Analyse linéaire Manon Lescaut
Commentaire de texte : Analyse linéaire Manon Lescaut. Recherche parmi 303 000+ dissertationsPar iker.mercier • 26 Février 2026 • Commentaire de texte • 950 Mots (4 Pages) • 18 Vues
Français 1ère | Texte BAC 7 | Objet d’étude 2 |
Le septième tome des Mémoires d’un homme de qualité de l’abbé Prévost a échappé à l’oubli où est tombé le reste de l’œuvre puisqu’il contient l’Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, héros éponymes qui comptent parmi les amants les plus célèbres de la littérature. Ce roman publié en 1731 met en effet en scène une passion fatale dont l’issue ne peut être que tragique. Le récit est conduit par Des Grieux, quelques années après la disparition de Manon. Après de sulfureuses aventures dans une société parisienne corrompue, les amants ont échoué en prison. Manon est déportée à la Louisiane avec un convoi de filles de mauvaise vie. Des Grieux suit sa maîtresse. Il la voit bientôt mourir d’épuisement dans le désert où ils ont dû fuir à la suite d’un duel dont elle était la cause.
(Lecture du texte)
[pic 1][pic 2]
Comment le récit douloureux de l’enterrement de Manon constitue-t-il un ultime hommage amoureux ?
Nous pouvons découper cet extrait en 3 mouvements. De la ligne 1 à 5, Des Grieux évolue de la prostration à l’action. De la ligne 5 à 19, Des Grieux raconte une scène d’ensevelissement de Manon. De la ligne 19 à 27, Des Grieux retourne à l’état de prostration initial.
Mouvement 1 : De la prostration à l’action | |||
Lignes | Procédés | Exemple | Analyse |
l.1 | Indication temporelle hyperbolique | « plus de vingt-quatre heures » | La précision temporelle amplifiée montre que Des Grieux reste figé dans la douleur. Le temps semble suspendu. Cette durée anormale traduit la sidération et l’incapacité à agir immédiatement. |
l.1-2 | Lexique du contact physique | « la bouche attachée sur le visage et sur les mains » | L’amour est présenté comme fusionnel et presque vital. Le verbe « attachée » suggère une dépendance physique, comme si Des Grieux ne pouvait se détacher du corps de Manon. |
l.2 | Lexique affectif + possessif | « ma chère Manon » | L’adjectif « chère » et le possessif renforcent l’intimité et le registre lyrique. La scène est centrée sur l’amour. |
l.2 | Expression du désir de mort | « Mon dessein était d’y mourir » | Le mot « dessein » suggère une intention réfléchie : il ne s’agit pas d’une impulsion mais d’une volonté réelle de mourir. La tragédie est intérieure. |
l.2 | Connecteur d’opposition | « mais je fis réflexion » | Rupture décisive : la raison reprend le dessus sur la passion. On passe de la protestation à l’action. |
l.4 | Champ lexical animal / dégradation | « pâture des bêtes sauvages » | Vision violente et dégradante du corps. L’image choque et justifie moralement la décision d’enterrer Manon. |
l.4 | Verbe de décision volontaire | « Je formai la résolution » | Expression forte de la volonté. Malgré la douleur, Des Grieux agit. Cela donne une dimension héroïque à son geste. |
l.5 | Expression du sacrifice | « attendre la mort sur sa fosse » | Amour absolu : il veut mourir auprès d’elle. La fidélité est totale. |
Mouvement 2 : La scène d’ensevelissement de Manon | |||
Lignes | Procédés | Exemple | Analyse |
l.6-7 | Champ lexical de l’affaiblissement | « affaiblissement », « douleur », « efforts » | Le corps est épuisé. La scène devient pathétique. Cela renforce la grandeur du geste : il agit malgré la faiblesse. |
l.9 | Champ lexical religieux | « triste office » | L’enterrement est assimilé à une cérémonie religieuse. Des Grieux devient officiant. Il sacralise Manon. |
l.10 | Décor désertique | « campagne couverte de sable » | Isolement total. La nature est hostile et vide, ce qui accentue la solitude tragique du héros. |
l.10-11 | Geste symbolique fort | « Je rompis mon épée » | L’épée symbolise le chevalier. La briser signifie la perte de son identité héroïque. C’est une chute symbolique. |
l.11-12 | Dévalorisation | « moins de secours que de mes mains » | Il n’est plus un chevalier armé mais un homme démuni. L’héroïsme est remplacé par l’effort humain. |
l.12 | Hyperbole amoureuse | « l’idole de mon cœur » | Manon est divinisée. L’amour devient idolâtrie, excessif et absolu. |
l.14 | Hyperbole | « embrassée mille fois » | L’exagération souligne l’intensité du sentiment et la difficulté de la séparation. |
l.15 | Ralentissement narratif | « Je m’assis… Je la considérai longtemps » | Le rythme se ralentit pour souligner l’hésitation et la douleur avant l’acte final. |
l.16 | Négation d’impuissance | « Je ne pouvais me résoudre » | Refus psychologique d’accepter la mort. Le conflit intérieur est visible. |
l.16 | Connecteur conclusif | « Enfin » | Mot clé du basculement. Il accepte l’irréversible. |
l.18 | Expression du définitif | « pour toujours » | Marque de l’irréversibilité. La séparation est absolue. |
l.18 | Métaphore maternelle | « dans le sein de la terre » | La terre devient une mère protectrice. Image douce qui atténue la violence de la mort. |
l.18-19 | Éloge funèbre | « plus parfait », « plus aimable » | Manon est sublimée par la mort. La scène devient un hommage. |
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