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Commentaire Composé sur la pièce de théâtre Tartuffe de Molière, Acte III, Scène 3

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Par   •  20 Avril 2013  •  583 Mots (3 Pages)  •  2 288 Vues

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En quoi ce discours est-il blasphématoire ?

Dans ce passage nous voyons comment Tartuffe se comporte avec Elmire. Premièrement, notre attention est attirée sur la manière dont il décrit son portrait. Il utilise des termes esthétiques avec l’aide desquels on voit l’épouse d’Orgon comme une créature digne d’être honorée : « au plus beau des portraits », « il s’est peint » (v. 944), « il étale en vous ». Cette description nous permet d’imaginer Elmire comme une personne quasi-divine « des ouvrages parfaits que le Ciel a formés » (v. 936) « parfaite créature » (v. 941), « ô suave merveille » (v. 985). Cette pathétique tirade adressée à Elmire est renforcée par plusieurs hyperboles « ô beauté toute aimable » (v. 949), « ouvrages parfaits » (v. 936). Tartuffe continue de faire pleuvoir les compliments dans les vers 937-944. Le faux dévot essaie de plaire à Elmire en lui montrant ses sentiments « mon cœur se résolut » (v. 947), « c’est ce qui m’y fait abandonner mon cœur » (v. 952), « heureux, si vous voulez, malheureux, s’il vous plaît » (v. 960). Nous voyons le vrai visage de Tartuffe lorsqu’il parle à Elmire.

Sa tirade représente à la fois son attachement au plaisir matériel, voire même charnel, et en même temps reprend le lexique religieux. Il glorifie Elmire comme si elle était une déesse ou bien une image religieuse, mais simultanément son regard est attiré sur les traits corporels : « célestes appas » (v. 967), « charmants attraits » (v. 972). Ce mélange est bien représenté dès le début de sa tirade, lorsqu’il commence à parler de l’amour en mêlant les désirs mondains aux dévots. En ayant l'apparence d’un fidèle de Dieu, il se permet de suivre la voie de son corps. Cette voie le fait descendre sur le niveau des gens ordinaires qui obéissent à leurs sens. Il n’est plus guidé par la voix de la Providence, mais par ce que son propre corps lui dicte : « vous voir » (v. 941), « on vient à voir » (v.967), « j’en vis » (v. 973).

Tartuffe est exposé comme une personne contradictoire qui, d’un côté prononce un aveu à une femme, et de l’autre côté, il le fait en utilisant le lexique religieux : « jeûnes, prières, larmes » (v. 977), « tous mes vœux » (v. 978), « l’autel », « cœur sacrifie » (v. 994). Profitant encore une fois de la religion, il profile une défense en rappelant qu’il n’est qu’une simple créature de Dieu, un homme fait de chair et d’os, et donc sujet à l’erreur et à la tentation : « je n’en suis pas moins homme » (v. 966), « je ne suis pas un ange » (v. 970). Il laisse libre cours à ses sentiments en se réduisant à « néant » (v. 984) devant eux, en devenant un « esclave indigne » (v. 982). On doit comprendre ici que Tartuffe mime la dévotion avec naturel, par la force de l’habitude cela est devenu sa seconde nature. Cependant, cet ersatz, ou devrait-on dire, cette illusion de dévotion forme une certaine symétrie avec l’original : le faux dévot développe un amour pour la création de Dieu, ici Elmire, et non Dieu Lui-même ; l’idée du blasphème émerge avec évidence dans sa « dévotion » (v.986).

Toutefois ces élans d’amour blasphématoire sont emprunts d’une certaine maladresse, mûe par le contraste dessiné par un Tartuffe dévot imposteur, mais en même temps

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