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Une Si Longue Lettre

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Par   •  11 Juillet 2013  •  4 049 Mots (17 Pages)  •  4 349 Vues

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FICHE DE LECTURE

Une si longue lettre

I - L’auteur

Mariama Bâ est née le 17 avril 1929 à Dakar. A la mort de sa mère, encore toute jeune, Mariama est élevée dans un milieu musulman traditionnel par ses grands-parents maternels. Sa grand-mère l’a fortement influencée en ce qui concerne le respect des valeurs ancestrales et le rejet de l'influence française. Par contre, son père, maire de Dakar puis ministre de la santé, initie sa fille aux valeurs du libéralisme et contre l’avis des grands-parents, il inscrit Mariama Ba à l’Ecole Française. Elle intègre l’Ecole Normale des jeunes filles de Rufisque en 1943 et en 1947, diplôme d’institutrice en main, Mariama Bâ enseigne pendant douze ans puis travaille à l’inspection régionale. En outre, elle se marie avec le député Obèye Diop puis ils divorcent et elle se remarie deux fois, ayant alors en tout neuf enfants.

Elle devient militante associative pour les droits de la femme comme elle le dit : « Je suis membre de ''Amicale Germaine Legoff". Je suis aussi membre du Soroptimiste International, Club de Dakar. Je suis membre également du Cercle Fémina qui est une association de solidarité. » Elle milite également pour l’éducation pour tous, s'appuyant par son expérience d’institutrice. Elle devient membre de la Fédération des associations féminines du Sénégal.

Sûre de ses engagements littéraires et intellectuels pour les causes et thèses féministes et pour le progrès social, Mariama Bâ publie son premier roman, Une si longue lettre, qui reçoit le prix Noma en 1980 lors de la foire du livre de Francfort. Mariama Bâ décède en 1981 des suites d’un cancer, soit uniquement 2 ans après la publication d’Une si longue lettre mais aussi à la veille de la publication de son second et dernier roman, Le chant écarlate, ce qui fait d'elle une figure de la littérature africaine majeure mais au destin littéraire écourté.

II - Le titre

Une si longue lettre est un titre symbolique en ce sens que le recours à l’adverbe de quantité « si » et à l’adjectif qualificatif « longue » témoigne de l’importance du message contenu dans cette lettre tout en invitant le lecteur à une profonde réflexion sur le sens de cette correspondance.

III - La première de couverture

Dans ce roman, la Première de Couverture retient notre attention, et nous prodigue une sorte de décharge, si une fois l’image est toute conforme ou du moins se rapproche à son contenu. Une femme noire, un voile à la tête, laquelle penchée sur un bout de papier et un stylo à la main, fait glisser subtilement notre conscience vers un exercice d’écriture. S’agit-il d’une lettre où l’on revient aux détails de toute une histoire et qui rend compte de sa longueur d’où son appellation ? Dans tous les cas, l’image, les gestes, la couleur, se rapprochent chacun d’une expression particulière d’un fait réel. Le teint de la femme frappe en matière d’appartenance raciale, la couleur noire reste la métaphore de l’Afrique, plus particulièrement celle subsaharienne. Le port du voile est à la fois un attribut et une exigence chez la femme pour la religion musulmane, mais aussi relève du fond classique des atours de la femme traditionnelle sénégalaise. Le stylo à la main ne contredit guère le statut de femme instruite, donc une véritable expression de l’adhésion à l’école française et un signe d’adhérence tant soit peu à ses valeurs. Le nom de l’auteur rejoint la revendication de l’appartenance ethnique, peule, et familiale, Ba. Ordonner sa vraie vie par une telle appartenance peut-il être sans conséquences notoires ? En réalité toutes ces impressions constituent des axes multidimensionnels d’hypothèse de lecture.

IV - La quatrième de couverture

Comme dans plusieurs romans, celui de Mariama Ba contient plusieurs informations dans la quatrième de couverture. Elle nous informe sur l’auteur, sa vie et surtout sur l’œuvre de manière générale. D’abord nous avons de larges informations sur l’auteur : « Née en 1929 au Sénégal, issue d’une famille musulmane elle obtient son diplôme de titularisation en 1947. En 1980 elle obtient le prix NOMA grâce à ce roman. Mariée au député Obèye Diop, elle meurt en 1981. » Tout cela est appuyé par une photo de l’auteur où elle est présentée en vraie femme africaine : habillée avec un tissu traditionnel et surtout un foulard à la tête. Cette photo de la narratrice est pleine de symboles. C’est le reflet de la femme africaine surtout musulmane. Ensuite dans cette partie du roman, nous pouvons lire quelques appréciations faites du livre. Au fait, ces informations ou appréciations tirent l’attention du lecteur sur l’essentiel de l’œuvre de manière générale : le contenu, le style. Enfin nous pouvons découvrir dans cette partie de l’œuvre, l’essentiel de la fortune du roman et donc ce qu’elle a valu à son auteur Mariama BA.

V - Edition et publication

Le roman est publié en 1979 chez Le Serpent à Plumes et édité en 2006 chez NEAS.

VI - Le genre littéraire

Une si longue lettre est un roman épistolaire dans la mesure où nous avons un récit en prose sous forme de correspondance dans lequel l’auteur dresse un tableau sombre des mœurs de la société sénégalaise. Ainsi, le texte apparaît aussi comme un roman de mœurs qui est un reflet de la vie sociale sénégalaise.

VII - La composition de l’œuvre

Une si longue lettre est un roman composé de vingt et sept chapitres repérables à première vue, cependant tous sans titre. La plus grande distinction de cette œuvre se trouve dans sa structure discontinue. Les événements rapportés par la narratrice ne se suivent point selon l’ordre des dates. Insistons sur cet aspect. Des éléments sont représentés en opposition à la logique chronologique, c’est-à-dire, suivant l’ordre inverse. La vie de couple de Ramatoulaye avec son mari Modou Fall n’est pas rapportée dans l’élan de la vie ou de l’existence. La narratrice commence d’abord par annoncer la mort de son époux, d’exposer sur tous les événements funèbres, relater les cérémonies de dépouillement des biens du défunt avant de revenir sur leur parcours : de la première rencontre vers l’aspiration d’un mariage tout en passant au crible l’ensemble des obstacles qui se sont dessinés. Plus tard, elle expose sur le processus de fiançailles de Mawdo Ba avec la petite

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