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Question : " Pensez-vous Que L'on Puisse Traiter De Sujets Graves Et sérieux Sur Le Mode Plaisant Et Humoristique ? "

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Par   •  7 Novembre 2011  •  4 842 Mots (20 Pages)  •  3 250 Vues

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Lorsque l'on écrit pour exprimer ses idées à un public large sur un problème, une situation importante ou grave, la censure est là pour établir certaines limites. Auparavant, la censure s'est montrée très restrictive à la fois sur le contenu, c'est à dire en rapport avec le sujet traité, mais aussi sur la forme, le registre de l'œuvre littéraire. Mais nous pouvons nous demander si de nos jours la liberté d'expression ne porte pas plus sur le sujet dont on parle, que sur le registre et la manière don l'auteur à choisi de s'exprimer. Car si la liberté d'expression aujourd'hui en France est telle que l'on puisse parler d'énormément de choses librement, seule la forme employée par l'auteur dans son œuvre déterminera la censure partielle ou totale de l'œuvre, et donc sa publication ou non, ou même encore une polémique du public en réponse à une provocation flagrante faite dans l'œuvre.

Il se pose alors une question: pouvons-nous traiter de sujets sérieux, et même graves sur le mode humoristique ou bien plaisant?

Pour répondre à cette question nous allons tout d'abord développer à l'aide d'exemples ce qu'apporte le mode plaisant ainsi que les inconvénients du mode sérieux. Puis nous observerons les avantages d'un ton plus sérieux, et les désagréments qu'apporte le mode humoristique pour traiter de ces même sujets sérieux. Enfin nous exposerons une synthèse en troisième partie afin d'aider à la compréhension générale, qui portera sur les principaux arguments sur la nécessité de la liberté d'expression mais également sur ses limites.

L'auteur qui aborde un sujet sérieux ou bien grave tel que la censure ou la guerre s'appuie sur des faits qui parlent d'eux-mêmes et qui dénoncent quelqu'un, une institution ou encore un conflit. Pour que cette dénonciation ait plus d'impact auprès du lecteur, certains écrivains n'hésitent pas à employer une forme d'humour qui est particulièrement forte: l'ironie. L'ironie consiste par exemple à transmettre au lecteur ses idées en accentuant les aspects grotesques de la démarche intellectuelle de celui que l'on ne défend pas. Ce faisant, l'auteur cherche à tourner en dérision le parti adverse pour le déstabiliser. C'est ce que fait Voltaire dans Candide lorsqu'il dénonce la guerre à sa manière dans le chapitre III. Celui-ci emploie des termes cocasses pour exprimer la guerre tels que dans l'oxymore une "boucherie héroïque" qui met en valeur les soldats. Bien évidemment, Voltaire ne fait pas ici l'éloge de cette guerre ni de ceux qui la font puisque par ailleurs, il décrit dans ce même chapitre toutes les atrocités que ces même soldats ont pu faire dans les villages environnant la bataille. Cette ironie illustre dans le contexte du conte philosophique de Candide, l'opposition flagrante qui existe entre la réalité guerrière dont Candide est le témoin, et le point de vue que Candide arbore en suivant son maître à penser Pangloss au début du récit. En effet Pangloss le philosophe soutient un discours optimiste sur la vie, selon lequel "tout est bien dans le meilleur des mondes possibles". Voltaire dénonce donc par l'ironie un sujet très sérieux qu'est la guerre.

Cela dit, il n'est pas le seul à traiter les sujets sérieux avec légèreté pour accentuer l'effet de ses propos, puisque Victor Hugo lui aussi, à usé du mode plaisant dans la préface de son drame historique Le roi s'amuse publié en 1832. Sa pièce de théâtre avait été "suspendue" " puis défendue" par le ministère. Dans la majeure partie de sa préface, de la ligne 1 à 39, il utilise un autre humour lorsqu'il accuse le gouvernement et sa censure. Il y explique au lecteur sa mésaventure lorsqu'il apprend cette censure inattendue de la part du ministre; et dans un premier temps il exprime toute sa surprise par le champ lexical de l'étonnement qui est intégré tout au long du texte: "inouï", "douté", "incroyable", "ne pouvant croire", "profond étonnement". Pour montrer au lecteur son opinion personnelle sur cet acte il n'hésite pas à accuser cette mesure d'"arbitraire", et venant d'un ministre qui s'était accordé le "droit divin" de lui prendre "sa pièce", "sa chose", "son droit". Il compare même avec ironie le ministère à un "pachalik" au "divan", ou encore interpréte l'acte de censure comme la manifestation d'un "despotisme Asiatique".

Plus proche de nous, et dans d'autres domaines d'expressions, l'ironie et d'autres formes d'humour tel que la caricature, sont toujours présents pour traiter de manière plaisante et souvent humoristique de sujets graves. Plantu ou Jean Plantureux de son vrai nom, par exemple, illustre par l'un de ses dessins dans le journal "Le Monde", sa vision de La liberté de la presse. On y voit une main en train d'écrire avec un crayon, la "tête" de ce crayon n'est autre qu'un gendarme ou un militaire à la mine sévère qui surveille tout ce que ce crayon écrirait. Ce mode est léger pour aborder et dénoncer un problème qui reste grave aujourd'hui dans de très nombreux pays tels que la Chine, ou bien encore la Russie pour ne citer que quelques pays. Ce problème que dénonce ici Plantu est, bien entendu, la censure. Par ce mode peu conventionnel qu'est le dessin caricatural, et aussi par le mode plaisant qu'il emploie pour traiter ce genre de sujets sérieux, Plantu transmet bien au lecteur sa vision revendicatrice et son message contre la censure. Ce mode plaisant qu'il emploie ici est un outil à part entière pour aider à la compréhension du lecteur qui observe cette opinion sur la caricature et peut l'accepter avec légèreté comme une réalité. Traiter de sujet sérieux et aussi grave sur le mode plaisant est donc possible.

Toujours au sein de l'information, on trouve cette forme d'ironie dans Le Canard enchaîné et aussi, à la télévision avec Les Guignols de l'info qui traitent l'information avec une ironie comparable à celle qu'emploie Plantu, mais aussi plus flagrante.Les Guignols de l'info vont plus loin en se montrant plus piquants dans leur caricatures, et parfois même jusqu'à atteindre la satire. De plus l'image télévisée apporte naturellement

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