LaDissertation.com - Dissertations, fiches de lectures, exemples du BAC
Recherche

Analyse de Séquence (Réveil dans la Terreur - Ted Kotcheff)

Commentaire d'oeuvre : Analyse de Séquence (Réveil dans la Terreur - Ted Kotcheff). Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  5 Juin 2026  •  Commentaire d'oeuvre  •  1 370 Mots (6 Pages)  •  14 Vues

Page 1 sur 6

Analyse de séquence

Réveil dans la Terreur est un film américano-australien réalisé en 1971 par le cinéaste Ted

Kotcheff. L’histoire tourne autour d’un instituteur, John Grant, qui doit se rendre à Sydney et

fait escale dans un petit village perdu de l’Australie. Il fait la rencontre de la communauté locale

dont trois individus avec qui il va sympathiser. Ces derniers décident, dans cette séquence,

d’emmener John pour aller chasser des kangourous après une soirée de beuverie. Mais ce qui

semble être une activité bénigne pour les locaux devient pour John un moment angoissant qui

l’amène à commettre les pires atrocités. Le basculement infernal de cette activité nous amène à

nous poser la question suivante : comment la chasse au kangourou se transforme en une

séquence de tuerie dramatique ?

Pour cela nous analyserons dans un premier temps la mise en

scène de la cruauté du groupe d’hommes puis nous nous attarderons dans un second temps sur

la représentation d’une mise à mort anxiogène et révoltante des animaux.

Tout au long de la séquence la bande d’amis prend du plaisir à traquer les kangourous, la chasse

est pour eux une source de distraction et de plaisir comme en témoignent leur engouement et

leurs rires lorsqu’il s’agit d’exécuter les kangourous. La mise en scène traduit l’immoralité des

humains à l’égard des animaux notamment en dépeignant les habitants locaux comme des

personnages démoniaques et grotesques. Leur cruauté passe d’abord par la longue session de

tir qui rythme la séquence. Les nombreux plans sur leur visage aux larges sourires montrent

leur plaisir sadique à s’en prendre aux kangourous. Les légères contre plongées sur les hommes

montrent leur puissance et leur domination de l’animal comme lorsqu’un des personnages

engage un combat de boxe avec un kangourou qu’il finit par égorger. Le spectateur lui-même

est pris pour cible par les personnages qui regardent directement la caméra et orientent leur fusil

vers l’objectif. Cela nous invite à nous détacher de leur attitude et de leurs actions. La deuxième

session de tir débute avec plusieurs inserts sur le canon des fusils isolés, insistant alors sur la

dépendance humaine des armes, puisqu’à travers ces plans, ce ne sont plus eux qui tirent mais

l’arme elle-même. Ce passage initie le processus de déshumanisation des personnages, évincés

du cadre. Lors de la séance de tir, seul le bruit des coups de feu retentit offrant à la séquence un

aspect très brut voire documentaire et appuyant la violence crue commise par les hommes. Dans

cette folie meurtrière, John semble avoir une posture un peu plus nuancée. Il y a déjà une forme

d’hésitation et d’empathie chez lui, voire un renoncement temporaire (« c’est un bébé » « il est

gravement blessé ») mais qui va être rapidement écarté par la pression sociale de ses compères

(« Tu as la trouille ? » « Te dégonfle pas ! »). Le clair-obscur sur son visage avant d’attaquer le

jeune kangourou montre son tiraillement entre son éthique et sa volonté de faire partie du

groupe, cela passe également à travers le basculement de la caméra de son visage de face avec

la voiture derrière à un plan en amorce avec le kangourou au second plan. Il tombe lui-même

dans les vices de la chasse, ainsi le personnage principal du film auquel on s’identifie, devient

à son tour méprisable lorsque que c’est à lui de tuer un kangourou, la séquence prend d’ailleurs

une tournure beaucoup plus anxiogène. La musique devient très angoissante et les gros plans

sur les rires moqueurs de ses camarades en font des personnages grotesques et répugnants. Mais

c’est surtout le montage vif alternant des plans rapides sur la querelle de John et sur la réaction

des autres qui accentue ce pénible malaise, le tout agrémenté de flous de mouvements. John a

un sentiment ambigu à la fin du duel, coupable de ce qu’il vient de faire et en même temps fier

d’avoir accompli ce rite de passage, il finit par célébrer cette traque dans la voiture. L’acte de

tuer s’associe ici aisément à un fantasme viril que la chasse permet d’accomplir, le personnage

civilisé, John, doit se plier aux règles des personnages primitifs en adoptant leurs mœurs

bestiales, en l’occurrence, celle

...

Télécharger au format  txt (8.7 Kb)   pdf (70.4 Kb)   docx (13.1 Kb)  
Voir 5 pages de plus »
Uniquement disponible sur LaDissertation.com