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Analyse du Procès du personnage Meursault dans le roman L'Etranger D'Albert Camus:comment le plaidoyer de son avocat provoque-t-il le détachement de Meursault ?

Mémoire : Analyse du Procès du personnage Meursault dans le roman L'Etranger D'Albert Camus:comment le plaidoyer de son avocat provoque-t-il le détachement de Meursault ?. Recherche parmi 260 000+ dissertations

Par   •  5 Avril 2013  •  1 053 Mots (5 Pages)  •  2 345 Vues

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Problématique : comment le plaidoyer de son avocat provoque-t-il le détachement de Meursault ?

I) Un plaidoyer caricatural

A) Les caractéristiques du plaidoyer

Position adoptée : l’avocat de Meursault plaide coupable (l.3) avec « circonstances atténuantes » (l.27).

Manière dont l’avocat s’y prend :

Il adopte le point de vue de l’accusé (« Je », l.3) et interpelle les jurés pour les impliquer dans son propos (« Messieurs », 14)

Il cherche à atténuer la responsabilité de M en parlant de « provocation » de la part de l’Arabe (l.8), ce qui contredit l’idée de préméditation défendue par le procureur

La majeure partie du plaidoyer s’intéresse en réalité au caractère de M, à la question de sa moralité (répétition du mot « âme », 8, 9, 18…), en réponse au réquisitoire du procureur : il fait un portrait élogieux de M en évoquant ses rapports au travail, puis ceux avec sa mère (termes mélioratifs l.11-12), ce qui montre qu’il remet en cause la « monstruosité » de son client ; il ne parle pas de l’enterrement, sans qu’on sache pourquoi : cela nuirait-il à M en rappelant son insensibilité ce jour-là?; il conclut sa prestation (« pour finir », 25) par l’évocation du caractère non prémédité du crime (« une minute d’égarement », 26), ce qui l’amène à demander que la vie de M soit épargnée ; il met en évidence le « remords éternel » de ce dernier comme étant déjà un « châtiment » suffisant.

Il essaie d’attirer la compassion, la bienveillance des jurés, de rendre M humain. Mais son discours est maladroit et stéréotypé.

B) Les points faibles, voire le ridicule de ce plaidoyer

Discours indirect (4-5) et discours direct (5-6) signalent une conversation entre M et un gendarme : ce dernier lui indique que le discours de son avocat n’est en rien original, mais qu’il est stéréotypé, donc peut-être pas très convaincant…

L’avocat se montre arrogant : il déclare qu’il peut lire dans l’âme de M « à livre ouvert » (métaphore l.10-11), alors même qu’il ne fait pas de doute aux jurés et au lecteur que M demeure un personnage opaque, difficile à comprendre.

Il emploie un vocabulaire maladroit car dépréciatif à propos de la mère de M (« vieille femme » l.13-14), alors qu’il essaie de faire passer M pour un « fils modèle ».

Son discours est ponctué d’hyperboles (« infatigable », « aimé de tous », « fils modèle », 11-12 ; « dont je traînais déjà, comme le plus sûr des châtiments, le remords éternel » 27-28) qui le rendent caricatural : il n’est pas adapté à la personnalité de M. L’avocat dit des choses qui manquent de justesse sur M, pour le faire rentrer dans une norme acceptable par la société qui le juge. Or M refuse de s’y soumettre (il n’a jamais manifesté de remords envers son crime, et affirme d’ailleurs ne pas le regretter).

Par le biais de l’alternance entre le discours direct (paroles de l’avocat) et la focalisation interne (pensées de M), Camus montre que M ne se reconnaît pas dans ces propos : il insiste sur le fait que c’est l’opinion de son avocat « pour lui » (l.12). il signale alors lui-même la médiocrité de son avocat (« ridicule », 8), et le dévalorise par rapport au procureur (comparaison l.8-9). Enfin, il signale les oublis de la plaidoirie : « j’ai senti que cela manquait dans sa plaidoirie », l.17).

C) Une vaste mise en scène

On a l’impression que le procès n’est qu’une une mise en scène vidée de sens :

Discours

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