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LE ROLE DES MEDIAS DANS LES CRISES POLITIQUES EN FRANCE DEPUIS L'AFFAIRE DREYFUS

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Par   •  20 Janvier 2013  •  2 918 Mots (12 Pages)  •  4 904 Vues

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Introduction

A la fin du 19ème siècle la presse devient un média de masse, premier moyen d’information susceptible de toucher toute la population. En France, les lois Jules Ferry sur l’école gratuite et obligatoire (1881-1882) ont contribué à ce phénomène en généralisant l’alphabétisation de la population, ce qui a permis un fort élargissement du lectorat.

A la même époque, le régime républicain commence à s’enraciner. Depuis 1870, la Troisième République a été proclamée. Mais pour s’imposer, elle doit faire face à une forte contestation des forces réactionnaires : royalistes, bonapartistes et antiparlementaires de toute tendance. Cette contestation s’exprime de manière virulente à l’occasion de quelques crises politiques majeures comme l’Affaire Boulanger, le Scandale de Panama ou l’Affaire Dreyfus, qui menacent la stabilité de l’Etat. D’autres crises importantes jalonnent l’histoire de France tout au long du 20ème siècle, notamment à l’occasion des guerres (Première et Seconde Guerre mondiale, Guerre d’Algérie) et une dernière fois durant les événements de mai 1968. De leur coté, les médias évoluent : on voit apparaître la radio, puis la télévision, et enfin plus récemment Internet.

A chaque fois, les médias commentent abondamment les crises politiques ; parfois même ils les alimentent.

Problématique

Dans quelle mesure ont-ils été des acteurs de ces crises et quelle a été leur influence sur l’opinion publique ?

Annonce de plan

Dans une première partie, nous montrerons comment la presse s’affirme comme le « quatrième pouvoir » et contribue à influencer l’opinion publique, particulièrement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Dans une seconde partie, nous montrerons que les gouvernements, conscients de cette puissance, ont tenté de contrôler les médias, situation qui a perduré jusqu’à la fin du 20ème siècle.

Enfin, nous étudierons les évolutions récentes des médias, et notamment la libéralisation survenue à partir des années 80, et ses conséquences sur l’opinion publique et sur la démocratie.

Développement

1/ La presse s’affirme comme le « quatrième pouvoir »

a) Le développement de la presse à la fin du 19ème siècle

A partir de 1881, les journaux bénéficient de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, une situation inédite depuis la Révolution française. Au même moment, les progrès techniques permettent des tirages bien plus importants ainsi qu’une diffusion quotidienne à l’échelle nationale.

Lorsque l’Affaire Dreyfus éclate, la presse française est donc en plein développement.

Certains journaux tirent à plus d’un million d’exemplaire par jour, comme le Petit Parisien. Ces journaux à très gros tirage s’adressent à un lectorat modeste. On qualifie cette presse de populaire. Son orientation politique est discrète, mais ces journaux étant aux mains de puissants patrons, elle est assez conservatrice.

A côté de ce type de presse existent également une presse bourgeoise, assez modérée et s’adressant à un lectorat éduqué et aisé, d’où des tirages beaucoup plus restreintes. Les titres les plus connus en sont le Figaro ou l’Aurore.

Enfin, il existe une presse dite « d’opinion », qui cherche moins à informer qu’à influencer, et qui se situe surtout aux marges de l’échiquier politique : extrême droite (« La Libre Parole »), socialisme (« L’Humanité ») ou anarchisme (« L’Assiette au beurre »).

Ce sont ces journaux, en particulier ceux d’extrême droite, qui sont les premiers à évoquer l’Affaire Dreyfus, en 1894.

b) L’Affaire Dreyfus

Il ne s’agit au départ que d’une banale affaire d’espionnage, strictement interne au domaine de l’armée. Un capitaine, Alfred Dreyfus, est soupçonné d’avoir livré des secrets militaires à l’Allemagne. Il est arrêté, jugé et condamné à la dégradation et à la déportation à vie dans un bagne de Guyane.

Mais le contexte de cette affaire est déterminant pour la suite des événements. La France baigne alors dans un climat de nationalisme revanchard alimenté par l’extrême droite, qui appelle à la reconquête de l’Alsace et de la Moselle, territoires perdus en 1870. De plus, les idées racialistes et antisémites, également professées par l’extrême droite, sont en plein développement. Or, Dreyfus est juif, républicain et d’origine alsacienne. Il fait donc un coupable idéal.

Toutefois, des enquêtes internes (comme celle du Colonel Picquart) ou externes, arrivent à la conclusion que Dreyfus n’est pas le coupable et que les preuves qui l’accusent ont été falsifiées. Cela amène Emile Zola à publier en 1898 dans l’Aurore, un texte intitulé « J’Accuse », qui a pour effet d’étaler au grand jour une affaire jusque là assez confidentielle.

Pendant près de 8 ans, l’opinion publique se déchire au sujet de la culpabilité ou non de Dreyfus, influencée par une presse qui, par conservatisme, reste très majoritairement antidreyfusarde, tandis que quelques journaux et un groupe d’intellectuels prennent le parti opposé.

Les passions attisées par la presse en viennent à menacer l’ordre public et même à faire craindre un coup d’Etat, ce qui conduit le gouvernement à décréter une amnistie générale pour apaiser l’opinion. Finalement, Dreyfus est innocenté et réhabilité en 1906.

c) Une influence qui perdure tout au long du 20ème siècle

Trente ans plus tard, l’émeute du 6 février 1934 et les événements qui en découlent sont une nouvelle occasion pour la presse d’opinion, de faire la preuve de son pouvoir d’influence.

Suite au scandale politico-financier de l’Affaire Stavisky, le mouvement antiparlementaire est fortement réactivé, ceci dans un contexte international marqué par la crise économique et la montée des forces d’extrême droite : fascisme en Italie ou nazisme en Allemagne depuis l’année 1933.

Cette presse appelle ses lecteurs, regroupés en « ligues », à balayer le pouvoir corrompu en manifestant devant l’Assemblée. Le 6 février 1934, une énième manifestation dégénère lorsque la police tente de disperser les manifestants. On relève 15 morts et des centaines de blessés.

Le

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