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Commentaire Sur le roman Les Chouans d'Honoré de Balza

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Par   •  7 Mai 2012  •  1 761 Mots (8 Pages)  •  578 Vues

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Remarque préliminaire La question préalable prenait toute son importance pour guider le candidat dans la définition de son parcours de lecture : les mots clés du sujet « Dans quelle mesure ces portraits prennent-ils appui sur le réel, dans quelle mesure le transposent-ils ? » invitaient à examiner le réalisme du texte ainsi que son évolution vers le fantastique. Je tenais à signaler également que certains candidats se sont trompés en voulant opposer l’irréel au réel. L’irréel est un fait qui n’existe pas, Ici, les termes qui permettaient d’exprimer la différence étaient surnaturel, occulte, caché… En effet, il convient de rappeler que le registre fantastique tire sa force de la présence marquée du monde ordinaire dans lequel se produit une irruption brutale de l’irrationalité. Ces faits, pour être inexplicables, n’en sont pas moins avérés. Pour que le fantastique puisse développer ses troubles plaisirs, il faut que le lecteur accepte la possibilité qu’un monde parallèle déroutant et cruel apparaisse en certaines occasions. Introduction Ce texte est le portrait d’un étrange personnage. Il est tiré de la nouvelle de Balzac, Le Chef-d’œuvre inconnu, qui relate les aventures fictives de personnages inventés ou historiques, comme Nicolas Poussin et maître Porbus, appartenant de près ou de loin au monde des artistes peintres du XVIIe siècle. Il s’agit ici d’un texte descriptif constituant une pause dans le récit. Balzac nous présente la première rencontre avec celui qui va se révéler le véritable héros de l’histoire, le peintre Frenhofer, épris d’absolu et torturé par cet élan mystique. La tonalité première est évidemment réaliste en raison de la précision et de l’accumulation des détails. Pourtant très vite, Balzac suggère que cette apparence riche et soignée pourrait cacher des forces obscures, ce qui nous fait passer au registre secondaire fantastique. Cet extrait est caractéristique des nouvelles fantastiques mises à la mode par les auteurs romantiques qui se sont inspirés des Contes d’Hoffmann, en ce début du XIXe siècle. L’intérêt du texte est d’intriguer le lecteur. En effet nous nous demandons qui est ce personnage ambigu : se révélera-t-il un adjuvant ou un opposant dans les événements qui ne vont pas manquer de se produire ? Dans un premier temps Balzac se livre au portrait en mouvement d’un riche vieillard. Cet étrange personnage inquiète le jeune homme qu’il croise. C’est que les caractéristiques du lieu favorisent l’ambiguïté. Développement A – Le portrait en mouvement d’un riche vieillard La scène se déroule dans une cage d’escalier. La rencontre est vécue selon le principe du défilé. Un personnage immobile voit arriver vers lui un marcheur qui s’approche jusqu’à ce que les regards puissent se croiser avant que le passant ne s’éloigne dans l’autre sens. Nicolas Poussin voit « monter » un « vieillard ». Ce qu’il peut percevoir en cet instant est l’habillement du visiteur. Notons alors une focalisation interne car le personnage rencontré est vu, apprécié par le jeune peintre. Ce dernier relève de loin deux caractéristiques majeures : la « bizarrerie » et la « magnificence » de la tenue. En d’autres termes, il relève la richesse et la beauté des habits, mais aussi leur aspect suranné. Ce qui frappe le jeune peintre est le rabat de dentelle ouvragée (cité deux fois), le « pourpoint noir » et la « lourde chaîne d’or ». Le visiteur porte de manière ostentatoire des objets de prix en même temps qu’appartenant au goût vestimentaire d’une autre époque. Ces signes extérieurs de richesse en même temps que l’allure décidée sont immédiatement interprétés : ce vieillard ne peut être qu’un « protecteur ou l’ami du peintre ». En effet quel personnage distingué pourrait accepter de venir se perdre dans la compagnie d’artistes sans être lui-même un admirateur désintéressé ou mieux un mécène éclairé ? L’importance du personnage est soulignée par un rythme ternaire, signe d’équilibre, qui en impose au jeune peintre en quête de notoriété : « la bizarrerie de son costume », « la magnificence de son rabat de dentelle » et « la prépondérante sécurité de la démarche ». Il n’est pas étonnant que par déférence un peu obséquieuse ou impressionnée, le jeune homme s’écarte pour laisser le passage à son aîné. Il est alors dans d’excellentes dispositions à l’égard du visiteur en « espérant trouver en lui la bonne nature d’un artiste (ce qui renvoie indirectement à la fierté ambitieuse du jeune peintre) ou le caractère serviable des gens qui aiment les arts (ce qui suggère avec malice l’arrivisme du futur auteur des Bergers d’Arcadie, selon Balzac) ». B – qui inquiète Nicolas Poussin, les traits démentent l’allure générale Lorsque le vieillard passe devant lui, Nicolas peut dévisager son homologue. Les traits relevés démentent inexplicablement la première impression favorable. Le jeune homme se comporte en artiste en manifestant sa « curiosité », c’est-à-dire son attrait pour ce qui sort de l’ordinaire, ce coup d’œil perspicace prompt à dégager la nouveauté. Dans cette conduite, Balzac prête à son personnage une conception artistique plus romantique que classique. À son tour, il se coule dans ce goût pour le bizarre mis à la mode par Hoffmann et approfondi plus tard par Baudelaire. L’artiste a su repérer ce « quelque chose de diabolique » repris par le « je ne sais quoi qui affriande ». L’expression insiste sur deux aspects : le charme indéfinissable qui permet de prolonger l’attente

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