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Explication linéraire sur Vénus anadyomène

Dissertation : Explication linéraire sur Vénus anadyomène. Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  3 Mai 2026  •  Dissertation  •  1 667 Mots (7 Pages)  •  2 Vues

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Explication linéaire “Vénus anadyomène”

Intro

En 1870, lorsque Arthur Rimbaud remplit son Cahier de Douai de ses poèmes, il n’a que seize ans. Encore tout rempli de ses modèles (Victor Hugo, Charles Baudelaire, Théodore de  Banville), il adopte volontiers leur style, leurs formes et leurs thèmes, mais le souffle de la révolte déjà le lance sur des voies novatrices. « Vénus Anadyomène », notamment, s’appuie sur la tradition mythique de Vénus sortant des eaux de la mer, peinte dans l’antiquité et à la Renaissance, par exemple par Botticelli, et encore plus récemment par Ingres. Mais dans son réalisme parodique, Rimbaud ici rappelle davantage les nus d’un Toulouse-Lautrec : c’est une prostituée qu’il peint dans ce sonnet d’alexandrins, qui invite ainsi à se poser la question de savoir dans quelle mesure il s’émancipe d’une tradition.

Comme un contre-blason, le sonnet suit la description du corps de la femme, de la tête au bas du dos, chaque strophe constituant une unité.

Problématique

Comment Rimbaud parodie-t-il le mythe de Vénus ?

Mouvements

1er mouvement (1er quatrain): Début de la description d’une femme qui émerge d’une baignoire

2ème mouvement (2ème quatrain): Une description monstrueuse du haut du corps de cette femme

3ème mouvement (1er tercet): Une description sensorielle du corps

4ème mouvement (2ème tercet): La description de la croupe, nous conduit à une chute satirique

 

Explication 

Le titre « Vénus Anadyomène » :

« Anadyomène » est un adjectif qualificatif signifiant « sortant des flots ». Le titre désigne le noble sujet mythologique de la naissance de Vénus. Il semble donc annoncer une œuvre des plus classiques dont l’enjeu sera de mettre en valeur l’incroyable beauté de la déesse. Evidemment, Rimbaud, d’emblée, s’attache à dégrader cette représentation et s’inscrit dans le registre burlesque.

1er quatrain:

Comme un cercueil vert en fer blanc, une tête

De femme à cheveux bruns fortement pommadés

D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,

Avec des déficits assez mal ravaudé

Ce quatrain commence la description de Venus par cette « tête/ De femme » dont l’apparition est mise en valeur à la rime grâce à un contre-rejet qui semble disloquer le corps de la femme. Le choix du mot si courant « tête » et l’utilisation de l’article indéfini « une » suggèrent la banalité de cette tête.

La mention des couleurs « vert », « blanc », « bruns », inscrit le poème dans la tradition picturale et rappele le tableau de Cabanel avec les couleurs de l’écume des vagues.

La comparaison de la « baignoire » à un « cercueil », le fait qu’elle soit « vieille » opèrent un renversement du mythe. L’apparition de Vénus est désormais associée à la mort, et non à la naissance de cette dernière.

Le verbe « émerger » rappelle par son étymologie le mythe de Vénus qui est née des eaux de mers : Mais ici en guise de mer, comme nous l’avons vu précédemment, il ne s’agit que d’une simple « baignoire »

La vulgarité et la laideur de cette Vénus contrastent avec la blondeur et la pureté traditionnelles de la déesse. Par la description détaillée d’éléments physiques « cheveux bruns fortement pommadés » « lente et bête »,Rimbaud amorce le contre-blason de cette Vénus repoussante ;  Elle a des « cheveux bruns » au lieu d’être blonde. Alors que dans les tableaux, ses cheveux flottent au vent, ils sont ici « pommadés », ce qui nous donne l’impression que sa chevelure est huileuse, sale. L’utilisation du mot « déficits » suggère des défauts physiques, presque à la façon d’un euphémisme. Il suggère ici qu’avec le temps, cette Venus n’est plus jeune et belle, mais une vieille femme, qui baigne dans une « vieille baignoire ».

Le regard traditionnellement pensif et doux de la déesse est remplacé par un air « bête ». D’ailleurs les mots « tête » et « bête », sont associés à la rime, ce qui renforce encore plus l’impression que cette femme manque d’intellectuel.

« avec des déficits assez mal ravaudés » le complément circonstanciel de manière fait douter le lecteur sur ce qui est défini = est-ce la baignoire ou la femme.

Il faut enfin remarquer que Rimbaud prend ici une liberté par rapport à la mise en place des rimes : le ABBA classique (embrassé) est remplacé par ABAB (croisé).

→ Rimbaud décrit l’émergence de la tête d’une femme, pour nous proposer un portrait peu flatteur de cette femme depuis le haut jusqu’au bas de son dos.

2ème quatrain :

Puis le col gras et gris, les larges omoplates

Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;

Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor ;

La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

Le blason se prolonge avec une énumération des diverses parties du corps au fur et à mesure qu’elles émergent de la baignoire, selon une organisation rigoureuse, du haut vers le bas

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