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Le parasite, Michel Serres

Synthèse : Le parasite, Michel Serres. Recherche parmi 299 000+ dissertations

Par   •  21 Décembre 2020  •  Synthèse  •  2 385 Mots (10 Pages)  •  2 149 Vues

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Eliott                                                Philosophie : étude de texte

Pelus                                                 Michel Serres : Le parasite

T°D

        

              Observations :                                                                   Note :

        

        

        Dans ce texte extrait de l’œuvre parasite de Michel Serres, celui-ci cherche à définir l’aspect et la définition du travail, puis qui travaille réellement de tous les êtres vivants ? Il semble critiquer un texte de Karl Marx sur ce sujet, « La spécification du travail Humain ». Pour lui le travail est omniprésent, et à une définition bien particulière. Il commencera par citer ce qu’il aperçoit comme  l’aspect du travail « naturel » actuel et sa nature, puis il donnera ensuite sa définition de ce qu’est le travail pour lui, avec sa portée et sa nature : une chose omniprésente qui s’applique à toute vie et chaque action sans distinction, cette idée semblant nier le  texte de Karl Marx.

        

        On remarque que dès le début du texte, l’auteur pose sa première thèse : « Qu’est ce que le travail ? ». De part cette approche directe, il suscite immédiatement le questionnement dans la tête du lecteur, définit le sujet et introduit son argumentation future. Il commence en affirmant « sans

aucun doute » qu’il est « lutte contre le bruit ». Dans le mot « bruit », Michel Serres sous entends  son origine, donc tout ce qui peut être mauvais, synonyme de désagrément ou de désordre. Le travail permettrai donc pour lui de lutter contre le désordre. Michel Serres prononce ensuite un avertissement par une image très simple : si nous « laissons faire les choses » ainsi : alors le « fumier » (élément notoirement néfaste) s’accumulera dans les « écuries » (le monde actuel) ; alors « le renard viendra manger les poules » et le « phylloxéra » traversera le monde pour « assécher les feuilles de sarments ». L’auteur entend par cette image : si nous laissons faire à la nature son travail, et si nous ne travaillons pas, alors le chaos arrivera et s’étendra sur le monde : il s’embourbera de détritus, se remplira de désordre et de bruit, il deviendra sale, et impraticable, voire même inapte à la vie comme avec le traversée du « phylloxéra » (une maladie végétale causée par des pucerons) à travers le monde pour assécher les « feuilles de sarment ». Michel Serres nous le prouve : le monde s’embourbe et se déteriore naturellement :« Le canal se charge de vase ». Bientôt il ne sera plus capable à rien et sera complètement bouché, signant sa fin. Il fait d’ailleurs ensuite un parallèle avec cette image et cet avertissement car il le continue, toujours en utilisant le champ lexical de la navigation, avec « basse mer », « port », « comblé de sable », « vaisseaux », car une fois que le « canal » sera « comblé », les « vaisseaux ne passeront plus ». Quand nous aurons atteint le point de non retour de cet empêtrement naturel, l’heure sera à l’écroulement total, et irréversible du monde tel que nous le connaissons. L’auteur poursuit ensuite son message avec un image de plus, en effet, pour lui le sucre dans un verre d’eau se dissous seul (le travail d’une action quelconque naturelle), pas besoin d’aide extérieure, de « remuer la cuiller », et d’ailleurs mieux vaudrais ne pas la remuer car malgré le fait qu’il y ai « parfois des mélanges qui nous arrangent », car la plupart ne sont qu’« obstruction ou embarras ». De cette image on comprends que parfois le travail humain n’est pas nécessaire, car si le sucre se dissous naturellement dans l’eau alors il n’a pas besoin d’aide et le travail se fait naturellement ; mais aussi que le travail humain doit être bien fait s’il veut être bénéfique : ici il ne faut pas « remuer la cuiller » pour éviter le mélange néfaste, mais bien « enlever le sucre » pour éviter que le mélange ne se réalise, seul ou aidé. On peut aussi voir cette phrase à une invitation à laisser le travail de la nature à se faire seul : il n’est pas forcément néfaste, et ne nécessite pas notre présence pour se réaliser, donc nous n’avons pas à intervenir dans celui ci. De cette partie, on tire donc le fait que le travail naturel est permanent, et omniprésent, car il a lieu partout et à toute échelle, qu’il n’est pas toujours bénéfique car la plupart du temps il laisse des déchets que nous les hommes devons nettoyer (ex : « crottin de cheval »), avant que le monde en soit rempli (« l’écurie »).

