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Commentaire sur le poème la mort des amants de Charles Baudelaire

Mémoire : Commentaire sur le poème la mort des amants de Charles Baudelaire. Recherche parmi 240 000+ dissertations

Par   •  5 Décembre 2011  •  1 760 Mots (8 Pages)  •  2 329 Vues

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Charles Baudelaire, poète du XIXe siècle, né en 1821 et mort en 1867, totalement incompris de ses semblables et spleenétique tente par tous les moyens de s'enfuir de la réalité.

Ainsi, dans son recueil de poèmes parut en 1857, les fleurs du mal, l'architecture même de cette œuvre, qui fit l'objet d'un procès, tend à chercher des échappatoires à la souffrance par : l'art, l'amour, la communication humaine dans le cadre de la ville, le vin, la révolte...

Mais toutes ces tentatives sont imparfaites, car humaines, et se soldent plus ou moins par des échecs. C'est pourquoi, pour le poète « maudit » qu'est Baudelaire, qui se sent exilé sur terre, a choisit la seule évasion possible et qui ne serait pas pure illusion c'est bel et bien la mort. Ainsi, dans un XIXe siècle très puritain et croyant, où la mort, sujet tabou, doit être tu, éloignée de la vie, Baudelaire, marginal, lui consacre une section entière, qu'il place d'ailleurs en apothéose à la fin de l'ouvrage !

Une fois de plus, la modernité de la vision de Baudelaire est incontestable. En effet, dans la poésie classique, la mort est quelque chose de sinistre et de menaçant la plupart du temps, et qui pousse chacun à profiter de la vie. Tout au contraire, Baudelaire, fasciné par le trépas, semble l'appeler comme une délivrance. Ainsi « la mort des amants » est un sonnet moderne, en décasyllabes et au registre lyrique, qui ouvre cette section sur la mort présentée comme un idéal.

Mais comment et pourquoi Baudelaire tisse-t-il des liens entre l'amour, sujet traditionnel et poétique, et sa vision très moderne de la mort ?

Dans un premier temps nous verrons une vision positive et particulière de la mort, puis dans un second temps nous verrons la correspondance de la mort et de l'amour.

Tout d'abord, réunir la mort et l'amour est un défi que Baudelaire relève admirablement en s'aidant d'une dimension onirique. Car malgré les champs lexicaux qui s'opposent, ces deux extrêmes cohabitent très bien en ce poème où tout est joué.

Ainsi, le champ lexical de l'amour, de la volupté, composé de termes tels que « lits »,

« Divans profonds », « fleurs », « rose », et « cœurs » suggère une atmosphère douce, intime.

La mort fait régner, elle, une ambiance froide et triste grâce à des mots tels que « tombeaux », « long sanglot », « adieux », « miroirs ternis » et « flammes mortes ». Mais de nombreux termes peuvent être compris à double sens, ne faisant que suggérer la mort sans jamais vraiment la dévoiler pendant les deux quatrains. Ainsi, les « lits » peuvent tout aussi bien être un lieu amoureux que des lits mortuaires. Les « étranges fleurs », « les flambeaux » peuvent aussi faire référence à un enterrement... Mais il ne s'agit là que de très fins sous-entendus, qui, sans porter atteinte au caractère paisible du sonnet, unissent de façon étroite ces termes sur lesquels il est même possible de faire un jeu de mots significatifs : la mort,

« amor » ou amour en latin !

De plus, aux vers deux, la comparaison entre aimer et mourir est explicité par le comparatif

« Comme » rapprochant les « divans profonds », des « tombeaux ». Des rimes singulières sont également révélatrices. En effet, faire rimer « tombeau » avec « beau » ou « dernière » avec « lumière », ou encore « adieu » avec « joyeux » constitue de véritables antiphrases pour le commun des mortels !

Mais Baudelaire ose remettre en question les conceptions classiques et n'hésite pas à rapprocher l'éclair unique qu'est la fusion amoureuse et le « long sanglot » qui annonce la mort grâce au comparatif « comme » au vers onze.

Ce point cette communion, ces points communs et même cette similarité entre l'amour et la mort ne sont d'ailleurs pas si surprenants que cela.

Car ne dit-on pas que l'amour est une « petite mort » de par la perte de sa propre identité en l'autre ?

Mais, sans sa part de rêve et de mystère, ce poème ne parviendrait pas à fondre de manière aussi intense l'amour et la mort. En effet, de grandes brumes oniriques flottent tout autour de ce sonnet et Baudelaire quitte complètement l'aspect prosaïque de l'existence pour s'envoler vers les cieux en une perfection poétique et stylistique. De ce fait par les suggestions et les images incessantes qu'il met en place, le poète place ainsi « la mort des amants » sous le signe d'un symbolisme naissant ainsi, l'adjectif « étrange » pour désigner les fleurs souligne les différences qui subsistent entre la mort et la vie, plaçant cette mort sous le signe de l'incompréhension et du …. De même les vers dix et onze :

« Nous échangerons un éclair unique,

Comme un long sanglot tout chargé d'adieu. »

Sont très énigmatiques et l'emploi de l'adjectif « mystique » alourdit encore le mystère.

De plus, la musicalité du poème et l'assonance de nasales avec des termes tels

« tombeau », « étrange », « usant », « seront », « flambeaux » créent une profondeur, une douceur et une ambiance

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