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Discours Clemenceau 1917

Commentaire de texte : Discours Clemenceau 1917. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  3 Février 2016  •  Commentaire de texte  •  1 863 Mots (8 Pages)  •  1 363 Vues

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Discours d'investiture de Georges Clemenceau, président du Conseil, ministre de la guerre, devant la Chambre des députés, 20 novembre 1917 (extraits).

«Nous nous présentons devant vous dans l'unique pensée d'une guerre intégrale. Nous voudrions que  la confiance dont nous vous demandons le témoignage fût un acte de confiance en vous-mêmes, un appel aux vertus historiques qui nous ont fait Français. Jamais la France ne sentit si clairement le besoin de vivre et de grandir dans l'idéal d'une force mise au service de la conscience humaine, dans la résolution de fixer toujours plus de droit entre les citoyens comme entre les peuples capables de se libérer. Vaincre pour être justes, voilà le mot d'ordre de tous nos Gouvernements depuis le début de la guerre. Ce programme à ciel ouvert, nous le maintiendrons. [...]

Nous avons de grands soldats d'une grande histoire, sous des chefs trempés dans les épreuves, animés aux suprêmes dévouements qui firent le beau renom de leurs aînés. Par eux, par nous tous, l'immortelle Patrie des hommes, maîtresse de l'orgueil des victoires, poursuivra dans les plus nobles ambitions de la paix, le cours de ses destinées.

Ces Français que nous fûmes contraints de jeter dans la bataille, ils ont des droits sur nous. Ils veulent qu'aucune de nos pensées ne se détourne d'eux, qu'aucun de nos actes ne leur soit étranger. Nous leur devons tout, sans aucune réserve. Tout pour la France saignante dans sa gloire, tout pour l'apothéose du Droit triomphant. Un seul devoir, et simple : demeurer avec le soldat, vivre, souffrir, combattre avec lui. Abdiquer tout ce qui n'est pas de la Patrie. L'heure nous est venue d'être uniquement Français, avec la fierté de nous dire que cela suffit. [...]

Droits du front et devoirs de l'arrière, qu'aujourd'hui tout soit donc confondu. Que toute zone soit de l'armée. S'il doit y avoir des hommes pour retrouver dans leurs âmes de vieilles semences de haines, écartons-les.

Toutes les nations civilisées sont engagées dans la même bataille contre les formations modernes des vieilles barbaries. Avec tous nos bons alliés, nous sommes le roc inébranlable d'une barrière qui ne sera pas franchie. Au front de l'alliance à toute heure et partout, rien que la solidarité fraternelle, le plus sûr fondement du monde à venir. [...]

Nous allons entrer dans la voie des restrictions alimentaires, à la suite de l'Angleterre, de l'Italie, de l'Amérique elle-même, admirable d'élan. Nous demanderons à chaque citoyen de prendre toute sa part de défense commune, de donner plus et de consentir à recevoir moins. L'abnégation est aux armées. Que l'abnégation soit dans tout le pays. Nous ne forgerons pas une plus grande France sans y mettre notre vie.

Et voici qu'à la même heure, quelque chose de notre épargne, par surcroît, nous est demandé. Si le vote qui conclura cette séance nous est favorable, nous en attendons la consécration par le succès complet de notre emprunt de guerre, suprême attestation de la confiance que la France se doit à elle-même quand on lui demande pour la victoire, après l'aide du sang, l'aide pécuniaire dont la victoire sera la garantie. [...]

Un jour, de Paris au plus humble village, des rafales d'acclamations accueilleront nos étendards vainqueurs, tordus dans le sang, dans les larmes, déchirés des obus, sublime évocation de nos grands morts. Ce jour, le plus beau de notre race, après tant d'autres, il est en notre pouvoir de le faire. Pour les résolutions sans retour, nous vous demandons, Messieurs, le sceau de votre volonté. »

QUESTIONS :

1/ À quelles difficultés la France s'est-elle trouvée confrontée au cours de l'année 1917 ?

2/ Qui est Clemenceau ? Que veut-il obtenir en se présentant devant la Chambre des députés ? Plus largement, quel est son objectif principal ?

3/ Sur quel ton, avec quel vocabulaire et au nom de quelles valeurs Clemenceau justifie-t-il la guerre ? 4/ En quoi la guerre est-elle « une guerre intégrale» au front comme à l'arrière ?

5/ En quoi ce discours marque-t-il une inflexion importante en ce qui concerne l'attitude des Français face à la guerre ?


Discours d’investiture de Georges Clemenceau, président du Conseil, ministre de la Guerre, devant la Chambre des députés, 20 novembre 1917

1/ Au cours de l’année 1917, la France s’est trouvée confrontée à plusieurs difficultés. En premier lieu, alors que la guerre dure depuis trois ans et qu’aucune issue victorieuse ne semble se dessiner, l’État-major décide sur la proposition du général Nivelle, de lancer une grande offensive dont on espère qu’elle sera décisive. Organisée en Champagne, dans la zone du Chemin des Dames, le 16 avril 1917, elle connaît un échec quasi immédiat et se solde par de très lourdes pertes. Aussi cet échec est-il à l’origine d’un profond découragement chez les soldats ;

il est l’origine indirecte des mutineries qui se produisent à partir de mai : même si elles sont limitées (40 000 soldats), elles concernent un nombre important d’unités. Même si les soldats rejettent l’idée d’une paix qui serait payée au prix de la défaite, elles traduisent une réelle désaffection vis-à-vis des méthodes de guerre employées jusque-là et une incompréhension entre le soldats et une partie de leur hiérarchie.

L’année 1917 est aussi une année de difficultés pour les civils : lassitude devant une guerre qui dure, hausse continuelle des prix sont à l’origine de mouvements sociaux, de grèves. Certes, on ne constate guère de défaitisme, mais le moral de la population civile faiblit, comme en témoignent les rapports des préfets. Enfin, comme ses Alliés, la France doit faire face à l’affaiblissement de la Russie ; les désertions se multiplient dans l’armée russe au lendemain de la révolution de Février. En décembre, les bolcheviks décident de cesser le combat. Les troupes allemandes vont pouvoir se replier sur le front occidental ; la pression sera donc très forte sur les Anglais et les Français, alors même que les États-Unis, en guerre à leurs côtés depuis avril, n’ont encore envoyé que des troupes en nombre très limité.

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