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La lecture d'une pièce de théâtre peut-elle nous apporter la même richesse que la représentation

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Par   •  30 Septembre 2012  •  Dissertation  •  1 660 Mots (7 Pages)  •  1 212 Vues

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Le théâtre est un art apprécié depuis les Grecs. Il a traversé les décennies pour venir jusqu'à nous. Mais depuis la Renaissance, les pièces sot aussi publiées sous forme de livres. L'amateur de théâtre est alors confronté à cette interrogation : la lecture d'une pièce de théâtre peut-elle nous apporter la même richesse que la représentation? A ce sujet, Molière, un grand comédien et écrivain de comédies du dix-septième siècle a écrit : " On sait bien que les comédies ne sont faîtes que pour être jouées et je ne conseille de lire celles-ci qu'aux personnes qui ont des yeux pour découvrir dans la lecture tout le jeu du théâtre."

Nous pouvons nous demander dans quelle mesure la lecture d'une pièce permet d'imaginer la représentation, si par ailleurs, l'absence de mise en scène ne limite pas la signification et la richesse d'une pièce ; enfin si la représentation théâtrale ne transforme pas dans certains le sens de ce qui est écrit.

Dans un premier lieu la lecture d'une pièce permet d'imaginer sa propre représentation théâtrale avec ses acteurs choisis, ses répliques et actions. Nous pouvons nous construire, grâce à la lecture, un jeu de scène unique, le nôtre, où ce que nous ressentons à la lecture est totalement exprimé.

La lecture d'une pièce commence tout d'abord à nous donner des indications sur la mise en scène par le simple nom de l'auteur. Ainsi, nous savons par avance que les pièces de Molière se déroulent au dix-septième siècle. Nous pouvons ainsi imaginer les acteurs en costume d'époque, en France, dans un milieu la plupart du temps de haute bourgeoisie et parfois de noblesse. Ou encore le simple nom de Marcel Pagnol sur la couverture d'une pièce fait allusion au midi de la France et à son accent chantant, les acteurs appartiennent au vingtième siècle et à un milieu simple. Après cette idée générale que certains auteurs nous donnent sur le ton de la pièce, la lecture nous apporte elle-aussi des indications.

Les annotations et la ponctuation nous renseignent sur le jeu théâtral. Les petites note écrites en italique ou entre parenthèses nous font connaître les actions des personnages ou la façon dont ils s'expriment. Les point d'exclamation nous font comprendre qu'un personnage hausse le ton ou nous donnent des renseignements sur son état d'esprit, son humeur. De cette manière, dans le Misanthrope de Molière, après qu'Oronte a déclamé son poème précieux, nous imaginons les apartés d'Alceste grâce aux annotations, nous le voyons bien se retournant, mettant sa main devant sa bouche à chaque phrase adressée à l'audience. Nous connaissons son état d'esprit non seulement grâce aux paroles qu'il prononce mais aussi grâce à la ponctuation qui termine chaque phrase.

Enfin le caractère des personnages que nous devinons à travers leurs paroles nous permet d'imaginer les actions qu'ils effectuent, leur façon de s'habiller, de bouger... L'époque et le milieu nous aident aussi à créer dans notre esprit leurs costumes. Comme dans Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand, où à travers ce que nous avons ressenti lors de la lecture, nous nous attendons à un personnage avec bien sûr un grand nez, mais aussi un poète récitant ses vers, valeureux en apparence, mais triste intérieurement, se cachant derrière un chapeaux et une cape, ayant toujours avec lui son épée. C'est aussi de cette façon que la plupart des metteurs en scène le voient. Dans l'avare de MOlière le personnage principal est tellement bien décrit dans son avarice que le lecteur ne peut l'imaginer qu'avec des vêtements austères, ayant des réactions d'avare telles que ramasser le moindre sous près de lui, s'énerver à la moindre dépense.

Ainsi la lecture d'une pièce permet d'imaginer une représentation qui nous est personnelle mais qui se rapproche en certains points de celles de grands metteurs en scène. Cependant le fait de voir jouer une pièce est le plus souvent la meilleure façon de l'apprécier.

En second lieu, l'absence de mise en scène lors d'une représentation affecte la beauté d'une oeuvre et limite sa signification autant que sa richesse. Le spectateur doit alors fournir le même effort que lors de la lecture, il doit imaginer; mais le rôle du théâtre n'est pas le même que celui des livres. Les acteurs doivent nous donner une version toute faite d'une pièce lors de laquelle l'imagination n'est pas sollicitée continuellement.

Une scène sans décor et des acteurs sans costumes enlèvent l'atmosphère théâtrale et le spectateur n'est plus captivé par l'action n'est plus captivé par l'action qui peut se passer à une autre époque, dans un lieu étranger. Il reste da ns la réalité : assis sur un fauteuil dans une salle avec des acteurs qui jouent sur scène. ainsi dans Le Cid de Corneille, le spectateur pour rentrer dans l'ambiance de cette tragi-comédie a besoin d'un décor évoquant la cour espagnole du dix-septième siècle. Lorsque Francis Huster l'a mis en scène, il n'y en avait pas et la compréhension était rendue plus difficile, le spectateur n'ayant sous les yeux que des planches de bois et un signe du vingtième siècle,

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