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Proposition de corrigé du commentaire « Après trois ans » de Verlaine

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Par   •  19 Avril 2026  •  Commentaire de texte  •  1 391 Mots (6 Pages)  •  5 Vues

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Proposition de corrigé du commentaire « Après trois ans » Verlaine

       Poèmes saturniens est le premier recueil de poèmes publié par Verlaine, en 1866, sous l’égide du dieu Saturne, dieu romain de la Mélancolie. « Après trois ans » est un sonnet composé d’alexandrins, dans lequel le poète décrit un jardin qu’il a naguère fréquenté. Nous nous demanderons en quoi ce poème narratif et réaliste intrigue le lecteur par son apparente simplicité. Pour répondre à cette question, nous aborderons dans un premier temps le paysage en demi-teinte évoqué dans ce poème, puis nous analyserons la volonté de voir ce lieu sous le signe de l’intemporalité. Nous montrerons enfin que ce poème se construit autour d’une absence qui trouve toute sa place dans la section « Mélancholia ».

      Le poète parcourt « Le petit jardin » (v.2) qui s’apparente à bien des égards à un tableau impressionniste. Il est tout d’abord le lieu de sensations douces. Les yeux sont ainsi frappés de reflets lumineux, comme le démontre le champ lexical suivant : « éclairait, soleil » (v. 3), « pailletant, étincelles » (v. 4), termes par leur position au sein des vers diffusant la lumière dans le premier quatrain. Par ce jeu sur la lumière, Verlaine rappelle le travail des peintres impressionnistes qui s’intéressaient à son évolution au cours d’une même journée en peignant leur toile à différentes heures.  Outre la sensation visuelle, la perception auditive apparaît pour former une harmonie musicale. « Le murmure » (v. 7) de l’eau et « la plainte » (V. 8) du vent dans les arbres produisent un effet de sourdine accentué par la récurrence des assonances nasales :« argENtIN (7), trEMble (v.8), plAINte (8), sEMpiternelle (v.8) ». Les odeurs sont tout autant suggérées par l’évocation des « fleurs » (V.4) telles que les « roses » (V. 9) et « les lys » (V. 10). Quant au toucher, le lecteur peut deviner la sensation de fraîcheur perceptible à travers la mention de « la tonnelle » au V. 5, destinée à adoucir les rayons du soleil. Par conséquent, ce « jardin » est un refuge de sensations à la fois plaisantes et délicates.

L’harmonie dans ce tableau est telle que rien ne peut la troubler : s’établit en effet un équilibre entre la nature et l’artifice. Ainsi, dans ce « jardin », la nature n’est en aucun cas laissée à l’état sauvage. Aux éléments naturels « petit jardin » 2, « fleur » (v.4), « vieux tremble » (v.8), « roses » (v.8), « grands lys » (v.10), « alouette » (v.11) se mêlent des objets fabriqués par l’homme « chaises de rotin » (v.6), « Vélléda » (v.12) en une cohabitation harmonieuse. De même, la nature est parfois contrainte, mais cela, loin de nuire à son charme, y contribue : la vigne doit ainsi pousser de manière à former un abri « humble tonnelle » (V. 5), tout en demeurant « folle » ; l’eau, pour sa part, est soumise en tant que « jet d’eau » (V. 7) mais elle produit « un murmure argentin ». C’est donc la peinture d’une nature domestiquée. En outre, grâce aux personnifications, la nature prend des allures humaines : le nom « plainte » (V. 8) et l’adjectif « orgueilleux » (V. 10) attribuent respectivement des sentiments au « tremble » et aux « lys » ; quant aux « roses », elles « palpitent » comme si elles possédaient un cœur.

Enfin, ce décor sensuel se construit comme un tableau en perspective. La forme participiale au V.1 « ayant poussé » souligne le 1er plan sur lequel le regard du spectateur est invité à se poser. Une fois entré dans le tableau, le regard suit les lignes de fuite avec davantage de fluidité comme l’indiquent les enjambements du vers 2 sur le vers 3, du vers 5 sur le 6, du vers 7 sur le 8. « La Velléda » (V. 12) constitue le point de fuite : « au bout de l’avenue » (V. 13). Cette organisation en plans successifs ne déborde cependant pas le cadre exigu de la toile, comme le confirme le champ lexical de la petitesse : « étroite » (V. 1), « petit » (v.2), « humble » (v.5). La forme poétique du sonnet symbolise elle-même la clôture, le cadre puisque c’est un poème à forme fixe. Ainsi, c’est un tableau que le poète construit grâce à l’harmonie émanant de ce poème. Pourtant loin de rester extérieur en tant que spectateur, Verlaine va parcourir le jardin, donnant libre cours à ses sentiments.

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