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Des faibles taux d’intérêt sont-ils une condition de la croissance économique ?

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Par   •  17 Février 2013  •  2 621 Mots (11 Pages)  •  1 296 Vues

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Des faibles taux d’intérêt sont ils une condition de la croissance économique ?

En mars 2003 la BCE a baissé son principal taux directeur d’un quart de point. A cette époque les risques de conflit en Irak pesaient sur le climat économique. Cette baisse du taux d’intérêt avait pour but de « doper » l’activité économique. La BCE a cherché à jouer sur la psychologie des agents économiques, en particulier à améliorer leurs anticipations dont on connaît l’importance sur le climat économique et donc sur la croissance. De la même façon, face à la crise financière de l’automne 2008 les banques centrales ont baissé fortement leur taux d’intérêt dans le but de limiter le recul de la croissance. Le taux d’intérêt est la rémunération du préteur. On raisonne en général en taux réel c'est-à-dire déflaté. C’est la banque centrale qui fixe les taux directeurs auquel elle refinance les banques qui elles même accordent des crédits aux agents économiques. D’autre part les taux d’intérêt à long terme sont fixés par les prêteurs en fonction du risque que présente l’emprunteur. On peut se demander quelle est la relation entre le niveau des taux d’intérêt et la croissance économique ? En théorie une baisse des taux d’intérêt doit favoriser la croissance économique mais on peut se demander si cette baisse est suffisante. Dans une première partie on verra comment un faible niveau des taux d’intérêt est une condition de la croissance économique puis dans une seconde partie on en quoi ce n’est pas une condition suffisante.

I. Effets positifs des faibles taux d’intérêt sur la croissance économique

Un faible niveau des taux d’intérêt permet, en principe, de stimuler l’investissement et la consommation des ménages.

Une hausse des taux d’intérêt diminue l’investissement avec en général des effets accentués à moyen terme. Faiblesse de l’investissement dans les années 90 car taux d’intérêt élevés (politique monétaire restrictive pour la convergence à l’euro). Décision d’investir plus rentable (taux de rentabilité) et profitable lorsque les taux d’intérêt réels sont faibles malgré une rentabilité également faible des investissements (années 70) et nécessité de rentabilité forte des investissements en cas de taux d’intérêt élevés (années 90) qui réduit le volume des investissements en éliminant les investissements pas assez profitables. Effet multiplicateur de l’investissement sur la croissance. Rôle des investissements publics permettant de réduire la dette ou permettant une politique budgétaire expansionniste. Financement de l’investissement défavorable dans les années 90 dans un contexte de récession avec des effets marqués pour les PME qui ne peuvent que réaliser un financement externe par crédit et intermédiation, profitable dans le cas inverse avec (effet de levier).

Pour savoir s’il va investir, l’entrepreneur compare d’abord le coût de l’investissement à la somme des profits qu’il en attend (taux de rendement). Puis il calcule le taux de rentabilité économique des capitaux de l’entreprise. S’il doit avoir recours à un financement externe, il le compare au taux d’intérêt réel (taux d’intérêt nominal déflaté), c'est-à-dire au coût réel des capitaux empruntés (emprunt bancaire ou obligataire). Il n’investit que si la profitabilité est positive. Le niveau du taux d’intérêt réel joue donc un rôle essentiel pour les PME qui n’ont pas accès au marché financier. De plus, lorsque les taux d’intérêt réels sont faibles, l’emprunt peut augmenter la rentabilité financière, c'est-à-dire la rentabilité des capitaux propres (épargne de l’entreprise et apports des actionnaires) : c’est l’effet de levier. Réciproquement, lorsque les taux d’intérêt réels augmentent, la rentabilité financière diminue : c’est l’effet de massue. Le taux d’intérêt réel est aussi la rémunération de l’épargne de l’entreprise si elle était placée au lieu d’être investie. Lorsqu’elles peuvent s’autofinancer, des taux d’intérêt faibles incitent donc également les entreprises à choisir l’investissement.

La relation entre taux d’intérêt et investissement passe tout d’abord par la notion de profitabilité. La profitabilité est la différence entre la rentabilité et le taux d’intérêt. La rentabilité d’un investissement est le rapport entre le profit généré par l’investissement et le montant de celui-ci. On distingue la rentabilité économique (EBE/K) et la rentabilité financière (EBE-Frais financier/Capitaux propres). Lorsqu’une entreprise dispose d’une épargne elle a le choix entre consacrer celle-ci au financement de ses investissements et réaliser des placements financiers. Dans ce cas le taux d’intérêt va déterminer la rémunération de ce placement. Lorsque les entreprises ne disposent pas d’une épargne et doivent financer leurs investissements par des emprunts, le taux d’intérêt constitue alors le cout de cet emprunt. Dans les 2 cas les entreprises comparent la rentabilité attendue de l’investissement et le taux d’intérêt. La différence entre les 2 est la profitabilité. Plus celle-ci est élevée, plus les entreprises sont incitées à investir. A rentabilité égale une baisse des taux améliore la profitabilité et donc l’investissement. La baisse des taux d’intérêt incite également les entreprises à s’endetter en faisant jouer l’effet de levier. Celui-ci se définit par le fait que l’augmentation de l’endettement permet d’augmenter la rentabilité financière des investissements. Celui-ci est favorable à la croissance à court terme, car il est une composante de la demande de biens et service et à long terme car il permet d’accroitre le stock de capital fixe. La profitabilité était élevée dans les années 70. Elle a diminué à cause d’une augmentation des taux d’intérêt et d’une baisse de la rentabilité jusqu’au milieu des années 80. A partir de cette date elle remonte, dans un premier temps grâce à une augmentation de la rentabilité puis dans un second temps, grâce à une baisse des taux. Dans toutes les économies européennes les effets d’une augmentation d’un point des taux d’intérêt sur l’investissement entraine une baisse de l’investissement des entreprises.

Une hausse des taux d’intérêt diminue la consommation avec en général des effets accentués à moyen terme et encourage donc l’épargne. Inversement une baisse du taux d’intérêt facilite l’accès au crédit à la consommation et décourage l’épargne. Effet accélérateur de la demande sur l’investissement.

Non

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