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Commentaire sur le poème Alcools de Guillaume Apollinaire

Note de Recherches : Commentaire sur le poème Alcools de Guillaume Apollinaire. Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  6 Janvier 2015  •  1 393 Mots (6 Pages)  •  1 653 Vues

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Alcools, dont le titre primitif était «Eau de vie» est paru en 1913. Ce poème est le second du recueil. Il date de 1912, époque de la rupture avec Marie Laurencin (peintre). « Le pont Mirabeau » a pour cadre Paris comme « Zone » qui le précède. Et il est suivi par la « chanson du mal-aimé » qui traite aussi du thème de la rupture amoureuse.

Ami des peintres Derain et Picasso, Apollinaire est sensible à la nouvelle esthétique cubiste. C’est cette modernité que l’on retrouve dans nos vers inscrits pourtant dans la tradition de la poésie amoureuse. C ‘est un poème de l’ambivalence : ancien et nouveau, un chant de la rupture, un poème qui possède la fluidité de l’eau et la fixité de la pierre.

Enfin, le cadre parisien et le pont symbolisent l’amour perdu.

Composition : 4 strophes de 3 décasyllabes dont le deuxième a été séparé en deux vers, l’un de 4 syllabes, l’autre de 6, ce qui crée un effet particulier de rythme lent et languissant, accentué par les deux heptasyllabes du refrain.

I. UN POEME CLASSIQUE ET MODERNE

1) Classique

-Apollinaire a choisi le grand vers lyrique : le décasyllabe. Chaque strophe se compose de trois vers aux rimes féminines suivies qui auraient du former un tercet.

-L’ensemble est composé comme une chanson avec son refrain sur l’amour malheureux et la fuite du temps.

-Le sujet (l’amour) est traditionnel.

-Certaines tournures présentent des formes archaïques «Faut-il qu’il m’en souvienne », « nos amours ». On peut remarquer l’ambiguïté du subjonctif « Vienne la nuit » qui peut correspondre soit à un souhait (que vienne l’heure du RDV) soit à une opposition (bien que l’heure vienne, je suis seul).

Cette ambivalence des mots et des constructions fait basculer le poème vers la modernité.

2) Moderne

-Le grand vers lyrique est rompu, brisé en deux (4+6), ce qui donne une rime masculine isolée, comme le poète. Le vers est à l’image de la rupture amoureuse.

-L’absence de ponctuation favorise la fluidité du poème et son ambiguïté en multipliant les sens possibles.

-Un calembour est composé par la diérèse « vi-o-lente » = vie-eau-lente et évoque la lenteur de la vie qui passe.

-« Comme », lui-même a plusieurs valeurs : adv. exclamatif, conj. de cause, temps, comparaison.

- Le poème est à l’image de ce Paris qui se transforme, qui se tourne vers la modernité, alors que la ville repose totalement sur le passé. D’autant que la pont Mirabeau était relativement récent pour l’époque d’Apollinaire : il a été construit entre 1893 et 1896. C’est un pont léger, bâti en métal, composé de trois arches et décoré de quatre statues (ville de Paris, abondance, génie du commerce, navigation). Il relie Grenelle à Auteuil, dans le XVIème arrondissement.

La capitale repose sur son histoire, et est tournée vers l’avenir = mélange tradition + modernité.

Nous allons voir que le même jeu suggère à la fois un temps immobile et circulaire, éternel et passager.

II. LE TEMPS QUI FUIT

1) Un présent éternel

- « Sous le pont Mirabeau coule la Seine » : Vérité générale, présent immuable. Répétition du vers comme un refrain : rassurant, immuable.

- Certains adverbes renforcent cette éternité : « toujours » ; les deux négations « Ni temps passé ni les amours reviennent » jouent le même rôle. Rien ne revient, tout s’échappe. Enfin nous avons les « éternels regards ».

_ Le pont est immuable, solide, inébranlable à l’opposé de cet amour perdu.

2 ) Le temps cyclique

-Le dernier vers et le premiers sont les mêmes : ils forment une boucle.

-Le refrain revient après chaque strophe et évoque le retour des heures.

-La temporalité est circulaire. Elle emprisonne le poète sur le pont pendant que l’heure tourne et que le fleuve coule.

« Je demeure » = je reste/réside/meurs.

Strophe 4 : Le dernier vers répète le premier vers du poème, évoque l’image du pont immobile et crée un effet de boucle qui se referme sur le début. Le temps passe dans le rythme de l’eau qui coule et, comme elle, il ne revient pas ainsi que l’amour heureux. La conjonction

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