La liberté exclut-elle l'obéissance ?
Dissertation : La liberté exclut-elle l'obéissance ?. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar Jijiventure • 16 Avril 2026 • Dissertation • 2 300 Mots (10 Pages) • 11 Vues
DISSERTATION DE PHILOSOPHIE
Sujet : « La liberté exclut-elle l’obéissance ? »
Dans la pensée populaire, la liberté est souvent définie comme l’absence de toutes
contraintes extérieures, ou encore la possibilité de pouvoir faire tout ce que l’on veut. On voit
alors qu’elle est incompatible avec l’obéissance, puisque que cette dernière implique le fait de
se soumettre et de suivre la volonté d’autrui. On ne peut, à première vue, pas faire ce que l’on
veut sans contrainte si on est contraint de suivre les choix que nous dicte quelqu’un ou quelque
chose. On n’agit pas de manière indépendante si nos comportements sont influencés par des
règles, des normes, une autorité, autrui... Cette définition de liberté semble donc à première
vue exclure l’obéissance.
Ainsi, pour être libre, il faudrait n’obéir à rien et être complètement indépendant. Mais
cela est-il possible ? N’obéit-on pas à nos propres désirs lorsque l’on fait tout ce que l’on veut ?
Il paraît alors difficile d’être libre dans ces conditions selon cette définition. Il faudrait pouvoir
concilier liberté et obéissance. On peut donc se demander si la liberté s’oppose réellement à
toutes formes d’obéissance, ou si, au contraire, elle n’est pas définie par un certain type
d’obéissance. Ainsi, quand est-ce que l’obéissance entrave la liberté, et quand lui est-elle
nécessaire ?
Dans un premier temps, on justifiera que la liberté peut être opposée au principe
d’obéissance qui consiste à se soumettre à une contrainte, une volonté extérieure à la nôtre.
Dans un second temps, on verra que l’obéissance ne signifie pas seulement se soumettre, mais
aussi parfois choisir volontairement de suivre une règle ou un précepte, et donc d’exercer sa
liberté.
On part du principe populaire que la liberté signifie faire ce que l’on veut, sans
contrainte ni obstacle qui s’opposent à notre volonté. En bref, agir par soi-même uniquement
selon notre propre volonté. Alors, l’obéissance exclut naturellement la liberté, puisqu’obéir est
un acte de soumission qui consiste à se plier à un ordre ou à une prescription, donc une volonté
extérieure à la nôtre et qui peut s’opposer à la nôtre.
Ainsi, le travail, la vie en société, la morale qui imposent aux hommes des obligations
dans nos sociétés ne sont en fait que des entraves à notre liberté. Bien que l’obligation implique
un choix, celui de suivre le principe auquel elle est rattachée, on voit bien qu’elle peut
restreindre l’exécution de nos désirs. On pense par exemple à l’obligation de payer ses impôts.
Certaines personnes n’éprouvent pas l’envie de donner une partie de leur argent à l’État, mais
s’ils ne le font pas, ils risquent des sanctions économiques, voire pénales. Cette dissuasion les
pousse à agir contre leurs désirs qui est de garder tout leur argent. On voit ici que les normes
sociétales, en l’occurrence la loi, empêche les individus de faire tout ce qu’ils veulent. Elle
limite donc, selon notre définition, leurs libertés. Cette thèse est notamment défendue par
Kalliclès, dans son débat avec Socrate, écrit par Platon dans Le Giorgas. Il pense en effet que
les règles en société n’ont été instituées par les « faibles d’esprit » que pour empêcher les
« forts » de parvenir à la liberté. Ces normes, morales et lois, vont à l’encontre du principe du
droit du plus fort, qui laisse les personnes les plus fortes (les « forts d’esprit ») assouvir tous
leurs désirs, et donc jouir de la véritable liberté.
De plus, l’obéissance restreint la liberté puisqu’elle entraine une dépendance à
quelqu’un d’autre que soi-même. Si la liberté signifie faire tout ce que l’on veut,
indépendamment des autres, on ne peut pas être libre si on doit suivre les ordres de quelqu’un.
On n’est plus libre de ces choix. On peut penser à l’armée, avec l’exemple historique des
tirailleurs sénégalais de la Première Guerre mondiale par exemple. Mobilisés directement
depuis le Sénégal, ces individus devaient devenir soldats et obéir aux ordres de la hiérarchie.
Comme pour tous les soldats, ils étaient tenus d’obéir sans quoi ils étaient lourdement
sanctionnés. Certains hommes sénégalais se retrouvaient ainsi à devoir obéir à des ordres
totalement contre leurs volontés (se séparer de leurs familles et pays, tuer d’autres hommes,
vivre dans des conditions de vie extrêmement insalubres pendant une durée prolongée). On voit
bien ici un exemple où l’obéissance nie la liberté, car la nécessité d’obéir prive les individus de
la capacité de faire leurs propres choix et les rends dépendants d’autres personnes (ici la
hiérarchie militaire) pour décider à leur place.
Toutefois, faire tout ce que l’on veut, si cela revient à s’affranchir de toute
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