Beauté mon beau souci, François de Malherbe (1555-1628)
Commentaire de texte : Beauté mon beau souci, François de Malherbe (1555-1628). Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar lesgrenouilles • 5 Avril 2026 • Commentaire de texte • 918 Mots (4 Pages) • 2 Vues
Beauté mon beau souci
François de Malherbe (1555-1628)
Malherbe est le poète type de la Renaissance, attaché aux hautes sphères de la monarchie française. Issu d'une famille noble protestante,il s'intéresse très tôt à la poésie. Il rejoint la cour parisienne et est nommé poète officiel. Il s’attache à l’âge de 19 ans à Henri d’Angoulême, fils naturel d’Henri II. Il s'est spécialisé dans la célébration des personnes de la cour. Il soutient une poésie rigoureusement structurée, où le lyrisme prédomine .Poète et grammairien, ses théories littéraires prônent la rigueur et la clarté. Malherbe prétendait épurer la langue française. Il manifestait une grande sévérité à l’égard du maniérisme et du baroque des poètes du siècle précédent. On peut le considérer comme le premier théoricien de l’art classique fait de mesure et bienséance et l’un des réformateurs de la langue française. A côté de nombreux vers politiques et religieux, on lui doit quelques vibrants poèmes d'amour et de rares poèmes libertins .Le recueil de la totalité de ses poèmes paraîtra à titre posthume deux ans plus tard. Malherbe influencera fortement la littérature et notamment la poésie dite "classique".Ce poème, de facture classique s'adresse à une grande dame de la cour.
Du pétrarquisme à l'épicurisme
1. Univocité de la relation
2. Idéalisation de la dame
3. Écrit pour soulager sa peine mais surtout pour faire culpabiliser la dame
1. Univocité de la relation
Le titre est un oxymore qui résume l'esprit du pétrarquisme, le poète aime une dame qui ne le correspond pas. L'amour provoque donc la souffrance et non pas le bonheur.
Dans les deux premiers vers, la dame est accusée d'être changeante. Elle est comparée à l’Océan, son âme a du « flux » et du « reflux ». On comprend qu'elle change constamment d'avis par rapport au poète.
Le poète reproche à la dame de toujours trouver une bonne excuse au moment de lui donner des signes d’amour. Avec la métaphore : « C'est la toile de la femme d'Ulysse »v11, le poète compare sa situation à celle des prétendants de Pénélope. Pénélope refusait de se remarier et d’oublier Ulysse, qu'on croyait mort. Elle s’est engagée à se remarier quand elle aurait fini sa toile, mais elle défaisait le soir ce qu’elle avait tissé la journée. Sa toile ne se finissait jamais. De la même manière, on peut imaginer que la dame ne donne pas un refus franc au poète mais le fait attendre et le berce d'espoirs
2. Idéalisation de la dame
La dame est idéalisée, elle n'est même pas nommée par son prénom. Elle est nommée par ce qui pour le poète constitue son attribut essentiel : Beauté
A la deuxième strophe, le poète explique qu'il est tombé prisonnier des charmes de la dame. Le poète a perdu sa liberté, il est à la merci de sa dame, il utilise la métaphore « prise » pour se référer à lui.
Il y a d'ailleurs un jeu de mots autour du terme « prise » qui est utilisé à la rime au v5 et 7. La 1ère utilisation correspond au verbe priser, l'auteur apprécie les charmes de sa bien aimée. La deuxième correspond donc au nom prise, comme synonyme de capture
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