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LES TEMPS DE L'URBANISME AU MIRAIL 1962-1972.

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Par   •  29 Mai 2019  •  Cours  •  11 821 Mots (48 Pages)  •  76 Vues

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LES TEMPS DE L'URBANISME AU MIRAIL 1962-1972.

En 1992, sous la direction de Bernard Lepetit pour le Plan Urbain, avait été lancé un ensemble de recherche sur les temporalités de l'urbanisme des Trente Glorieuses.

Pour notre part l'objet de la recherche était de relever les catégories temporelles utilisées par les différents acteurs d’une création urbaine : la ville nouvelle du Mirail près de Toulouse dans les années

  1. Comment, les architectes, les politiques, les administrateurs qui ont eu à concevoir cette ville nouvelle se positionnaient par rapport au temps? Comment intégraient-ils la contrainte de temps : passé, présent, futur?

L'idée était que dans la ville le temps est partout, et il est bien difficile de cerner les catégories temporelles majeures. En suivant une idée de Georges Kubler, le nombre de positions de l’urbain dans le temps est peut-être aussi étendu que les différentes façons d’occuper l'espace.

Pour établir ce relevé des temps de l’urbanisme à travers l’opération du Mirail, nous avions eu la chance à l'époque de pouvoir interroger la plupart des acteurs de l’opération de départ : les élus comme M. Badiou, les administratifs comme Laffont le secrétaire général de Mairie ou l'architecte municipal Germain Tarrius les architectes Candilis, Josic, et leurs représentants toulousains comme Lefèvre, Malebranche, Degrez ; les historiens locaux comme J. Coppolani ou JH Fabre et bien d'autres2.

En tout, une trentaine de personnes nous permirent d'approcher ce qu'avait été pour eux cette opération.

La méthode que nous avions choisie reprend dans une large mesure celle décrite par Alain Blanchet et Anne Gotman dans "L'enquête et ses méthodes: entretien"3.

Les entretiens exploratoires ont eu lieu auprès d'enseignants, de chercheurs qui ont travaillé sur la période comme J. Coppolani ou A. Fabre, pour le milieu toulousain. Ces entretiens se sont déroulés sous une "forme libre", et ont permis de préciser la problématique et les hypothèses.

Le plan d'entretien comprenait à la fois les thèmes que l'on souhaitait aborder et les stratégies d'intervention. Les principaux thèmes portaient sur le concours, la réalisation et l'abandon du projet en s'appuyant sur plusieurs hypothèses:

  • C'est parce qu'il y a eu position théorique du maire sur l'extension de ville que la rencontre avec les architectes a été possible.
  • L'équipe lauréate définit son plan pour le Mirail comme une ossature urbaine évolutive, l'abandon du projet en 1972 tend à contredire la chose: la forme urbaine du Mirail était trop forte, trop contraignante, comportait trop de connotations politiques pour être réellement évolutive par delà les mandats des maires.

  • Le projet de la ZUP du Mirail a servi de laboratoire à la rénovation urbaine de la ville dans sa totalité : création d'un réseau de voies rapides, urbanisme de dalle avec la rénovation St Georges dans le centre.
  • Les raisons de l'abandon du plan.

Lors de l'entretien les questions posées étaient simples et ouvertes :

Quels ont été les éléments marquant dans votre parcours avant le Concours du Mirail ?

Comment s'est passé le concours ?

Combien de temps faut-il pour qu'une ville nouvelle devienne une ville tout court ?

Ce corpus d'entretien, d'histoire orale mise en parallèle de l'histoire écrite nous donc permis d'approcher la question des temporalités. Il est à la base de toute la première partie du présent ouvrage.

Le Mirail était déjà de l’histoire, mais une histoire tellement proche qu’il nous était encore possible grâce aux entretiens de ressentir l’excitation, le plaisir, les motivations et le non-dit de chacun, choses généralement occultées dans les publications spécialisées de l’époque.

[pic 1]

  1. Voir la Note méthodologique sur les sources dans le présent ouvrage p..
  2. Alain Blanchet et Anne Gotman L'enquête et ses méthodes: entretien, Nathan-Université, Paris 1992.

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Quatre ouvrages et près d’une centaine d’articles des architectes, les discours des politiques, l’écho des différentes polémiques relatées par la presse locale et nationale, les comptes rendus des différentes commissions, les plans conservés aux archives municipales et les entretiens avec les différents acteurs,

..., la matière à analyser était suffisamment importante pour nous donner des indications sur ces temps de l’urbanisme.

De cette recherche émergeaient un certain nombre de catégories temporelles dont nous ne retiendrons ici un seul, dit “temps de projection” appliqué à la ville.

LES TEMPS DE PROJECTION DE LA VILLE

Les temps de projection correspondent aux formes d’appréhension de la contrainte de temps dans l’élaboration d’un projet d’architecture ou d’urbanisme. Dans les écrits des architectes deux temps principaux apparaissent, celui de la ville et celui de l’habitat, l’un étant intrinsèquement lié à l’autre dans l’urbanisme moderne.

LE TEMPS DE LA VILLE

Une brève histoire des temporalités de projection de la ville du Mouvement Moderne permet de mieux comprendre la position de Candilis Josic et Woods pour le Mirail 4.

Le Corbusier, en 1923, dans l'avant-propos d’Urbanisme, inscrit sa ville dans le présent en lançant à ceux qui l'accusaient de réfléchir pour l'an 2000, qu'il ne construisait pas une "cité future" mais une ""Ville Contemporaine", “contemporaine, car demain n'appartient à personne” 5 :

"Je m'ennuie infiniment à décrire, comme un prophète au petit pied ce futur asile de Cocagne. Je me crois devenu futuriste, ce qui ne me ravit pas ; il me semble quitter les choses crûment vraies de l'existence et me livrer à des élucubrations automa-

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