.
- L 2 et 3 : reprise pronominale de « peines » par le pronom « une » avec le groupe nominal prépositionnel complément du nom (ou du pronom) expansion du nom (= description) qui suit « d’un genre inconnu » et le pronom 1e personne pluriel « nous » = effet d’attente, elle interpelle Aza et le lecteur mais la peine en question n’est pas identifiée + l 4, Zilia parie sur l’émotion que ressent Aza en disant : «qu’à moins de t’en donner quelques idées, tu ne pourrais compatir « :2e personne singulier + conditionnel + verbe d’émotion = Zilia voudrait faire ressentir au lecteur comme à Aza de l’empathie.
- 2e § : Critique de l’organisation politique française avec un lexique péjoratif, en antithèse avec le système péruvien : adjectif « opposé », lexique mélioratif = Le modèle idéal et vertueux est celui du système péruvien, le système français apparaît à Zilia comme le miroir négatif de sa société, les rois sont le sujet dans chaque phrase «le Capa-inca, les Souverains «, mais ils n’ont pas le même rôle, au Pérou ils sont garants du bien-être de leurs sujets, en France, ils les exploitent.
- Fin du 2e § : dernière proposition : noms : « crimes et malheurs » = Zilia tire une conclusion, elle affirme que ce fonctionnement en est responsable, elle pose un regard critique sur la France.
Zilia fait un parallélisme entre sa société et la société française, ceci lui permet de préciser leurs différences comme les caractéristiques importantes à ses yeux, la préoccupation sociale que doit être celle d’un gouvernement.
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