        Michel Serres donne ensuite sa vision du travail, c’est à dire qui travaille parmi tous les êtres vivants et comment ? Pour lui: « travailler c’est trier ». Selon sa définition précédente que le mélange est néfaste, alors le tri serait forcément bon pour la société, donc le travail également. Et en effet, car il continue en disant que pour lui le travail a un fondement objectif : « car sans lui, la dérive temporelle vers le désordre ou la complexité serait plus rapide ». Comme le travail trie, il facilite l’empêchement de tout cela, et permet la clairvoyance autour de nous, car il inhibe le chaos. Pour Michel Serres le travail est donc une chose essentielle et primordiale au bon fonctionnement du monde. Il continue en précisant sa pensée, car pour lui « contrairement à tout ce qu’on dit, en philosophie classique et contemporaine, les hommes ne sont pas les seuls à travailler », en effet « nous ne sommes jamais si exceptionnels », pourquoi les autres formes de vie n’en seraient-elles pas capable ? Pour Michel Serres il est évident que l’humain n’est pas l’être ultime, donc il est évident que d’autres formes de vie savent faire ce qu’il fait également. Il est donc logique et irréfutable que « les animaux travaillent, [et d’ailleurs] les organismes vivants aussi bien » que les animaux. Donc c’est « La vie » toute entière qui travaille. Elle se définit même par le travail car « elle est vie par la lutte contre la tendance à la mort » : elle est vie « par le tri », donc par le travail. Michel Serres explique ensuite simplement le fonctionnement de ce travail : de son point de vue « l’organisme reçoit de l’ordre et de l’énergie », il les « triture », les « trie », les « classe », puis « reforme son ordre propre et sa propre énergie en éliminant les déchets ». Il emploie volontairement des mots vulgaires comme « triturer » au début de sa phrase d’explication de cette chaîne de tri pour traduire et souligner l’imprécision et le chamboulement avec lequel la nature reçoit ces éléments, puis plus on avance plus il utilise des formulations développées, comme pour renforcer l’image de ce travail de  tri progressif par la nature de tous ces éléments qu’elle reçoit. Pour illustrer ce mécanisme, je vais prendre l’exemple de la chaîne alimentaire, ordre qui est aujourd’hui considéré comme omniprésent, mais qui en fait est un travail permanent de la nature ; toutes les formes de vie dépensent de l’énergie et se battent entre elles pour la survie, et le résultat de ces affrontements sont l’ordre de puissance naturel établi actuellement, mais comme la vie à toujours lieu, ce travail de « tri » parmi la puissance de tous les animaux et leurs relations est toujours d’actualité. C’est un travail de classement permanent de la nature, et c’est cela que cherche à pointer Michel Serres. Il met ensuite en lien ce travail de toute chose avec un travail lambda humain, le meunier, car après tout lui aussi fais le travail de toute vie, il reçoit le blé, et l’énergie du vent, et en combinants ceux-ci avec un moulin, il utilise l’énergie qu’il reçoit pour transformer le blé, et le réorganise, il le moud, le transformant en farine, fruit de son travail, et il en ressort des déchets : les cosses, qu’il va jeter. Tout travail est une réorganisation, que ce soit de la matière, de la hiérarchie, de l’espace, du temps, du cœur, ou de la stature, et toute réorganisation est une transformation. Il continue ensuite d’appuyer le point de vue précédant en le justifiant par des exemples : Le travail du meunier est-il différent du traitement des granulats du fleuve ou d’une production quelconque en usine ? Pour lui non, car ils réorganisent bien tous quelque chose : la matière, en utilisant une transformation pour former un produit né de l’addition de ce qu’ils utilisent.. Pour appuyer son idée du travail qui touche toute chose, prenons l’exemple de la cellule, tout être vivant est bien constitué de cellules, premiers éléments de la vie, et chaque cellule effectue un travail permanent de réactions chimiques pour permettre le fonctionnement d’un grand organisme: le travail de la vie est donc incontestablement commun à toute chose, et cela irréfutablement selon cet exemple. Michel Serres parachève son étude en disant qu’il ne voit plus « la différence entre l’abeille et l’architecte », et c’est un très beau procédé pour résumer son point de vue car c’est à la fois une parallèle sur son point de vue sur le travail qui s’applique à toute chose, pour traduire l’état d’esprit dans lequel il est à présent car il voit un point commun à tout, mais aussi un lien entre l’activité que pratique l’abeille : « l’architecte de la nature » puisqu’elle construit des ruches pour sa colonie, tout comme l’architecte finalement, qui construit des bâtisses pour sa communauté. On comprend ici l’entière idée de cette partie du texte : celle de réfuter un texte de Marx : « Spécificité du travail humain ». En effet la dernière phrase du texte est une référence à ce texte et sa phrase « l’abeille confond par la structure de ces cellules l’habileté de plus d’un architecte ». Serres ne perçoit plus la différence entre l’abeille et l’architecte, alors que Marx les distingue, on comprends donc bien qu’il semble vouloir aller contre son idée. Le souci étant que ce texte de Karl Marx porte en lui l’idée de caractériser le travail humain spécifiquement, et non de dire que l’abeille ne travaille pas, ce que Serres semble comprendre car il insiste sur le fait que toute chose travaille. Le réel sens de cette deuxième partie est donc d’aller contre l’idée qu’il n’y a que les hommes qui travaillent, erreur de lecture de Michel Serres sur le texte de Karl Marx,  puisque celui ci caractérise juste le travail humain, sans dire que les autres formes de vies ou choses ne travaillent pas.

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