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Montesquieu, De L'esprit Des Lois

Mémoire : Montesquieu, De L'esprit Des Lois. Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  15 Mai 2014  •  612 Mots (3 Pages)  •  649 Vues

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renversement de perspective.

Par ce choix, il évite toutE mauvaise compréhension du lecteur, qui est le danger majeur de l’ironie.

De plus, le choix du pronom personnel « on » est également significatif à plus d’un titre. Il désigne, en premier lieu, les esclavagistes mais du fait d’une désignation floue, il invite à considérer qu’il attaque aussi ceux qui cautionnent, ou même qui ferment les yeux sur cette pratique inhumaine. L’utilisation de ce pronom permet d’attaquer le plus grand nombre possible de façon anodine.

Nous voyons donc que dès la première phrase du texte, Montesquieu fait preuve d’une certaine virulence implicite puisqu’il remet en cause l’esclavage et ceux qui la pratiquent ou la tolèrent sans attaque directe.

Cette première impression est ensuite confirmée tout au long du texte par le ton faussement désinvolte et léger qu’il emploie pour parler de pratiques extrêmement violentes et sérieuses.

B. Une argumentation absurde

Nous allons voir point par point que Montesquieu nous donne à voir une suite d’arguments plus fallacieux les uns que les autres, mais avant même d’en venir aux arguments eux-mêmes, il est évident que la construction et l’agencement du texte n’est qu’une juxtaposition d’arguments sans cohérence les uns vis-à-vis des autres.

De plus, nombre d’entre eux sont absurdes, l’argumentation apparaissant alors comme une forme vide. En effet, si les arguments sont en apparence logique, ils ne les sont qu’en apparence : « et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre », le lien de causalité ici suggéré par la forme met en relation deux éléments sans lien aucun. De la même façon, dans « On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux », le non sens est amplifié, par l’apparence d’argument par analogie que revêt cette phrase. Il utilise ensuite l’exemple des Egyptiens, justifiant de cette façon leur barbarie par celle d’autres peuples. De plus, la comparaison est d’une complète incohérence puisqu’il s’agit de « juger de la couleur de peau par celle des cheveux ».

C. Une argumentation qui tourne à l’auto-justification

Nous avons vu que l’argumentaire développé par Montesquieu n’en avait souvent que l’apparence, cela est visible également par l’emploi de tournures catégoriques qui ne justifient en rien la thèse défendue mais soulignent la certitude du narrateur quant à ce qu’il énonce. On trouve ainsi : « ils ont dû », « il est presque impossible », « on ne peut se mettre dans l’esprit », « Il est si naturel de penser que », « on peut juger de », « une preuve que (…) c’est », « il est impossible que ».

Enfin, l’avant-dernier argument est non seulement absurde mais il n’a aucune valeur argumentative, il s’agit d’une pétition de principe qui prend comme présupposé ce qui est à démontrer. En effet, le raisonnement en deux temps contient un troisième terme implicite qui est considéré comme une évidence qui n’est pas à démontrer. Dans la phrase « [i]l est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes

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