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L'incertitude des cinq premiers siecles de L'histoire romaine

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Par   •  1 Juin 2012  •  1 371 Mots (6 Pages)  •  599 Vues

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Les Romains, depuis Fabius Pictor et L. Cincius, ne manquèrent pas d’historiens. Les temps suivants en furent assez fertiles ; mais ce ne fut que fort tard qu’ils en eurent de bons. C’est ce qui a fait dire à Atticus que, de son temps, on n’avait pas encore de bonne histoire[1] : Ignoratur enim nostris hominibus historia. On ne s’était pas encore appliqué à débrouiller les difficultés dont l’histoire de ces premiers temps était embarrassée. Les faits fabuleux dont elle se trouvait chargée dégoûtaient Cicéron d’entreprendre ce travail. Il aurait peut-être été obligé de rapporter, comme les autres, que Numa avait eu des entretiens particuliers avec la déesse Égérie, et que cette prétendue déesse lui avait dicté ses lois.

Il n’aurait peut-être pas osé supprimer la circonstance merveilleuse qui accompagna l’arrivée de Tarquin l’Ancien à Rome ; qu’un aigle lui enleva son chapeau, et le lui remit ensuite, présage de sa future élévation. Il semblait que, jusqu’alors, on avait fait plus de cas, et qu’on se fût plus attaché à ces sortes de fables qu’à la vérité de l’histoire. On peut s’en convaincre en jetant les yeux sur quelques fragments des anciens historiens, rassemblés par Popma. On y trouve quelques morceaux de Fabius Pictor, de Caton, etc., qui ne roulent que sur des fables et sur des minuties indignes d’avoir place dans l’histoire. De pareils contes ne pouvaient être du goût de Cicéron. Ce grand homme entendait trop bien les règles de l’histoire pour n’en pas bannir toutes les fictions ; lui, qui en regardait la vérité comme l’unique fondement.

Si, d’un autre côté, l’on ne se fût arrêté qu’à ce qu’il y avait de certain sur ces premiers siècles, quel corps d’histoire sec et décharné n’en aurait-on pas fait ? C’est cette raison qui apparemment obligea Fabius Pictor, pour ne point laisser de si grands vides dans ses annales, d’adopter les mensonges que les auteurs grecs avaient débités sur la fondation de Rome, et d’y joindre ce qu’il trouvait dans les traditions des familles, quelque peu de certitude que tout cela pût avoir. Les historiens qui sont venus après lui ont trouvé tant de difficulté à débrouiller ce qu’il y avait d’obscur dans l’histoire ancienne de leur patrie, qu’ils ont mieux aimé s’en fier à Fabius Pictor et le suivre, que de se donner la peine d’entrer dans de longues et pénibles discussions. En le transcrivant sur les temps anciens, ils se sont contentés d’y ajouter ce qui s’était passé depuis lui jusqu’à eux. C’est ce qu’il s’agit de prouver, et c’est ce que j’entreprends de faire, en m’appuyant principalement de l’autorité de Denys d’Halicarnasse, qui les avait tous lus et relus, puisqu’il avait été uniquement occupé de cette étude pendant plus de vingt ans qu’il avait passés à Rome. C’est contre l’intérêt de sa propre Histoire qu’il parle, lorsqu’il ne leur est pas favorable. Il est donc le juge le plus sûr que nous puissions suivre sur cette matière ; et il ne peut nous être suspect, puisqu’il était intéressé à relever, autant qu’il le pouvait, des ouvrages dont il avait tiré tout le fond de son Histoire de laquelle le mérite ne peut être fondé que sur celui des auteurs qu’il a pris pour ses garants.

On a vu ci-dessus le jugement que cet auteur et Polybe portent de Fabius Pictor. Cependant, ce même Denys d’Halicarnasse[2] nous apprend que Cincius, Porcius Caton, Calpurnius Pison, et la plupart des autres, ne font que le suivre. Denys d’Halicarnasse lui-même, nonobstant le jugement peu avantageux qu’il a porté de cet auteur, et le peu d’exactitude qu’il lui reproche dans tout ce qu’il a écrit sur les premiers temps de Rome, qu’il convient n’être fondé que sur la tradition : Denys d’Halicarnasse[3], dis-je, le cite comme un auteur très respectable, et dont l’autorité seule lui suffit pour constater la vérité d’un fait qui, d’ailleurs,a tout l’air d’une fable. Tite-Live aussi ne le cite presque jamais qu’avec une espèce de vénération et en l’ornant des épithètes de vetustissimus, longe antiquissimus. Après ce que j’ai dit dans le chapitre précédent du caractère de l’Histoire de ce Fabius, on petit juger si son autorité est, en effet, aussi respectable

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