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Étude du roman L'Etranger d'Albert Camus: Le Personnage De Meursault

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Par   •  30 Mai 2014  •  2 541 Mots (11 Pages)  •  1 779 Vues

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CAMUS, L’ÉTRANGER

MEURSAULT

Personnage renfermé, taciturne, en marge de la société, Meursault assiste comme de l’extérieur à tout ce qui lui arrive, qu’il s’agisse de la vie quotidienne, de son jugement et de sa condamnation à mort même.

Le texte commence avec une phrase laconique, dépourvue de toute émotion: «Aujourd’hui maman est morte». C’est ainsi que s’ouvre la confession de Meursault, une sorte de journal de la vie quotidienne selon les règles de la subjectivité la plus stricte.

Meursault apparaît, dès le début, comme un être à part, vivant en marge de la société, un «étranger» aux autres hommes. Son comportement étonne, surtout quand il refuse de voir le corps de sa mère ou bien quand il fume une cigarette durant la veillée funèbre. Pourtant, un sentiment de culpabilité d’avoir enfermé sa mère à l’asile l’envahit quand il affronte le regard des autres vieillards.

Nous apprenons son nom par le directeur de l’asile. Nous ne connaissons pas le prénom de Meursault et l’absence de prénom nous mène à penser que le héros n’a pas de prénom. Nous n’avons aucun renseignement concernant la date et le lieu de naissance. Nous savons seulement que Meursault est «jeune» et que son corps est «brun». Son nom fait penser à son destin : Mer, Meur (mort, meurtre), Sol, Soleil (le responsable du crime).

Meursault est «étranger» aux autres hommes dans la mesure où il semble n’avoir aucune affectivité. Il vit à Alger et son existence est vide et monotone : il est un employé de bureau, il va à la plage. II est un homme ordinaire, plongé dans la routine quotidienne et ses réactions sont réduites à des sensations : il entend, touche, voit, goûte, sent... Son existence ne vise pas à un but. Ses gestes sont mécaniques et se répètent continuellement : il va à son travail, il prend ses repas chez Céleste, il se contente de ne rien faire et «tuer son temps». Les traits qui le dominent sont la monotonie de la vie quotidienne, la lassitude, l’indifférence. Son indifférence devant son avenir surprend son patron, le fait de ne rien éprouver durant l’enterrement de sa mère apparaît comme un scandale aux yeux des autres vieillards de l’asile, son indifférence devant le mariage surprend Marie, son comportement durant l’instruction et le procès déconcerte son avocat. Sa réponse est pareille, «cela m’était égal», qu’il s’agit de Marie ou de Raymond Sintès qui lui propose de devenir son «copain».

La stricte objectivité qui le caractérise est soulignée pour une fois de plus quand il se raconte l’existence de Salamano. Le portrait de la vieillesse et de la maladie fait prévenir l’auteur. Ensuite, Meursault rencontre un autre voisin de palier, Raymond Sintès.

Raymond a besoin de Meursault pour témoigner de la conduite du frère de sa maîtresse et pour écrire une lettre de vengeance. Meursault se prête au jeu de cette amitié sans aucun mouvement affectif.

Quelques jours plus tard, à l’occasion du pique-nique chez les amis de Raymond, Meursault marche le long de la plage avec son «copain», Marie et les Masson, les amis de Raymond. En se promenant, les hommes sont attaqués par des Arabes, dont le frère de la maîtresse de Raymond. Dans la bagarre, Raymond est blessé d’un coup de couteau.

Peu après, Meursault revient seul vers la plage. Il a en poche le revolver que Raymond lui a confié après la bagarre, quand ils ont vu une première fois leurs agresseurs. L’un d’eux tire son couteau et menace Meursault. Le héros est écrasé par le soleil, la chaleur, la lumière. Sans avoir vraiment conscience de son geste, il abat l’Arabe d’une balle, puis, il tire encore «quatre fois sur un corps inerte». Il a tué un Arabe qu’il ne connaissait même pas et sans avoir de motif sérieux. Ce qui est bizarre est le fait que Meursault a accompagné Sintès pour prévenir un acte irréfléchi. C’est à ce moment qu’intervient la fatalité qui tend un piège à Meursault. Quand il tue l’Arabe il a l’impression qu’il a détruit «l’équilibre du jour».

Meursault est arrêté et son procès s’organise. Il y assiste comme s’il s’agissait d’un spectacle et il ne fait rien pour sauver sa vie. Son avocat a beau lui expliquer que «l’insensibilité» dont il a fait preuve à l’enterrement de sa mère sera un argument déterminant contre lui, il ne comprend pas. Ce qui le condamne avant tout c’est son attitude d’«étranger».

Meursault commence à prendre conscience de ce qui se passe, quand les témoins se mettent à décrire son indifférence lors de la veillée funèbre et de l’enterrement de sa mère. Les jurés semblent avoir pris leur décision quand ils apprennent qu’il a emmené Marie au cinéma le lendemain de l’enterrement.

Au début, Meursault est emprisonné avec d’autres prisonniers, mais très vite il s’isole et finit par occuper une cellule à part. C’est là où il comprend que le monde extérieur s’efface et il se penche sur son passé. A partir de ce moment-là sa métamorphose commence car c’est en prison qu’il découvre la liberté et la puissance de l’esprit.

Même si Camus a mis son héros en légitime défense, le meurtre qu’il a commis est un mystère. Meursault est condamné à mort pour «avoir enterré une mère avec un cœur de criminel». Il n’a pas d’explication de cet acte «mécanique». Cependant, il commence à réfléchir et à comprendre, à partir du moment où il a commis cet acte : «J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour».

Dans sa prison, Meursault vit avec son passé. Il regrette de ne pas avoir profité des moments de bonheur et de liberté. Son amour pour Marie renaît, il pense à sa mère, il jouit du présent. Les tentatives de l’aumônier pour «racheter» Meursault sont pour lui incompréhensibles et il se met en colère, chassant l’aumônier hors de la cellule en lui criant que tout se vaut, que rien n’a d’importance, que culpabilité et innocence sont également universelles.

Resté seul dans sa cellule, Meursault ressent «la tendre indifférence du monde» et souhaite que, le jour de son exécution, la foule l’accueille avec des cris de haine. Car, puisque la société l’a jugé criminel, il faut, pour qu’il soit «justifié», qu’on le traite totalement, pleinement en criminel, haïssable et rejeté. C’est à ce prix qu’il pourra trouver une sorte de cohérence interne.

Meursault se montre un être franc et sincère. Il a horreur du mensonge et de l’hypocrisie. Nous ne devons jamais oublier les paroles de Camus : «L’Étranger est l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour

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