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Commentaire D'un Document Historique A Modest Enquiery Into The Nature Of Witchcraf

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Par   •  10 Mai 2013  •  3 416 Mots (14 Pages)  •  641 Vues

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Introduction

À partir de la deuxième moitié du Moyen-Âge, l’Église perd beaucoup de son influence au profit du pouvoir temporel, notamment avec les querelles des Investitures et le schisme d’Occident. Ce déclin explique pourquoi, aux Temps Modernes, cette institution tente par plusieurs moyens de reprendre le contrôle qu’elle a perdu. Suite à l’émergence du protestantisme, les Églises catholiques et protestantes tenteront de prouver leur légitimité au détriment de leur adversaire en se purifiant au maximum. La sorcellerie, « l’exercice malveillant de pouvoirs surnaturels présumés, surtout de la part d’une femme, attribué à une association avec le diable ou des esprits maléfiques » (trad. de l’auteur) , était hautement réprimandée par les tribunaux des collectivités. L’apogée de la chasse aux sorcières se produit entre les XVIe et XVIIe siècles dans l’Europe ainsi que dans ses colonies. En Amérique du Nord, l’hystérie collective face à cette hérésie la plus connue est celle de Salem où 19 sorcières ont été exécutées. Le document analysé est une citation tirée du livre Les sorciers. L’extrait sera tout d’abord présenté, suivi d’une mise en contexte qui servira, par la suite, à l’analyser et le critiquer.

Analyse du document

Présentation du document

John Hale est un homme brillant qui a étudié à Harvard pour ses études universitaires. Révérend à temps plein, John Hale a aussi été le Premier ministre de la «Paris Church» de 1667. Le livre A Modest Enquiery Into the Nature of Witchcraft que Hale a écrit résume les évènements qui se sont produit à Salem en 1692 lorsque plusieurs femmes et quelques hommes ont été convoqués devant un tribunal pour avoir pratiqué la sorcellerie. C’est d’ailleurs de ce livre que M. Centini a pris son extrait. Le livre original, paru en 1702, réfère à plusieurs jurisprudences, aux sortes de consignes et aux procédures, qui doivent être faites lors d’une mise en accusation pour sorcellerie. Le Révérend était considéré comme un expert dans le domaine des sorcières et les autorités avaient besoin d’aide, car à cette époque, ils ne comprenaient pas bien le cas des sorcières de Salem et plusieurs phénomènes inexpliqués qui s’y étaient produits. Il a été convoqué pour donner son opinion à partir de son expérience sur les causes d’une situation incompréhensible concernant deux enfants qui présentaient des signes de démence. La présence d’un révérend illustre bien que l’Église, qui est au cœur de ce phénomène, est très présente et s’acharne sur la chasse aux sorcières. L’extrait du document choisi rapporte des faits produits lors d’un procès contre une sorcière dans lequel John Hale témoignait et qui a, par la suite, servi d’exemple pour les procès suivants.

Mise en contexte

Selon la Genèse, c’est au sixième jour que Dieu créa les animaux domestiques, les reptiles et le jardin d’Éden. Durant ce même jour, Il créa à partir de la poussière, Adam, un homme à Son image. C’est à partir d’une côte de celui-ci qu’il créa Ève. Cette création « tardive » de la femme à partir d’une partie de l’homme démontrait, au Moyen Âge, qu’elle était une imperfection de l’homme. De plus, c’est Ève qui amena le Mal dans le monde en tentant Adam du péché originel, ce qui les fit quitter le paradis. La femme était donc vue comme un être inférieur à l’homme car elle à un désir sexuel insatiable, enfante dans la douleur et est la cause de la Chute. Elle a tenté Adam, l’homme à l’image de Dieu et de la nature, du fruit interdit ; ce qui légitime la dominance de l’homme sur la femme. Comme c’est Ève qui est à l’origine du Mal dans le monde, ses descendantes sont vues comme des « démons domestiques », des ennemies de l’Église et de la collectivité puisqu’elles sont responsables de tous les maux. Selon Michel Dion, professeur à l’Université de Sherbrooke, elle est identifiée, au Moyen Âge, comme l’ « être-pour-le-mal », car sa destinée est d’amener ainsi que de faire croître le Mal et le péché dans le monde en plus de s’allier avec Satan. Cette alliance avec le diable s’explique de plus d’une façon. D’une part, à cause de sa perversion, la femme va jusqu’à copuler avec Satan, causant ainsi l’adultère et la sorcellerie. D’une autre part, elle est dotée d’un esprit « léger » et d’une moins grande intelligence que l’homme, ce qui la rend plus susceptible de douter et de renier sa foi, allant même jusqu’à pactiser avec Satan. Comme c’est vers celui-ci que se tournent les femmes en raison de leurs faiblesses, cela fourni une explication à la perpétuation du mal et à l’omniprésence du diable dans le monde. Cette représentation péjorative de la femme durant les XIIIe et XVe siècles explique en partie pourquoi 90% des personnes accusées de sorcelleries étaient des femmes.

Le phénomène de la chasse aux sorcières s’explique à l’aide de quatre causes. Tout d’abord, la grande majorité de la population croit fermement à l’existence des sorcières et à ses méfaits (voler la nuit et manger des enfants). La survivance de ces croyances païennes et mythologiques fait en sorte que les sorcières font partie intégrante de la réalité, ce qui explique les malheurs du monde. Il faut savoir que la chasse aux sorcières commence vers la fin du Moyen Âge, période où la population souffre de la guerre, de la peste et de la famine. Cette période de calamités s’étendant sur trois siècles, le peuple a besoin d’avoir un coupable, et ce coupable est la sorcière. Aussi, à partir de la fin du Haut-Moyen-Âge, l’Église éprouve plusieurs difficultés et se heurte au pouvoir temporel. Ces différentes querelles mèneront, par exemple, à la réforme grégorienne et au tribunal de l’Inquisition. La réforme du Pape Grégoire VII, dans le but de reprendre son influence et le contrôle de son institution, lutte contre la simonie et le nicolaïsme des prêtres : « […] les autorités de l’Église ont durci leurs exigences en matière de célibat ecclésiastique, ils ont ainsi fait de la femme un danger moral pour l’ensemble des clercs. » De plus, le tribunal ecclésiastique de l’Inquisition agit comme la police de l’Église : il lutte contre les hérésies afin d’assurer la sécurité des fidèles. Au départ, il n’y avait que ce tribunal qui jugeait les sorcières. Comme mentionné plus haut, la grande majorité croit aux activités diaboliques de la sorcellerie, même les juristes laïques. C’est ainsi que les tribunaux locaux traduiront eux-aussi les sorcières en justice. C’est eux qui ont la pleine

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