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Commentaire sur Julie de Chatillon l'héroïne du roman La condition humaine de Balzac

Fiche de lecture : Commentaire sur Julie de Chatillon l'héroïne du roman La condition humaine de Balzac. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  5 Octobre 2014  •  Fiche de lecture  •  2 103 Mots (9 Pages)  •  365 Vues

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Le sujet

Vous ferez le commentaire de ce texte.

Dans cet extrait, Julie de Chatillon, l'héroïne du roman, et son père assistent à la dernière parade commandée par Napoléon avant son départ en campagne. Nous sommes en 1813.

"Le soleil du printemps, qui jetait profusément sa lumière sur les murs blancs bâtis de la veille et sur les murs séculaires, éclairait pleinement ces innombrables figures basanées qui toutes racontaient des périls passés et attendaient gravement les périls à venir. Les colonels de chaque régiment allaient et venaient seuls devant les fronts que formaient ces hommes héroïques. Puis, derrière les masses carrées de ces troupes bariolées d'argent, d'azur, de pourpre et d'or, les curieux pouvaient apercevoir les banderoles tricolores attachées aux lances de six infatigables cavaliers polonais, qui, semblables aux chiens conduisant un troupeau le long d'un champ, voltigeaient sans cesse entre les troupes et les curieux, pour empêcher ces derniers de dépasser le petit espace de terrain qui leur était concédé auprès de la grille impériale. À ces mouvements près, on aurait pu se croire dans le palais de la Belle au bois dormant. La brise du printemps, qui passait sur les bonnets à longs poils des grenadiers, attestait l'immobilité des soldats, de même que le sourd murmure de la foule accusait leur silence. Parfois seulement le retentissement d'un chapeau chinois, ou quelque léger coup frappé par inadvertance sur une grosse caisse et répété par les échos du palais impérial, ressemblait à ces coups de tonnerre lointains qui annoncent un orage. Un enthousiasme indescriptible éclatait dans l'attente de la multitude. La France allait faire ses adieux à Napoléon, à la veille d'une campagne dont les dangers étaient prévus par le moindre citoyen. Il s'agissait, cette fois, pour l'Empire français, d'être ou de ne pas être. Cette pensée semblait animer la population citadine et la population armée qui se pressaient, également silencieuses, dans l'enceinte où planaient l'aigle et le génie de Napoléon. Ces soldats, espoir de la France, ces soldats, sa dernière goutte de sang, entraient aussi pour beaucoup dans l'inquiète curiosité des spectateurs. Entre la plupart des assistants et des militaires, il se disait des adieux peut-être éternels ; mais tous les cœurs, même les plus hostiles à l'empereur, adressaient au ciel des vœux ardents pour la gloire de la patrie. Les hommes les plus fatigués de la lutte commencée entre l'Europe et la France avaient tous déposé leurs haines en passant sous l'arc de triomphe, comprenant qu'au jour du danger Napoléon était toute la France. L'horloge du château sonna une demi-heure. En ce moment les bourdonnements de la foule cessèrent, et le silence devint si profond, que l'on eût entendu la parole d'un enfant. Le vieillard et sa fille, qui semblaient ne vivre que par les yeux, distinguèrent alors un bruit d'éperons et un cliquetis d'épées qui retentirent sous le sonore péristyle du château."

Balzac, La Femme de trente ans, chapitre 1, 1842.

Le corrigé

fleche-rouge Introduction

Au XIXe siècle, un mouvement littéraire prend l'ascendant : c'est le réalisme. Loin de l'idéalisation, la mission de l'écrivain est maintenant de rapporter la réalité, de plonger le lecteur dans une époque réelle décrite de façon détaillée et a priori objective. Le roman devient une sorte de "miroir" de la société, de l'homme. Balzac est ainsi l'un des maîtres de cet art et déclare vouloir "faire concurrence à l'état civil" avec ses œuvres regroupées dans La Comédie humaine. Son roman La Femme de trente ans plonge le lecteur dans le XIXe siècle en peignant la vie rocambolesque de Julie de Chatillon. Publié en 1842, l'ouvrage révèle le réalisme de l'auteur et ce notamment lorsqu'il décrit une cérémonie officielle précédant le départ des troupes de Napoléon en campagne dans le premier chapitre. Mais comment ce texte traduit-il la manière dont Balzac aborde la légende napoléonienne ? Dans une première partie, nous verrons que Balzac décrit la scène et son atmosphère en détail. Puis nous étudierons l'évolution du statut des spectateurs avant de voir comment l'auteur exprime son engagement pour Napoléon.

I – La description réaliste d'une cérémonie officielle et publique

A - Une cérémonie en grande pompe

La cérémonie est solennelle.

– Elle attire beaucoup de gens dans l'enceinte du palais des Tuileries → étymologie de "multitude" : du latin multus, qui signifie nombreux.

– Tous les corps de l'armée sont présents → champ lexical de l'armée : "colonels", "cavaliers", "grenadiers" (soldats d'élite), "régiments".

– Les soldats sont habillés en tenue traditionnelle de combat, rappelant le caractère officiel de la manifestation → énumération : "les troupes bariolées d'argent, d'azur, de pourpre et d'or", cela suggère un certain éclat.

– Le silence domine dans la population et parmi les soldats → l'oxymore du "sourd murmure de la foule" révèle une austérité et permet de palper une certaine tension + la métaphore du "palais de la Belle au bois dormant" pour désigner le palais impérial exprime également l'idée de calme.

– Le moment est grave, car les enjeux de la campagne militaire sont importants → l'euphémisme des "adieux [...] éternels" pour évoquer la mort renvoie à cette réalité.

B - La discipline militaire perceptible

Les régiments suivent une disposition particulière et très rigoureuse.

– Les soldats se regroupent dans des "fronts", des "masses" ou des "régiments" → indications spatiales pour marquer les différents plans : les "six infatigables cavaliers polonais" se trouvent "derrière les masses de ces troupes", "les colonels" sont "devant les fronts".

– On distingue la hiérarchie militaire → les "colonels" = officiers supérieurs chargés de

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