Vénus Anadyomène, Arthur Rimbaud — Cahiers de Douai (1870)
Fiche : Vénus Anadyomène, Arthur Rimbaud — Cahiers de Douai (1870). Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar Cha.prrt • 17 Juin 2026 • Fiche • 812 Mots (4 Pages) • 13 Vues
LECTURE LINÉAIRE 1
Vénus Anadyomène
Arthur Rimbaud — Cahiers de Douai (1870)
INTRODUCTION
Héritier du lyrisme romantique et de l'exigence parnassienne ancrée dans les figures antiques, Rimbaud apparaît dans Vénus
Anadyomène comme un élève érudit, fidèle à la tradition classique. Pourtant, cette image académique se heurte à celle du poète
insolent des Cahiers de Douai, puisque la description de Vénus, empreinte d'ironie, s'écarte volontairement des canons
traditionnels.
Pourquoi, dans ce poème qui met en scène une Vénus défigurée dans un cadre insalubre, Rimbaud choisit-il de s'éloigner avec
tant de vigueur des normes culturelles établies ?
Le mouvement 1 (v. 1–4) présente une description des lieux et de la tête de Vénus, tandis que le mouvement 2 (v. 5–8) s'attarde
sur la description du buste. Les deux tercets composant le dernier mouvement (v. 9–15) opèrent quant à eux une animalisation de
Vénus.
MOUVEMENT 1 · Vers 1–4 · Description des lieux et de la tête
Rimbaud offre une vision provocante et moqueuse de Vénus : émancipation culturelle, littéraire, et critique des représentations traditionnelles du corps
féminin.
PROCÉDÉ CITATION V. INTERPRÉTATION
1. Émancipation culturelle
Comparaison / cadre « Comme d'un cercueil vert en fer blanc » v.1 Contrairement à la coquille Saint-Jacques de Botticelli, la
dégradant baignoire est un objet banal et morbide (1re dépréciation).
Rompt avec l'image de vitalité de Vénus.
Lexique familier « D'une vieille baignoire émerge » v.3 Rimbaud rejette les codes parnassiens : mot prosaïque là
où le registre élevé est attendu dans un poème célébrant
la beauté.
Rimes croisées ABAB blanc / pommadés / bête / ravaudés v.1–4 S'opposent au quatrain classique ABBA : refus des règles
académiques rigides, affirmation de la liberté formelle.
2. Contre-blason et déconstruction du corps féminin
Métonymie + contre-rejet « une tête / De femme » v.1–2 Vénus réduite à un fragment isolé. Le contre-rejet
accentue le morcellement du corps, niant toute unité
divine.
Euphémisme (champ « assez mal ravaudés » v.4 Dévalorise le corps de Vénus : évoque un vêtement usé et
lexical couture) mal réparé, objet de ridicule.
Champ lexical péjoratif « déficits », « lente », « bête », « mal v.1–4 Caricature grotesque : dénigre les efforts de coquetterie
ravaudés » (« fortement pommadés »), transformant Vénus en objet
de moquerie.
MOUVEMENT 2 · Vers 5–8 · Description du buste
Rimbaud poursuit sa critique de Vénus, décrite de manière triviale et dégradante.
PROCÉDÉ CITATION V. INTERPRÉTATION
1. Disharmonie physique
Personnification + « les rondeurs des reins semblent v.8 Corps déséquilibré : les reins semblent autonomes, frôlant
hyperbole prendre l'essor » le comique absurde. Loin de toute harmonie classique.
Rejet + rythme « Qui saillent » (3/9 syllabes) v.6 Met en avant des omoplates saillantes. Buste maigre et
déséquilibré osseux, loin des standards de beauté classiques.
Champ lexical du corps « larges omoplates », « dos », « graisse v.5–8 Description triviale et morcelée : Vénus réduite à des
morcelé », « reins », « peau » parties anatomiques sans cohérence esthétique.
2. Émancipation littéraire et rejet des conventions
Rimes embrassées omoplates / ressort / essor / plates v.5–8 Hommage transformé à la structure du sonnet : liberté
CDDC créative marquée par rapport aux parnassiens.
Anaphore « Puis » « Puis le col… » / « Puis les rondeurs… » v.5, 7 Accumulation volontairement maladroite, renforçant
l'impression d'un rejet des codes esthétiques classiques.
MOUVEMENT 3 · Vers 9–15 · Animalisation de Vénus
...