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Étude d'un extrait issu du conte philosophique Histoire d’un bon bramin de Voltaire

Note de Recherches : Étude d'un extrait issu du conte philosophique Histoire d’un bon bramin de Voltaire. Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  1 Mars 2013  •  492 Mots (2 Pages)  •  2 444 Vues

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 Ce texte est un apologue : le but est d’instruire le lecteur et de le faire réfléchir

 Le cadre de l’histoire est exotique : il se passe en Inde (l.2 « bramin », « polygamie » l.3 « trois belles femmes », l.5 « une vieille Indienne »), volonté de l’auteur de donner un caractère plaisant et dépaysant à son histoire, typique des contes philosophiques …

 Il met en scène deux personnages principaux qui sont très simplement définis et très stéréotypés :

- Le bramin, riche et instruit (l.1-2 : « homme fort sage, plein d’esprit et très savant », « il était riche », « ne manquant de rien »), vivant dans une maison (l.5) « belle, ornée et accompagnée de jardins charmants ».

Le bramin est un idéal intellectuel de la pensée des Lumières : l.33 « philosophe », toutes les questions que se pose le Bramin correspondent également aux préoccupations des Lumières, de Voltaire : l’existence de Dieu, les questionnements métaphysiques…

- La voisine indienne bigote (esprit limité : pratique terre à terre de la religion, sans réflexion), imbécile, assez pauvre (l.6 : « bigote, imbécile et assez pauvre »), l.35 : « aussi sot que ma voisine », l.29-30 « elle n’avait jamais réfléchi un seul moment de sa vie sur un seul des points qui tourmentaient le bramin », l.33 : « pauvre créature », l.34 : « un vieil automate qui ne pense à rien ».

La vieille Indienne incarne l’ignorance et l’obscurantisme qu’on combattu les Lumières : l.30-31 « elle croyait aux métamorphoses de Vitsnou de tout son cœur »

 La science du Bramin le rend malheureux :

ses recherches l’ont amené à découvrir ses limites et celles de l’intelligence humaine et prendre conscience de son ignorance. Ce sentiment est facteur de malheur (lexique du malheur)

 A l’inverse la bêtise de la vieille la préserve de ces doutes et la maintient dans un état de bonheur insouciant

 La confrontation des deux personnages permet de mettre en évidence dans le conte une première réflexion sur le bonheur inattendu : contrairement aux idées reçues ce conte suggère que l’exercice de la raison peut conduire les hommes au malheur car ils prennent conscience des limites de son esprit, à l’inverse la vieille ignore son ignorance.

 Cette réflexion est plus originale si on la replace dans le contexte de la pensée des Lumières. En effet cette pensée est fondée sur l’idée que la raison/l’intelligence est ce qui permettra aux hommes de sortir de l’obscurantisme et de progresser dur la voie de l’épanouissement et du bonheur. Voltaire dément en quelque sorte cette vision.

 Seconde réflexion sur le bonheur, tout aussi troublante : même si l’intelligence peut nous priver du bonheur, nous la préférons toujours à la bêtise : nous sommes donc prêts à lui sacrifier le bonheur.

Conclusion : Tout le monde convient alors que la raison contribue au mal-être et qu'il faut être sot pour être heureux, tout en constatant qu'ils ne souhaitent pas d'un tel bonheur.

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