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Pour Apprécier Un Roman, Un Lecteur A-t-il Besoin De S'identifier Au Personnage Principal Et De Partager Ses Sentiments ?

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Par   •  4 Décembre 2012  •  1 913 Mots (8 Pages)  •  4 702 Vues

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Corpus

Ce corpus est composé de trois extraits de romans présentant des scènes de meurtre. Le premier est l’assassinat de Camille dans Thérèse Raquin de Zola, chef de file du naturalisme. L’extrait du roman La Condition Humaine (1933) d’André Malraux évoque les pensées du jeune Tchen sur le point de commettre un homicide. Le dernier extrait a été écrit par Albert Camus dans L’Étranger et relate le meurtre commis par le personnage principal, Meursault. Ces trois crimes prennent place dans des lieux très différents. Quel est rôle de la description de la nature dans les trois extraits ?

Les trois meurtres se déroulent à des moments différents de la journée. Le texte A et B relatent des meurtres durant la nuit. Laurent, l’amant de Thérèse, assassine Camille au « crépuscule » lorsque les « rayons pâlissent ». Dans le texte B, Tchen se trouve dans la chambre de sa victime pour le tuer dans son sommeil, durant « cette nuit écrasée d’angoisse ». L’heure donne aussi une indication « Minuit et demi ». La nuit permet au meurtrier de cacher son crime qui a été prémédité. Au contraire, Meursault, dans le texte C, tue son opposant en plein jour (répétition du mot « soleil »). Ce crime n’a pas cherché à être dissimulé : c’est un crime impulsif.

De plus, une autre caractéristique de la nature est présente dans les trois textes : le silence. Dans les extraits A et B, on observe une diminution des bruits extérieurs à la scène du crime. Dans Thérèse Raquin, le canot de la victime et des meurtriers s’éloigne au fur et à mesure des rives : il s’éloigne de la vie, symbolisée par les chants des canotiers, et s’engouffrent entre deux îles où un silence mortel règne. Dans La Condition Humaine, Les klaxons des voitures de la ville laissent place au silence, ce qui rassure Tchen, terrorisé à l’idée de combattre des « ennemis éveillés ». Ainsi, on peut dire que dans les deux textes, le silence encourage le meurtrier a perpétrer son acte criminel. Contrairement aux textes A et B, le texte C présente au départ un lieu silencieux et calme, où le seul bruit est le bercement des vagues. Mais au fil du texte, le silence est rompu : Meursault entend ses veines battre « sous sa peau » et les « cymbales » du soleil. Enfin, les coups de feu terminent l’extrait et sont des bruits courts et assourdissants comme les battements du cœur ou les cymbales. Ainsi, dans cet extrait, c’est plutôt la montée du bruit et la rupture du silence qui encouragent le meurtre.

Enfin, dans les trois textes, la nature a des conséquences sur les personnages. Chez Zola, la nature est un précurseur du crime. On remarque la présence du champ lexical de la mort avec « brûlée », « les souffles plaintifs de désespérances » et les « linceuls ». De plus, l’importance des suffixes « âtre » donne une connotation péjorative aux couleurs : « rougeâtre », « blanchâtre ». Dans le texte de Malraux, la lumière accentue la vie de la victime (« comme pour en accentuer […] la vie ») et donc angoisse Tchen. Ce dernier est angoissé –« écrasée d’angoisse »- et en même temps « stupéfait du silence ». Dans l’extrait de Camus, l’atmosphère de cette plage est étouffante. La répétition du mot « brûlure » montre la position délicate du narrateur. La chaleur et le soleil entraînent son aveuglement et donc la pression sur la détente. Donc, la nature est présentée comme une complice du meurtre et parfois la meutrière elle-même comme chez Camus.

Ainsi, ces extraits présentent une nature différente, deux univers maritimes et un univers de ville, mais qui est tout le temps complice du meurtre d’une façon plus ou moins concrète.

Dissertation

L’identification est l’assimilation d’un caractère d’un personnage par le lecteur qui le prend à son insu comme un modèle. Lorsqu’un lecteur s’identifie à un personnage, il partage ses sentiments car il comprend ses décisions et tout ses ressentis face à une situation.

En quoi l’identification au personnage principal n’est-elle qu’un élément pour apprécier un roman ? Nous dirons d’abord que l’identification est souvent présente dans les romans et quelles techniques la permettent. Nous verrons ensuite que l’identification n’est pas toujours possible et qu’il existe d’autres éléments du roman qui peuvent le faire apprécier par le lecteur.

Il est vrai que dans de nombreux romans, le lecteur peut s’identifier au personnage principal, tout d’abord grâce à la description de son caractère. Le lecteur peut donc retrouver des valeurs communes avec le personnage principal et prendre ses actes comme pour des actions exemplaires. Ainsi Perceval, personnage d’un roman de Chrétien de Troyes –Perceval ou le conte du Graal-, est un héros courageux, courtois, loyal et honnête à la fin du récit. Dans ce roman, le lecteur suit l’évolution du personnage, surtout de son caractère. Alors qu’au début Perceval est un personnage naïf, ignorant et grossier, il acquiert toutes les qualités d’un chevalier grâce à l’éducation que lui donne son « précepteur », Gornemant de Gort. De même, le roman éducatif, Alice aux pays des merveilles, est aussi un bon exemple : lorsqu’une petite fille (ou garçon) lit les aventures d’Alice, héroïne du même âge qu’elle, elle veut forcément lui rassembler. Elle s’identifie donc à son insu à Alice. Mais ce n’est qu’après, lorsque la lectrice a grandi qu’elle comprend tous les messages contenus dans ce livre éducatif : apprendre à ne pas répéter ses erreurs, devenir prudente et prévoyante. Toutes ces qualités que l’héroïne développe lors de son voyage initiatique, le lecteur averti peut les acquérir en lisant le livre.

Ensuite, l’identification peut être permise grâce à l’utilisation du point du vue interne. Le narrateur adopte un point de vue (ou focalisation interne) quand il s’efface derrière un ou plusieurs de ses personnages, et raconte l’histoire à travers leur regard ou s’exprime au « je ». C’est le cas des autobiographies, comme Mémoires D’Outre-tombe, écrit par Chateaubriand. La narration d'évènements personnels, voire intimes,

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