Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai (1870)
Commentaire d'oeuvre : Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai (1870). Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar Philippe32 • 3 Mai 2026 • Commentaire d'oeuvre • 333 Mots (2 Pages) • 3 Vues
Fiche œuvre
Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai (1870)
Deux cahiers, 15 et 7 poèmes, chronologiques, écrits à l’âge de 15 ans, publiés beaucoup plus tard.
La forme privilégiée est le sonnet (mais aussi ballade, ode, etc.)
Dans la forme comme dans le fond, l’essentiel chez Rimbaud est le mélange détonnant entre l’enfant et le génie.
C’est un lycéen et c’est sensible dans tout ce qu’il fait : il est d’une part influencé par ses études (le Hamlet de Shakespeare dans « Ophelia », etc.), les œuvres latines, et les grandes références historiques comme Victor Hugo ou Baudelaire qu’il imite avec un esprit farceur (« Vénus anadyomène » est lié à « Une charogne » de Baudelaire).
Mais dans la forme et le vocabulaire : il fait exploser le vers (plus que les Romantiques) et invente des mots (beaucoup d’audaces, de néologismes : «abracadabrantesque, etc.) des rejets étonnants, des alliages surprenants de mots (vocabulaire familier ou jeux de mots, mélange de mots savants et de mots presque vulgaires ou potaches, voire à connotation sexuelle) ou de structures qui semblent à la limite entre une folle audace de lycéen et le génie poétique.
Les thèmes également peuvent être vus à travers ce mélange :
- la critique politico-sociale qu’on peut relier à Hugo (« Souvenirs de la nuit du 4 ») est aussi le rejet moqueur et impertinent de la figure bourgeoise vue par un adolescent pauvre (« Les Effarés », « Roman », « A la musique », « Le Châtiment de Tartufe ») voire la critique de la guerre par celui qui ne se voit pas la faire (« Le Dormeur du val »).
- Sa farouche indépendance le pousse à fuguer, mais il adoucit cette révolte dans ses poèmes tout en s’inspirant de ses fugues, faisant comme si la nature pouvait tout résoudre, tout soigner (« Ma Bohème »).
- Il mélange lyrisme et autodérision dans ses poèmes où il traite de la rencontre amoureuse (« Roman ») avec une certaine indulgence pour ses semblables.
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