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Étude de la dernière page du roman L'Etranger d'Albert Camus

Mémoires Gratuits : Étude de la dernière page du roman L'Etranger d'Albert Camus. Recherche parmi 260 000+ dissertations

Par   •  12 Février 2013  •  886 Mots (4 Pages)  •  803 Vues

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Meursault, l’Étranger de Camus, a tué un homme. Il n’a pourtant pas l’âme d’un meurtrier, et l’assassinat de celui qu’on connaît seulement sous le nom de « l’Arabe », est à mettre sur le compte de la chaleur ambiante, écrasante. À son procès, Meursault refuse de mentir : il est condamné à mort. Il attend son exécution dans sa cellule, après avoir malmené un prêtre qui a tenté obstinément de le ramener à Dieu.

Me voici dans ma cellule. Enfin seul. Si j’étais croyant, je dirais merci mon Dieu. Mais non. Et puis me mettre à croire maintenant, comme ça, d’un coup, comme eux, non. Merci bien ! Et ce prêtre qui pleurait de voir que je ne croyais pas. Je n’étais pourtant pas censé être une référence, moi, monsieur. Je devrais peut-être dire « mon Père ». Mais sincèrement, quelle importance ? Il ne devrait pas être prêtre, il est comme moi, après tout. Oui, tout comme moi. Mais pourquoi en pleurer ? Je ne pleure pas, moi.

Enfin… Tout cela n’est guère intéressant. Comme tout depuis le départ. Même la mort de maman : tout le monde meurt, pourquoi pas elle ? Je ne vois pas pourquoi on en a fait toute une histoire. Ç’aurait pu être moi, ç’aurait pu être n’importe qui. Ç’a été elle, c’est tout. J’étais en noir, bien sûr. Je ne parlais pas beaucoup : je ne parle jamais beaucoup. Mais ça ne veut rien dire. Je me demande bien ce qu’ils voulaient : que je m’effondre ? que je pleure ? Je me demande à quoi ça leur aurait servi. Peut-être que ça les aurait rassurés : des larmes, ça fait bonne impression. Ça fait « la vie continue malgré tout ». Ça fait « on est là pour pleurer, et après on oublie ». Comment ils disent ça ? « Prendre sur soi ». Mais c’est de l’oubli, c’est tout.

Et puis quoi ? Ils auraient peut-être voulu que je pleure aussi sur l’Arabe. Mais c’était comme pour maman : c’était son tour, comme ce sera le mien demain. Et puis, c’était lui et les deux autres qui cherchaient la bagarre. Je ne pouvais pas laisser Raymond seul contre eux trois. Et après… Il faisait chaud. Et l’Arabe s’approchait, lentement, avec son couteau. J’avais très chaud. Et Raymond n’était plus à côté de moi. La lumière m’aveuglait. Un reflet sur le couteau. J’avais si chaud. C’est parti tout seul : cinq coups de feu, disent-ils. Je ne m’en souviens pas. Mais s’ils le disent… Je ne sais même pas si j’ai bien visé. Je n’ai même pas regardé le corps : après tout, je ne le connaissais pas. Je n’ai jamais vu son visage, je ne le reconnaîtrais même pas, je crois. Combien de temps je suis resté, comme cela, après que l’Arabe est mort ? Il faisait si chaud !

Ils n’ont pas tardé à m’arrêter. Ce n’est pas comme si j’avais voulu me cacher : je ne vois pas d’ailleurs à quoi ça aurait servi. Et puis mentir au procès, à quoi bon ? Que j’y passe demain ou dans dix ans, quelle différence ? Au moins ça ne fera pas trop mal. Ce ne sera pas long. Ce n’est pas comme le procès : il était temps qu’il se termine. J’en avais assez d’attendre, sur mon banc, que tout le monde ait fini de parler de moi. C’était fatiguant. Est-ce que je leur demandais de me raconter leur vie, moi ? Il suffisait que j’aie tué l’Arabe. C’était tout. Quelle perte de temps ! Et l’avocat qui me demandait de mentir : à quoi bon, puisque toutes les preuves étaient contre moi

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