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Commentaire de la scène de première vue de Manon Lescaut

Synthèse : Commentaire de la scène de première vue de Manon Lescaut. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  6 Janvier 2020  •  Synthèse  •  2 058 Mots (9 Pages)  •  81 Vues

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Antoine François Prévost ou l’abbé Prévost est un homme d’Eglise qui, au cours de sa vie, fût alternativement soldat, voyageur ou religieux. Il commence sa carrière ecclésiastique chez les jésuites dont il s’émancipe à plusieurs reprises.

Cet auteur est caractérisé, à son époque, par l’écriture de ses livres jugés scandaleux dont le plus controversé est l’« Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut » évoqué dans le dernier et septième volume des « Mémoires et aventures d’un homme de qualité » en 1731. « Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut » est un roman pour lequel l’auteur rend un certain intérêt car celui-ci est considéré comme une addition à l’histoire de sa vie. Ce roman mémoire s’inscrit dans le mouvement des lumières, faisant la satire de la société de son temps mais peut également s’inscrire dans le romantisme.

Dans cet extrait nous constatons une scène de « première vue » illustrant la première rencontre du narrateur personnage, Des Grieux, avec Manon Lescaut :  Les premières rencontres sont les passages clés des romans d'amour tel que dans « La princesse de Clèves » de mme de Lafayette. Ici nous assistons à une rencontre imprévue montrant la naissance de la passion.

Cependant nous pouvons nous questionner sur ce que nous apprend cette scène de première vue sur la suite de l’histoire des deux personnages principaux.

Nous analyserons dans un premier temps le choc de la rencontre, dans un second temps nous étudierons la force irrésistible et prodigieuse de la passion et enfin nous aborderons l’intention d’innocenter Des Grieux avec un plaidoyer déguisé.

Cette rencontre caractérisée par un choc est mise en avant avec le caractère fortuit de celle-ci. Le narrateur est là par hasard avec son ami Tiberge. Il agit au début par simple curiosité comme le montre la négation restrictive « pas d’autre motif que la curiosité » (l-5), sa démarche est complètement innocente. L’imparfait pose décrit alors une action le cadre spatio-temporel : La rencontre se fait dans la rue ; on nous précise les lieux de cette rencontre « l’hôtellerie d’Amiens » (l.5) « le coche d’Arras » (l-5)
Rien n’a été préparé, rien n’a été prémédité. Il aurait pu se trouver ailleurs et ne s’attendait pas à cette rencontre. Cet état de disponibilité va le livrer sans défense à Manon.

La rencontre est ici le déclencheur de ce qui va découler dans ce récit. La scène de première vue appartient au domaine du coup de foudre et de l’instant comme le montrent l'adverbe « tout d'un coup » (l-10) et l'utilisation du passé simple « s’arrêta » (l-6) au début de cet extrait après l’utilisation de l’imparfait. Un phénomène d'isolement est exprimé par le parallélisme « Il en sortit » (l-5) « Il en resta une » (l-6). L’adversatif « Mais » (l-5) marque une opposition aux autres jeunes femmes et souligne le caractère unique et extraordinaire de cette rencontre. Le passé simple donne une impression de rapidité d’action : « je me trouvais ». Les sentiments sont foudroyants, et les personnages sont instantanément transformés. Lors de la rencontre, les autres personnes disparaissent, seuls Des Grieux et l’objet de cette rencontre existent encore, notamment Tiberge, ce qui est accentué par l’utilisation du pronom « nous » (l-3) au début de l’extrait qui devient « elle » (l-7) ou « je » (l-9) cela traduit une atmosphère romanesque.

Lorsque Des Grieux voit Manon pour la première fois, il tombe amoureux d’elle soudainement « tout d’un coup » (l-10). On retrouve des expressions liées à la vue « parût » (l-8), « paraître » (l-13) montrant la supposition et la découverte. Soudainement, Des Grieux développe une passion pour Manon qui l’enflamme « jusqu’au transport » (l-10). Le « coup mortel » (17) fait référence à un amour violent, qui le transperce. Il utilise une périphrase pour appeler Manon « la maitresse de mon cœur » (l-12) : L’intensité des sentiments qui ont frappés Des Grieux la perçoit comme une reine qui règne sur son cœur et qui le domine.
On retrouve le champ lexical de l’amour : « enflammé » (l-10), « transport » (l-10), « mon cœur » (l-12), « désirs » (l-17) , « sentiments » (, « tendresse ». Le mot « amour » (l-15-21) est répété à plusieurs reprises ce qui témoigne d’une insistance.
On trouve également un champ lexical de la bataille avec « je combattis » (l-20), « je l’assurais que […] j’emploierai ma vie pour la délivrer » (l-27). De plus, le terme « charmant » (l-8,24) est présent à deux reprises ce qui montre l’aspect envoûtant et enivrant de cette rencontre mais aussi son absence de liberté vis-à-vis de cette passion, menant à la fatalité.

La force de la passion fatale qui a frappé Des Grieux peut être interprétée de façon différente car il s’agit du destin, mais cela peut également évoquer les conséquences désastreuses. L'idée de la fatalité de la rencontre apparaît alors que toutes les autres femmes se retirent et que seul Manon reste : « Mais il en resta une ». On retrouve dans ce passage le lexique de la tragédie, « cruelle » (l-20), « enflammé » (l-10), « coup mortel » (l-17), « malheurs » (l-20), « volonté du Ciel » (l-23), « m’entrainait à ma perte » (l-25) mais encore des allusions à la destinée tout au long du récit sous forme de prolepses avec « l'ascendant de ma destinée qui m'entraînait à ma perte » (l-25), « son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens » (l-20). Des Grieux est objet de ce qui lui arrive « maîtresse de mon cœur » (l-12) avec l’utilisation du passif. De plus, il tente d’expliquer ce qui a provoqué cette force irrésistible mais en vient à la seule conclusion que cette rencontre est objet du destin « où plutôt l’ascendant de ma destinée » (l-25). La fatalité

Après un coup de foudre amoureux, un jeu de séduction s’instaure. Ici Des Grieux fait le premier pas vers cette jeune femme retenant toute son intention même s’il est de nature timide car il se qualifie lui-même de « timide et facile à déconcerter » (l-11) il essaie malgré tout de séduire cette jeune femme « je parlai d’une manière qui lui fit comprendre mes sentiments » (l-17). De ce fait, le jeune homme insiste sur la métamorphose qui semble le toucher avec une seule phrase, ce qui accentue le contraste avec trois propositions construites avec une gradation insistant sur la sagesse de Des Grieux « moi, qui n’avait jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d’attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue » (l-9), cette métamorphose du personnage est démontrée grâce au mot « transport » (l-10) qui sous-entend une folie, associé à la métaphore du feu « enflammé » (l-10) suggérant la passion.  Cette phrase est marquée en deux temps, marquant sa vie avant cette rencontre inattendue et après celle-ci. La litote montre Des Grieux comme un homme particulièrement naïf. Il semble réaliser la différence entre une fille et un garçon. Touché par des sentiments nouveaux, la phrase est construite sur une opposition entre « timide » (l-10), « facile à déconcerter » (l-11), puis fini la timidité « je m'avançai » (l-11), il devient donc entreprenant. Ce changement évoque pour le narrateur son passage de l’enfance à l’âge adulte avec la perte de son « innocence » (l-2).

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