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Critique "C'est comme ça et me faites pas chier" de Rodrigo Garcia

Commentaire d'oeuvre : Critique "C'est comme ça et me faites pas chier" de Rodrigo Garcia. Recherche parmi 240 000+ dissertations

Par   •  18 Avril 2017  •  Commentaire d'oeuvre  •  439 Mots (2 Pages)  •  206 Vues

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Rodrigo Garcia: Moins provocateur mais pas moins poétique

Au HtH, se jouait le 4 novembre la dernière pièce de Rodrigo Garcia, C'est comme ça et me faites pas chier.  Avec un titre pareil, on s'attend à retrouver le côté provocateur et subversif du metteur en scène argentin, or il n'en est rien: dans ce spectacle, il ne joue pas avec la surenchère comme il a tendance à le faire. Le titre rend en effet plus compte de l'esprit de création de la pièce que de son contenu: il ne faut pas en effet chercher de «sens profond» aux éléments présents sur scène, il ne sont là que pour leur potentiel esthétique, ils ne représentent pas un quelconque symbole. Ainsi, Rodrigo Garcia a intégré la performance à son spectacle: les objets et les corps ne sont pas la représentation mais dans la présentation; lorsqu'elle s'agite au sol avec des cymbales aux pieds, Nuria Lloansi ne représente personne d'autre qu'elle-même. De plus on assiste également à la mise en place des scènes, aux gestes qui aboutissent au tableau, comme lorsque l'on voit Melchior Derouet se faire maquiller en récitant sont texte.

«Voilà ce que j’ai appris. À faire confiance à l’alphabet. J’ai appris qu’il faut faire confiance seulement aux mots et jamais à ce qui s’agite autour», dit le comédien en traçant maladroitement des lettres méconnaissables sur une table rétroéclairée et projetée derrière lui. L'acteur est aveugle et nous parle de la vision (ou plutôt des traces de la vision): le plateau raconte le contraire du texte, il n'est pas une illustration de la parole. Ce qu'il se passe sur le plateau n'est pas non plus au service d'une narration. L'objectif de Rodrigo Garcia est de nous faire ressentir des émotions, de nous impacter en nous metant face à quelque chose de «brut» (qui n'est pas au service d'une narration). Le rythme général de la pièce est calme et posé, la voix douce et tranquille du comédien conduit le texte-fleuve avec clarté. Cependant, cette tranquillité parfois quasi onirique (cet aspect est particulièrement flagrant lors de la projection des crabes dans leur aquarium à contre jour) est entrecoupée de passages d'agitation extrême et de bruit assourdissant qui désorientent le spectateur et le surprennent en accélérant le rythme.

Rodrigo Garcia cherche ainsi a nous marquer par tout les moyens, et c'est réussi: en sortant du spectacle, lorsque les souvenirs s'estompent, certains instants – les plus frappants restent en mémoire, comme des tableaux. Avec C'est comme ça, Rodrigo Garcia nous prouve qu'il est capable de laisser son empreinte en nous sans verser dans le trash ou le choquant et sans créer une autre polémique.  

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