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Discours De Bayeux

Mémoire : Discours De Bayeux. Recherche parmi 236 000+ dissertations

Par   •  8 Mars 2012  •  3 799 Mots (16 Pages)  •  1 272 Vues

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L’installation de la IVème République a été, en raison des circonstances, complexe et laborieuse puisqu’elle a même comporté un faux départ avec le projet de constitution du 19 avril 1946. Au moment du prononcé du Discours de Bayeux, la France abandonne, purement et simplement, les institutions de la IIIème République afin d’en créer de nouvelles compte tenu de la rupture qui est intervenue en fait dans la continuité républicain. En effet, d’une part la IIIème République souffre de discrédit que fait peser sur elle l’effondrement de 1940 mais d’autre part, le souvenir de l’instabilité gouvernementale qui la caractérisait conduit à penser qu’il faut profiter de l’interruption pour mettre en place des institutions mieux adaptées. Pour cela le Général de Gaulle et le GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française) jouissant d’une telle audience dans la France qu’ils pourraient exercer leur choix en toute liberté, préfèrent néanmoins user du moyen le plus démocratique que sont le référendum et les élections prévus le 21 octobre 1945. Les électeurs ont toute confiance en la personne du Général de Gaulle et répondent positivement à ses questions ce qui conforte la position du président du GPRF. Quant aux élections, elles voient le triomphe des trois grands partis (Parti communiste, Parti socialiste, Mouvement républicain populaire) qui obtiennent les trois quarts des suffrages et se partagent les quatre cinquièmes des sièges. Conformément à la loi constitutionnelle du 2 novembre 1945, dont, à l’expérience, les Français mesurent mieux la sagesse, il est procédé à l’élection d’une seconde Assemblée constituante chargée d’élaborer un nouveau projet de constitution. Entre les élections et la formation du gouvernement, le Général de Gaulle a fait connaitre ses vues constitutionnelles dans un discours prononcé à Bayeux, le 16 juin 1946, qui a un grand retentissement.

Tout d’abord, la ville de Bayeux n’est pas une ville déterminée au hasard. En effet, Bayeux fut occupée par les troupes allemandes du fait de sa proximité des côtes qui en faisait une zone stratégique de protection des côtes. Bayeux est sortie comme miraculée des conflits de la dernière guerre. Elle fut libérée dès le 7 juin 1944, le lendemain du Débarquement de Normandie par les troupes britanniques débarquées sur la plage Gold. Sa préservation, au cours des combats de juin 1944, en font aujourd'hui l'unique ville conservée intacte pour tout le département du Calvados. Elle devint un refuge pour les blessés victimes des bombardements de la Bataille de Normandie. Bayeux fut capitale de la France pendant quelques jours, le gouvernement y installe son siège provisoire (dans l'actuelle sous-préfecture). À peine débarqué sur le sol français, à Courseulles-sur-Mer, le Général de Gaulle se rend à Bayeux. Il traverse la ville à pieds, entouré d'une foule enthousiaste et prononce un discours dans lequel il affirme l'appartenance de la France aux pays Alliés. De nombreux monuments commémorent cette période, dont le cimetière militaire britannique qui est le plus grand cimetière britannique de la Seconde Guerre Mondiale en France. Charles de Gaulle revient dans cette cité qu'il affectionne le 16 juin 1946 pour inaugurer une stèle sur la place qui porte aujourd'hui son nom. A cette occasion, il prononce le célèbre Discours de Bayeux dans lequel il présente les bases de ce qui deviendra la Constitution de 1958.

De plus, il faut voir que de Gaulle, personnage ô combien central du XXème siècle, possède le caractère à la fois tragique et décisif de ses interventions dans la vie du pays, l'originalité exubérante de son personnage, l'ampleur de ses vues, les talents d'orateur, d'artiste et d'écrivain qu'il aura déployés pour les faire prévaloir, font sans aucun doute de Charles de Gaulle le Français capital du XXème siècle. Néanmoins, lorsque les membres de l'Assemblée constituante élue le 21 octobre 1945 bénéficient de la légitimité que vient de leur conférer le suffrage universel, le pouvoir charismatique du général de Gaulle, issu de son rôle historique, pèse assez peu. Sans doute est-il élu le 13 novembre, à l'unanimité, président du Gouvernement provisoire de la République française (G.P.R.F.). Mais commence alors pour lui une épuisante guérilla avec les grands partis politiques représentés à l'Assemblée constituante (P.C., S.F.I.O., M.R.P.) qui, forts de la majorité dont ils disposent, entendent, sur tous les chapitres abordés, lui imposer leurs conceptions. De surcroît, il est sans action sur l'élaboration de la Constitution en cours, laquelle, loin de répondre à ses vœux sur le renforcement du pouvoir exécutif, s'oriente vers une restauration de la prééminence du Parlement. Pour reprendre l'initiative, de Gaulle tente le tout pour le tout : il démissionne de la présidence du G.P.R.F. le 20 janvier 1946, espérant un mouvement populaire en sa faveur, qui ne se produit pas. L’assemblée élue le 21 octobre 1945 élabore un projet de constitution, di tu 19 avril 1946, qui est rejet par référendum le 5 mai. Conformément à la loi constitutionnelle du 2 novembre 1945, une seconde Assemblée constituante est élue le 2 juin 1946. Le 16 juin 1946, de Gaulle profite donc des cérémonies célébrant le deuxième anniversaire de la libération de Bayeux pour prononcer un grand discours dans lequel il exprime ses idées constitutionnelles et ainsi revenir sur les devants de la scène politique.

Dans ce discours de Bayeux, qui est fondamental et de référence, Charles de Gaulle s’adresse au peuple français mais surtout à l’assemblée constituante afin d’exposer ses idées constitutionnelles en espérant ainsi influencer ses travaux. Au moment de son prononcé, l’impact voulu par le Général de Gaulle n’est pas ressenti. Nonobstant ses idées inspireront en partie la Constitution de 1958.

Ainsi, il convient de se demander en quoi le Discours de Bayeux constitue-t-il un fondement de la Constitution de la Vème République ?

Le Général de Gaulle veut en ce 16 juin 1946 offrir à la France un régime « sur mesure » après avoir longuement observer le fonctionnement des institutions et les réflexes de la population vis-à-vis de certains événements. Pour cela, il exprime la volonté française envers la restauration d’un « État fort » (I) afin d’engager une réforme nécessaire dans la réorganisation des pouvoirs (II).

I. La restauration d’un « État fort »

La restauration d’un « État fort » passe par la légitimation

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