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Objets et méthodes de l’analyse économique

Analyse sectorielle : Objets et méthodes de l’analyse économique. Recherche parmi 262 000+ dissertations

Par   •  2 Avril 2014  •  Analyse sectorielle  •  1 687 Mots (7 Pages)  •  485 Vues

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Objets et méthodes de l’analyse économique :

le paradigme néoclassique

Dans un sens large, le mot paradigme désigne une vision du monde, c’est-à-dire, un ensemble d'expériences, de croyances et de valeurs qui influencent la façon dont un individu perçoit la réalité et réagit à cette perception. Dans un sens plus restreint, utilisé dans l’étude des disciplines scientifiques, le mot paradigme désigne un modèle de pensée. Thomas Kuhn (La structure des révolutions scientifiques, 1962) définit un paradigme scientifique comme :

un ensemble d'observations et de faits avérés ;

un ensemble de questions en relation avec le sujet qui se posent et doivent être résolues ;

des indications méthodologiques (comment ces questions doivent être posées) ;

comment les résultats de la recherche scientifique doivent être interprétés.

Pour Kuhn, l'adhésion à un paradigme est un phénomène sociologique, qui implique la genèse d'une communauté de pensée, de méthodes et d'objectifs, autour d'outils communs (journaux, conférences). Le terme de « paradigme » tend ainsi à désigner l'ensemble des croyances, valeurs et techniques qui sont partagées par les membres d'une communauté scientifique, au cours d'une période de consensus théorique.

Pour lui, « le paradigme est un cadre qui définit les problèmes et les méthodes légitimes, et qui permet ainsi une plus grande efficacité de la recherche : un langage commun favorise la diffusion des travaux et canalise les investigations. »

C’est donc l'ensemble des règles admises et intériorisées comme « normes » par la communauté scientifique, à un moment donné de son histoire, pour délimiter et problématiser les « faits » qu'elle juge dignes d'étude. C’est encore, dans le cas particulier des sciences sociales, une grille de lecture qui permet l'interprétation de données par la mobilisation d'outils théoriques spécifiques.

En économie, le paradigme dominant est aujourd’hui le paradigme néoclassique. Nous allons voir comment il définit l’objet et la méthode de l’analyse économique.

1. L’objet de l’analyse économique

Une définition de l’analyse économique, telle qu’elle émerge du paradigme néo-classique, est donnée par L. Robbins (1932) : pour lui, l’économie est « la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usage alternatif ». Autrement dit, l’économie étudie la façon dont les individus ou les sociétés utilisent les ressources rares en vue de satisfaire au mieux leurs besoins : l’économie est la science des choix efficaces.

Précisons cette idée : l’homme a des besoins que l’on peut considérer comme illimités ; ses ressources ne l’étant pas, surgit un problème de choix. Exemples : l’individu doit, pour satisfaire ses besoins, arbitrer entre différents biens de consommation compte tenu de son revenu ; le producteur, qui n’a qu’un budget limité, doit décider quelle part de ses ressources il consacre à l’achat des matières premières et quelle part à l’emploi de travail salarié ; au niveau d’une société considérée dans son ensemble, le pouvoir politique doit choisir entre les dépenses de santé et les dépenses d’enseignement.

L’économie étudie donc des individus (ou groupe d’individus), soumis à une contrainte (de ressources) et cherchant à maximiser - cad à rendre maximum - (leur utilité - leur satisfaction, leur avantage, leur produit) compte tenu de cette contrainte. On parle d’un comportement de maximisation sous contrainte.

Suivant cette conception, la tâche de l’économiste, la démarche typique du raisonnement économique est de mettre en évidence ce que coûte, compte tenu des ressources disponibles et du prix des biens considérés, la disposition d’une unité supplémentaire d’un bien. Exemple : un sous-marin nucléaire en plus c’est tant de lits d’hôpitaux en moins ; un bonbon en plus c’est tant de carré de chocolat en moins.

Cette façon de poser les problèmes est caractéristique de la micro-économie. Mais elle ne se limite pas à ce champ. Tout d’abord, elle justifie un impérialisme de la science économique sur les autres sciences sociales : par ex. G. Baker et l’économie de la famille (expliquer pourquoi les agents se marient, pourquoi ils divorcent, ils ont des enfants, etc.). Mais aussi d’autres comportements comme les comportements illégaux, la prise de stupéfiants, la prostitution, etc. Ensuite, cette façon de voir s’impose aussi aujourd’hui à la macroéconomie.

La macroéconomie s’intéresse à la structure, au fonctionnement et aux résultats de l’économie dans son ensemble. Son objectif principal est d’expliquer les grandes tendances suivies par les agrégats économiques [grandeurs agrégées] comme la production intérieure brute (PIB), le chômage, l’inflation et la balance des paiements. Elle s’intéresse donc à des questions telles que : d’où vient la croissance? Qu’est-ce qui explique les récessions et les expansions économiques ? Quels sont les déterminants de l’inflation ? Quelles sont les causes du chômage ? Comment la valeur de l’Euro influence-t-elle la situation économique des pays de l’Europe ?

L’objectif de la macroéconomie n’est pas uniquement de comprendre les événements économiques, mais aussi de concevoir et d’évaluer les politiques économiques, autrement dit : étudier l’influence des politiques économiques sur l’activité économique et sur le chômage.

Ces questions qui ont présidé à la naissance de l’économie politique au 18ème avaient été délaissées par les premiers néoclassiques qui focalisaient leur attention sur le fonctionnement des marchés et la définition des conditions d’équilibre. Elles

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