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Admonitio generalis

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Par   •  4 Mars 2016  •  Commentaire de texte  •  2 945 Mots (12 Pages)  •  2 630 Vues

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Admonitio Generalis

23 mars 789

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        L’un des grands textes à portée idéologique du règne de Charlemagne est  l’admonitio generalis. Ce qui sera appelé plus tard une "Encyclique", est particulièrement importante puisqu’elle compte quatre-vingt-un capitula, dont la majorité sont empruntés au canons de conciles antérieurs principalement romains, que les clercs du roi franc ont trouvé dans la collection Dionysio Hadriana. C’est alors en pleine mise en ordre du royaume franc, que Charlemagne publie le 23 Mars 789, à Aix-la-Chapelle, cet avertissement général qui n’est autre que la règlementation par le roi de la vie religieuse. Le domaine religieux s’avère en effet essentielle de part l’exigence théorique, issue du rôle spécifique du roi chrétien et sacré dans son royaume et face à son peuple mais aussi une nécessité pratique dans la mesure où l’extension du royaume et les difficultés à mettre en place un gouvernement unifié amène le souverain à s’appuyer sur l’Eglise : seul ciment solide de ces vastes territoires et auxiliaire efficace de l’Etat.

        On peut donc s’interroger sur l’effacement des distinctions entre le temporel et le spirituel au profit de l’unité du royaume.

        Il s’agira de montrer la royauté sacerdotale de Charlemagne puis la renaissance religieuse carolingienne et enfin la garantie de l’unité morale et spirituelle du vaste royaume par l’obéissance.

 

I/ la royauté sacerdotale de Charlemagne

                

a) Le représentant de dieu sur terre 

        

Dès le début du préambule à la ligne 1, Charles rappelle son rôle « de roi et chef de royaume des francs » obtenu « par la grâce de dieu et par sa miséricorde » renforçant ainsi toute la légitimité de son propos à venir puisqu’il est le représentant de dieu sur terre du moins à l’intérieur de son royaume. En effet, le roi franc est un roi chrétien depuis le baptême de Clovis en 506 mais surtout un roi sacré de part le sacre de son père Pépin le Bref en 754 par le pape Etienne II. Le sacre est une sorte de sacrement qui confère à la fonction royale une dimension sacerdotale : ainsi en vertu du sacre, le roi détient son autorité de dieu.

        De plus, il n’hésite pas à citer le roi Josias (640- 609 avant J.-C.) aux lignes 25 et 26 « Nous lisons, en effet, dans les livres des rois comment Saint Josias s’est efforcé de ramener au culte du vrai Dieu le royaume que dieu lui avait donné en le parcourant, en le corrigeant et en l’exhortant». D'après le Deuxième Livre des Rois, pendant la dix-huitième année de son règne, Josias ordonne que l'on répare les dégradations du Temple de Salomon. À cette occasion, le grand prêtre Helcias déclare avoir trouvé un exemplaire du « livre de la Loi » dans le Temple. Après en avoir entendu la lecture, Josias pleure et envoie consulter son Dieu, car il estime que, depuis longtemps, son royaume ne vit pas selon la Loi divine. Josias organise alors une lecture publique du livre au Temple de Salomon, puis ordonne d'éradiquer tout culte qui n'est pas le sien dans les royaumes de Juda. Pour cela, il s'attaque aux idoles, aux lieux de culte et aux prêtres ; cet acte constitue ce que l'on appelle la réforme de Josias. De part l’exemple cet exemple de roi devenu alors par cette action un saint, Charlemagne fais comprendre subtilement que le seul gardien de la foi et capable de la sauver en cas d’égarement est le roi.

b) Le roi, chef de l’Eglise        

Charlemagne à la ligne 2 se dit « fervent défenseur ainsi qu’humble serviteur de la sainte Eglise ». De ce fait, ce rôle de défenseur et de protecteur de l’Eglise suppose que le roi soit à sa tête. Charlemagne se considère comme le chef de l’Eglise de son royaume sur laquelle il exerce une véritable domination, malgré le terme de « serviteur ». Cette domination et acceptation de celle-ci sont incontestables puisque le roi est sacré.

        A la ligne 3 de part « à tous les ordres de la hiérarchie ecclésiastique et aux dignitaires du pouvoir séculier », on comprend que ce capitulaire est adressé aux membres de l’Eglise qui sont ses auxiliaires et délégués dans sa tache de conduire le peuple au salut. Par contre, ligne 18, il déclare « nous collaborons activement avec vous » et en même temps ligne 29 ajoute « nous avons ordonné d’inscrire quelques articles, pour que vous vous appliquiez à les rappeler en même temps ». Si cela paraît paradoxal, cette mention de collaboration avec les clercs n’est qu’une politesse. Le roi requiert véritablement une obéissance de ceux-ci. D’ailleurs, il ne peut en être autrement puisque qu’un capitulaire comme celui présentement est regroupe l’ensemble de décisions prises par des conciles officiellement tenus sur : « ordre du roi ». Autant dire que le roi dicte la loi de l’Eglise avec la conviction de ne jamais outrepasser ses droits mais tout au contraire de remplir strictement son devoir, exigeant ainsi l’obéissance du clergé. Les évêques entre autres sont traités comme de simples fonctionnaires dont la mission est de travailler au salut des âmes mais uniquement selon le dessein du chef suprême du clergé : Charlemagne.

II/ Renovatio Regni Francorum : la renaissance religieuse carolingienne

a) La pureté de la foi.

On peut lire aux lignes 34 à 36 « Que les évêques éclairement soigneusement les prêtres […] pour qu’ils maintiennent la vrai foi ». Dans ce début de chapitre 70, le ton est clairement donné. Charlemagne manifeste ici le désir que soit enseignée une foi pure et unique qui doit permettre d’éviter le développement des hérésies. En effet, en tant que chef de l’Eglise sur le royaume franc, le roi ne peut accepter l’exercice de pratiques paganiques ou aryennes voire une pratique du christianisme approximative. Après avoir tant lutté notamment pour la conversion des saxons païens entre 772 et l’édition du Capitulatio de partibus Saxoniae en 785 au moment du baptême du chef saxon Witukind, le roi franc ne peut se permettre de promouvoir une religion disparate qui conduirait probablement à la chute de l’unité chrétienne tant désirée mais surtout à l’émergence de nouvelles tensions entre des affectivités religieuses différentes.

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