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Étude de document HISTOIRE

Étude de cas : Étude de document HISTOIRE. Recherche parmi 272 000+ dissertations

Par   •  12 Mai 2018  •  Étude de cas  •  1 709 Mots (7 Pages)  •  1 018 Vues

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Marie REBEYROL                                                                                              TES        

Étude de document 1 :

        En mai 1968, la France se trouve plongée dans une crise politique qui fait vaciller le pouvoir exécutif. Pendant près d’un mois, les rues de Paris sont le théâtre de manifestations violentes tandis que le pays est paralysé par un mouvement de grève générale à partir du 17 mai. Dans ce contexte, les Français cherchent à s’informer. Pour ce faire, ils disposent de la presse papier mais aussi de la télévision et des radios.

Le dessin au crayon de Wolinski publié dans le journal satirique l'Enragé en juin 1968 montre bien le ressenti des manifestants face au contrôle de l'État sur les médias et sur la liberté d'expression. En effet les étudiants en ont marre et le transmettent par les dessins et les slogans, c'est le seul moyen de se faire entendre face au monopole de l'État sur les médias.

        Quel rôle les médias ont-ils eu durant la crise de mai 1968 ?

Après avoir rappelé le contexte de la crise de 1968, nous verrons la réponse du gouvernement, de Charles de Gaulle, face à cette crise, pour finalement analyser la réaction des manifestants, et principalement des étudiants face à l'indifférence de l'État vis à vis de la révolte.

        La France étudiante de mai 68 est révoltée contre une France trop traditionnelle. Le monde avance, alors pourquoi pas la France. Voilà ce qui trotte dans la tête des jeunes français. Les institutions sont usés et les français souhaitent du renouveau et le pouvoir très personnel du vieux général est victime d'une usure. Les années 60 se caractérisent par de multiples grèves et manifestations afin d'instaurer de nouvelles valeurs, de nouveaux comportements et de nouvelles lois. On cherche à innover socialement et l'État ne semble pas suivre ce mouvement. L'arrivée des baby-boomers de l'après-guerre à l'âge adulte accentue ce besoin de renouveau dans la société française. En effet les étudiants sont les acteurs premiers du mouvement. La démocratisation et l'essor démographique gonflent les effectifs universitaires. Il n'y a ni assez de locaux, ni assez de maîtres, empêchés de tenir meeting dans leur établissement, les étudiants se rendent à La Sorbonne d'où ils sont délogés par la police. Ce recours démesuré entraîne l'appel à la grève général de l'UNEF. La colère étudiante s'amplifie. Les lycées se mettent à leur tour à la grève et l'État ne fait rien. Le malaise d'une génération s'exprime par de violentes manifestations surtout parisiennes et surtout autour du quartier latin dans la nuit du 10 au 11, Paris retrouve les barricades de la Révolution. Il y a le refus d'une société technocratique, ressentie comme répressive, qui parle de liberté et de fraternité mais repose surtout sur le conformisme et où règnent les inégalités sociales.

Et l'État ne  semble pas du même avis.

        La politique française de mai 68 est une politique d'après guerre. Après plusieurs vingtaines d'années la France semble toujours se reconstruire. Avec de Gaulle au pouvoir la France reste immobile, le pouvoir très personnel du vieux général est victime d'une réelle usure. Les institutions vieilli et la société paraît figé alors que la jeunesse française s'ennuie et veut changer les choses, elle veut la modernité et plus de liberté. Mai 68 est donc d'abord une révolte dont le gouvernement et notamment le général de Gaulle ne perçoivent pas au début qu'elle cristallise un changement profond de la société. Après avoir cru éteindre les premières manifestations étudiantes en fermant les universités parisiennes le mouvement étudiant se transforme rapidement en révolte dans la rue. Parallèlement à la réponse policière le gouvernement cherche à contrôler les enjeux politiques de mai 68 en utilisant les médias officiels pour neutraliser les voies de l'opposition. Les médias officiels, telles que la télévision et la radio, sont un monopole d'État réunis au sein de l'ORTF, qui s'efforce de disqualifier le mouvement. Le gouvernement utilise son pouvoir sur les médias pour critiquer les révoltes et contrôler la parole. Il fait en sorte que les manifestants soient décrits comme des gens dévergondés et irresponsables, considérant que les jeunes n'ont même pas vécu la guerre et  qu'ils ne sont même pas en âge de voter. Il les dénoncent pour ne pas respecter les traditions, et donc pour ne pas respecter ni les traditions ni leurs ainés. Cette information officielle est bien caricaturée dans le dessin de Wolinski où le contrôle de l'État sur les médias est assimilé à, par sa marche, au pas cadencé d'un soldat. La télévision est symbolisée par des jambes terminer par des bottes militaires qui peuvent aisément rappeler celles des CRS, que les étudiants assimilent à l'État oppresseur ( cf le slogan « CRS égal SS » ). La télévision n'est donc pas indépendante, c'est un monopole de l'État. Les médias privés étaient parfois censurés de sorte que seules les informations propices au gouvernement étaient diffusées. L’objectif du gouvernement est d’éviter à tout prix la propagation du conflit et d’échauffer les esprits. Les débats, même ceux de l’hémicycle, sont censurés lorsque le président de séance le juge utile. L’usage par les radios des voitures émettrices fut interdit et les fréquences coupées par le ministère de l’Intérieur. « Pour l'ORTF, vous reprenez les choses en main, vous mettez les trublions à la porte et puis voilà » ordonne fermement Charles de Gaulle à son ministre de l'information, Georges Gorse. L'État prive donc les Français d'une liberté d'expression puisqu'il ne montre que la crise d'un point de vue qui l'avantage, même si cela implique d'exagérer ou d’amoindrir les faits, voir de licencier des journalistes moins complaisants. Par exemple, le 10 mai 1968, la censure du magazine d'information télévisé Panorama, consacrant un reportage à la contestation étudiante, sert de révélateur à la crise, ce qui entraînera de plus en plus de critiques envers l'État et son omniprésence dans les médias.

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