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DM Histoire Des Voyages De Scarmentado

Note de Recherches : DM Histoire Des Voyages De Scarmentado. Recherche parmi 240 000+ dissertations

Par   •  18 Novembre 2012  •  1 958 Mots (8 Pages)  •  2 710 Vues

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DM. STT. Argumenter : l’apologue.

Documents

A Voltaire, Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui même, 1756

B Voltaire, Lettre à Monsieur le comte d'Argental, 27 mars 1762

Questions

1) Explicitez la leçon de l'extrait de Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui même. Quels passages vous permettent plus particulièrement de la trouver? (3 POINTS)

2) Quels liens peut-on établir entre ce conte et la lettre de Voltaire au comte d'Argental (document B)? Appréciez la différence de registres entre les deux textes. Quelle différence y a-t-il entre les personnages mentionnés dans ces deux textes? (3 POINTS)

Écriture

Sujet I: Commentaire

Vous ferez le commentaire des lignes 25 à 51 (« Ensuite vint une armée... de quitter ce pays tout beau qu’il est.»). Vous vous appuierez sur les pistes suivantes:

1. Vous analyserez le pittoresque de la description et du récit.

2. Vous étudierez les marques de l’ironie.

3. Vous déterminerez les différentes cibles de la dénonciation de Voltaire.

Sujet II: Dissertation

Quels intérêts présente la forme du conte dans le combat des idées ou la critique d’une société? Appuyez votre réponse sur le corpus ci-dessous et sur d'autres contes que vous connaissez.

Sujet III: Écriture d'invention

Transposez l'Histoire des voyages de Scarmentado au XXIe siècle et racontez-en un épisode. Vous garderez le ton de Voltaire, vous respecterez les caractéristiques du conte philosophique et vous soulignerez les travers de notre monde qui vous paraissent les plus graves.

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DOCUMENT A

Le jeune Scarmentado, au cours de son voyage autour du monde, fait l'expérience de l'intolérance, de l'injustice et de la tyrannie.

J'allais en Hollande, où j'espérais trouver plus de tranquillité chez des peuples plus flegmatiques. On coupait la tête à un vieillard vénérable lorsque j'arrivai à la Haye. C'était la tête chauve du premier ministre Barneveldt, l'homme qui avait le mieux mérité de la république. Touché de pitié, je demandai quel était son crime, et s'il avait trahi l'État. « Il a fait bien pis, me répondit un prédicant à manteau noir ; c'est un homme qui croit que l'on peut se sauver par les bonnes oeuvres aussi bien que par la foi. Vous sentez bien que, si de telles opinions s’établissaient, une république ne pourrait subsister, et qu'il faut des lois sévères pour réprimer de si scandaleuses horreurs.» Un profond politique du pays me dit en soupirant: « Hélas! monsieur, le bon temps ne durera pas toujours; ce n'est que par hasard que ce peuple est si zélé; le fond de son caractère est porté au dogme abominable de la tolérance, un jour il y viendra: cela fait frémir. » Pour moi, en attendant que ce temps funeste de la modération et de l'indulgence fût arrivé, je quittai bien vite un pays où la sévérité n'était adoucie par aucun agrément, et je m'embarquai pour l'Espagne.

La cour était à Séville, les galions1 étaient arrivés, tout respirait l'abondance et la joie dans la plus belle saison de l'année. Je vis au bout d'une allée d’orangers et de citronniers une espèce de lice immense entourée de gradins couverts d’étoffes précieuses. Le roi, la reine, les infants, les infantes, étaient sous un dais superbe. Vis-à-vis de cette auguste famille était un autre trône, mais plus élevé. Je dis à un de mes compagnons de voyage: «À moins que ce trône ne soit réservé pour Dieu, je ne vois pas à quoi il peut servir.» Ces indiscrètes paroles furent entendues d'un grave Espagnol, et me coûtèrent cher. Cependant, je m'imaginais que nous allions voir quelque carrousel ou quelque fête de taureaux, lorsque le grand inquisiteur2 parut sur ce trône d’où il bénit le roi et le peuple.

Ensuite vint une armée de moines défilant deux à deux, blancs, noirs, gris, chaussés, déchaussés, avec barbe, sans barbe, avec capuchon pointu, et sans capuchon; puis marchait le bourreau; puis on voyait au milieu des alguazils3 et des grands environ quarante personnes couvertes de sacs sur lesquels on avait peint des diables et des flammes. C’étaient des juifs qui n'avaient pas voulu renoncer absolument à Moïse, c’étaient des chrétiens qui avaient épousé leurs commères, ou qui n'avaient pas adoré Notre-Dame d'Atocha, ou qui n’vaient pas voulu se défaire de leur argent comptant en faveur des frères hiéronymites4. On chanta dévotement de très belles prières, après quoi on brûla à petit feu tous les coupables; de quoi toute la famille royale parut extrêmement édifiée.

Le soir, dans le temps que j'allais me mettre au lit, arrivèrent chez moi deux familiers5 de l'Inquisition avec la sainte Hermandad6: ils m’embrassèrent tendrement, me menèrent, sans me dire un seul mot, dans un cachot très frais, meublé d’un lit de natte et d'un beau crucifix. Je restai là six semaines, au bout desquelles le révérend père inquisiteur m’envoya prier de venir lui parler: il me serra quelque temps entre ses bras, avec une affection toute paternelle; il me dit qu'il était sincèrement affligé d'avoir appris que je fusse si mal logé; mais que tous les appartements de la maison étaient remplis, et qu'une autre fois il espérait que je serais plus à mon aise. Ensuite il me demanda cordialement si je ne savais pas pourquoi j'étais là. Je dis au révérend père que c'était apparemment pour mes péchés. « Eh bien, mon cher enfant pour quel péché? parlez moi avec confiance. » J'eus beau imaginer, je ne devinai point; il me mit charitablement sur les voies.

Enfin je me souvins de mes indiscrètes paroles. J’en fus quitte pour la discipline et une amende de trente mille réales. On me mena faire la révérence au grand inquisiteur: c’était un homme poli, qui me demanda comment j'avais trouvé sa petite fête. Je lui dis que cela était délicieux, et j'allai presser mes compagnons de voyage

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