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Commentaire Littéraire sur un Extrait De L'Ensorcelée (p.247-247 De « Je Ne Me Souviens Pas ... » à « Qui Ne Se La Rappelle Pas ») (roman) de Barbey D'Aurevilly

Dissertation : Commentaire Littéraire sur un Extrait De L'Ensorcelée (p.247-247 De « Je Ne Me Souviens Pas ... » à « Qui Ne Se La Rappelle Pas ») (roman) de Barbey D'Aurevilly. Recherche parmi 236 000+ dissertations

Par   •  2 Décembre 2011  •  882 Mots (4 Pages)  •  4 627 Vues

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Commentaire littéraire

Faites un commentaire littéraire d’un extrait de l’Ensorcelée de Barbey d’Aurevilly (p.247-247 de « Je ne me souviens pas … » à « qui ne se la rappelle pas »).

L’extrait de l’Ensorcelée (œuvre de Barbey d’Aurevilly publiée entre 1852 et 1854), ici présenté comme un récit qui clôt le roman, retrace l’origine de la légende de l’Abbé de la Croix-Jugan. Alors que Pierre Cloud raconte la façon dont il a surpris le défunt abbé en pleine messe, on distingue nettement dans son récit des nuances fantastiques, religieuses et régionales. Comment Barbey d’Aurevilly s’y prend-il pour faire de cette scène une scène fantastique ?

Nous verrons dans un premier temps les nuances régionales et l’aspect religieux de cet extrait puis dans un second temps les éléments propices au fantastique.

Barbey d’Aurevilly, dans cet extrait comme dans l’intégralité de son œuvre l’Ensorcelée, choisit de conserver le patois normand (« épanté », « choeuret », « ardé », « vironnaient », « foui », « esquelette » … ). La conservation du vocabulaire normand apporte ici un aspect véridique au récit tout en laissant au conteur ses particularités régionales. Par ce choix, l’auteur exprime son amour pour la Normandie ainsi que son respect pour la tradition orale qui permet de rester fidele à la légende et à l’esprit de sa région.

Dans cette scène, Pierre Cloud surprend l’Abbé de la Croix-Jugan, pourtant décédé, donnant la messe à d’invisibles fidèles. La véracité de cette scène se construit par le respect des rites religieux. En effet, l’abbé, seul à l’autel de l’église de Blanchelande (« il n’y avait que lui à l’autel »), commence l ‘ « Introïbo » et sonne « lui-même les clochettes d’argent ». Par la suite, il va, comme à la messe de Pâques où il fut tué, réciter le « Kyrie eleison » ainsi que le « Dominus vobiscum » et se tourner face aux fidèles, ici inexistants. Il va ensuite « marmotter sa prière », en respectant toujours les principes de la messe (« se répondant toujours et sonnant aux endroits où il fallait sonner »).

Le vocabulaire ainsi que l’ordre des rites correspondent exactement à l’engouement religieux de ce récit, et apportent une sorte de mystification de l’abbé. Ils lui donnent un caractère sacré, accentué par les phrases exclamatives et le regard de Cloud quand à cette scène indescriptible (« mais j’étais endiablé de voir jusqu’au bout… et je regardais ! », « Vère ! i n’ savait pus ! » ) .

On peut donc dire que la religion et le régionalisme sont deux notions non négligeables dans cette scène, et qu’elles aident à la constitution du fantastique.

Le fantastique de cette scène n’est pas entièrement subjectif. Les circonstances, le lieu, le moment et la réaction du témoin fondent l’aspect fantastique de la scène. Le récit se passe dans une église, la nuit, un caractère sacré apparaît donc au début de la scène. La vision de Pierre Cloud, qui a auparavant abusé sur l’alcool, est donc une vision troublée de la scène.

L’Abbé de la Croix-Jugan est avant tout un mort, un revenant de l’au-delà, au physique atrocement abimé, comparable

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